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Body Karaté, pourquoi ça cartonne

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Quatre professeurs font part de leur expérience de terrain

L’événement majeur de la discipline, la coupe de France, avait lieu le week-end passé à Levallois-Perret. Mais le succès du body karaté va bien au-delà : mis en place dans les années 2000, il compte huit mille licenciés à travers l’Hexagone. Pourquoi ce succès ? Comment s’est-il structuré ? Qu’y trouvent les pratiquants ? Réponses auprès de quatre professeurs devenus des passionnés et ses meilleurs ambassadeurs.

Son baptême du feu a eu lieu il y a dix ans tout pile à Caumont-sur-Aure. Gwendoline Françoise, toute jeune professeure de dix-sept ans, dispense alors son premier cours de body karaté dans cette commune rurale normande de mille cinq cents âmes. « Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais hyper stressée ! Je venais d’ouvrir le club, j’étais très jeune et je me retrouve avec six élèves. Des femmes qui avaient toutes dix ans de plus que moi. Quand j’y repense, ça ne devait pas être si mal que ça puisqu’elles sont restées toute la saison. Et l’année suivante, j’avais soixante personnes d’inscrites », se souvient avec émotion celle qui est devenue l’une des professeures en vogue de la discipline qui a commencé à se faire connaître notamment grâce aux démonstrations de Vlada Leonidova ou Luc Ba, pionniers de l’activité.

 

 

 

 

 

 

Une ouverture vers un public large
Le body ? « Des mouvements de karaté chorégraphiés au rythme d’une musique ». Mais au-delà ? « Pour bien comprendre ce qu’est devenue l’activité, je dirais qu’il existe trois types de body karaté, pose Thierry Laurol, 46 ans, professeur au club d’Ozouer-le-Voulgis et la Ferté-sous-Jouarre. Le body karaté combat, le body karaté fitness et le body karaté kata. Dans mon club, qui compte actuellement quatre-vingts licenciés, mon credo est de dire que le body karaté s’inscrit dans un « imaginaire de combat » car je pense que cela donne du sens à la pratique pour mes élèves. » Membre de la commission nationale, ce dernier explique avoir immédiatement perçu l’intérêt de la discipline et sa proposition d’ouverture lors d’une démonstration en 2009, « à la jonction de toutes mes passions : le karaté, bien sûr, que je pratique depuis l’âge de quatorze ans (il est actuellement 4e dan, NDLR), la danse hip-hop et la musique puisque je suis DJ. » Le son, un aspect fondamental dans l’attrait de la discipline : « La relation musique-mouvement est au cœur du body karaté. Si la « choré » est choisie de manière pertinente, cela donne quelque chose de très visuel. Clairement, c’est attractif pour toucher le cœur de cible de l’activité, à savoir les femmes de 30 à 40 ans qui représentent 70 à 80% des licenciés », analyse Gwendoline Françoise.

 

Reprendre confiance
« Le seul adversaire au body karaté, ce sont nos propres limites et le rythme de la musique. Mais la musique a l’immense avantage de rendre tout beaucoup plus ludique, de désacraliser aussi l’art martial pour un public souvent non-sportif à la base », complète Hakima Arafé, professeur au Karaté Club Mourenxois, qui l’enseigne depuis quinze ans déjà. Si cette dernière reconnaît volontiers avoir ouvert son premier cours « pour attirer plus de licenciés et donc permettre d’équilibrer le budget de l’association », l’attrait personnel et l’enthousiasme de partager une discipline qui répond aussi aux attentes de l’époque frappent chez les professeurs interviewés. Dans le contexte d’une pratique sportive santé et bien-être, le karaté a de fortes cartes dans son jeu, une image de sérieux aussi, tout se combinant pour répondre à des besoins clairement mis en avant par les nouveaux pratiquants : se dépenser, mincir, améliorer sa coordination ou ses capacités cardiaques, vasculaires et respiratoires. « Je me souviens d’une de mes élèves, arrivée à son premier cours avec un pantalon de sport large pour cacher un corps qu’elle trouvait disgracieux, se remémore Gwendoline Françoise. Timide, mal dans ses pompes… À la fin de la saison, elle venait aux séances en legging, avec un corps affiné et gainé, le sourire aux lèvres et une confiance en elle nouvelle. » Thierry Laurol, de son côté, vante le parcours d’une élève de quarante-cinq ans atteinte de douleurs chroniques aux muscles et aux os. « Lorsqu’elle est arrivée avec l’autorisation de son médecin, je dois avouer que j’étais un peu inquiet. Maintenant, elle fait de la compétition en poussant très fort la machine ! Un jour, elle m’a dit que, pour elle, venir au body karaté lui permettait d’être normale. La formule m’a marqué. »

 

 

 

 

 

 

La force de l’entité club
Le cadre associatif, le savoir-être des professeurs et le savoir-faire des clubs sont autant d’ancrages qui comptent. « Contrairement aux salles de sport privées où les profs de body combat viennent faire leur cours et s’en vont souvent rapidement pour enchaîner sur la séance suivante, le club de karaté, c’est d’abord un lieu associatif où créer du lien reste important. La dimension humaine et sociale est très présente, avec des événements réguliers qui fédèrent, comme des anniversaires, des stages, des déplacements en groupe sur les compétitions, etc. Et puis, vu la conjoncture, les tarifs sont raisonnables et rendent la discipline accessible à tous », résume Gwendoline Françoise.
Quid des passerelles, idéalement, vers d’autres disciplines fédérales ? Cela ne concerne certes pas la grande majorité des licenciés body karaté mais Saïd Barka, président du club Saint-Marcel Karaté (Eure) et Thierry Laurol notent toutefois que des ponts existent. La raison ? Optimiser sa préparation aux compétitions. Ainsi, les karatékas viennent travailler leur condition physique au body, alors que les body karatékas vont au karaté chercher une meilleure maîtrise par un approfondissement du geste juste.

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