Euro : Performer et former en Serbie
Haut Niveau

Euro : Performer et former en Serbie

18 avril 2018 - Competitons / Haut Niveau / Karaté

La Direction Technique Nationale a sélectionné 31 compétiteurs (29 valides et 2 en situation de handicap) pour les prochains championnats d’Europe Seniors de karaté qui auront lieu à Novi Sad (Serbie), du jeudi 10 au dimanche 13 mai 2018. Plus gros contingent d’athlètes depuis plusieurs années, la DTN a fait le choix de ne pas engager les karatékas sur deux tableaux, en individuel et en équipe, en kata comme en combat.

Denis Boulanger - FFK
Denis Boulanger – FFK

« L’idée principale de cette sélection pour les championnats d’Europe c’est de poursuivre notre préparation dans l’optique de la qualification olympique, tout en formant la nouvelle génération qui est notre vivier national. Aux JO à Tokyo, les épreuves seront uniquement individuelles, nous priorisons donc cet axe avec les leaders qui seront alignés dans chaque catégorie. Attention, cela ne veut pas dire que l’on va négliger les équipes. Ces épreuves collectives, importantes historiquement pour la Fédération, vont nous permettre de préparer les jeunes à ces échéances internationales et nous mettons tout en place pour être compétitifs ». Yann Baillon, le Directeur des équipes de France détaille les choix et les orientations prises par le staff technique national.

Individuels : Les leaders sur le pont

Alexandra Recchia (-50kg), Emily Thouy (-55kg), Lucie Ignace (-61kg), Alizée Agier (-68kg) et Anne-Laure Florentin (+68kg) seront alignées chez les féminines. « Elles étaient titulaires lors du dernier Euro et sont des valeurs sures dans leur catégorie respective. Alexandra fait une finale à Paris et une médaille à Rabat, Emily réalise une prestation solide à Rotterdam même si elle est encore sur courant alternatif, Alizée gagne deux épreuves sur trois (elle n’était pas alignée à Rabat) depuis le début d’année et était finaliste à Kocaeli l’an passé alors qu’Anne-Laure Florentin, double tenante du titre, fait une finale à Dubaï. En -61kg, Gwendoline Philippe réalise un magnifique début de saison, mais à l’image des championnats d’Europe espoirs à Sotchi où elle passe un peu à côté, nous devons la préserver afin qu’elle puisse exprimer tout son potentiel sur le long terme.  Il y a une forte concurrence dans cette catégorie et en en discutant avec elle, elle était sur la même longueur d’onde. Elle sera alignée en équipe pour prendre de l’expérience. Nous faisons donc confiance à Lucie Ignace en -61kg car elle reste sur trois finales consécutives sur le plan continental (2017, 2016 et 2015), dont deux gagnées, et sur une place de vice-championne du Monde à Linz. Ce n’est pas rien ! Lucie a l’expérience de ces grands rendez-vous internationaux et nous avons entièrement confiance en elle. »

Dans les catégories masculines, Johan Lopes sera titulaire en -60kg. « Il a réalisé un bon début de saison avec une victoire à la Coupe de France et une médaille de bronze à Paris. Il s’est aligné sur beaucoup d’épreuves de « Premier League » et a réalisé de bons parcours même s’il n’a pas toujours été récompensé. Il a apporté plus de volume à son karaté ces derniers mois et il dispose d’un éventail plus complet dorénavant pour prétendre à faire des résultats à l’international. »  Steven Da Costa, vainqueur à Paris, sera aligné en -67kg et tentera de laver l’affront d’une élimination prématurée l’an passé. « Son frère ainé, Logan Da Costa (-75kg), monte en puissance depuis Dubaï et a été au top à Rotterdam. Kenji Grillon (-84kg), troisième à Paris, n’a pas fait de performance significative encore mais ça va arriver. Il est 4ème au ranking depuis le début d’année. » Chez les lourds, et malgré sa jeunesse, la chance sera donnée à Mehdi Filali qui reste sur une victoire à Rabat, des finales à Paris et à l’Euro espoirs mais aussi une troisième place à Rotterdam. « Le cas de Mehdi ressemble à celui de Gwendoline. Cependant, en +84kg, la catégorie en France est moins fournie qu’en -61kg. Mehdi est sur une bonne lancée et il n’a pas peur d’aller chercher les plus expérimentés. A l’image de Gwendoline, il faudra par contre le préserver pour la suite de la saison, pour ne pas le griller. ».

« En kata, Enzo Montarello et Alexandra Feracci sont sur le même profil, la même dynamique. Ils passent de plus en plus de tours lors des Open. Ils se font remarquer par les arbitres et prennent des drapeaux à des techniciens plus confirmés. Dans ces épreuves de jugement, il faut du temps pour s’installer, pour marquer son territoire. Tous les deux réalisent un bon début d’année en adhérant au projet mis en place par le staff technique national. Les athlètes qui sont derrière Enzo, doivent prendre de l’expérience et l’objectif est de les faire sortir davantage sur le plan international via les Série A. » détaille le directeur des équipes de France.

Equipes : Les jeunes en formation

« Nous avons souhaité dissocier individuel et équipe dès le championnat d’Europe pour permettre aux différents collectifs de se créer en vue des prochains mondiaux à Madrid. »

En combat féminin, l’équipe sera donc composée de Léa Avazeri, Sophia Bouderbane, Nancy Garcia et Gwendoline Philippe. « C’est une équipe jeune mais avec un vrai potentiel. Léa, Nancy et Gwendoline sont membres à part entière du Pôle France – Karate 2020, et réalisent un bon début d’année 2018. Sophia Bouderbane, même si elle n’a pas remporté de médaille sur le plan international cette année, passe des tours et doit reprendre confiance après sa longue blessure. L’idée est de rester dans la continuité de ce que nous faisions auparavant avec cette équipe féminine, en ayant trois options tactiques différentes à chaque tour avec des profils de combattantes complémentaires. » explique Yann Baillon, qui coachera à nouveau cette équipe féminine.

« Jessie Da Costa, Marvin Garin et Corentin Seguy, qui étaient des dernières campagnes internationales en équipe, seront les leaders désignés de par leur vécu dans ce type de compétition. Dans la même idée que chez les filles, nous avons fait confiance à Ilyes Klouz, Lou Lebrun et Maxime Relifox pour leur donner de l’expérience. Tous les trois restent sur des prestations solides. Salim Bendiab est à la relance et nous misons sur lui en équipe. Ce sept masculin devra prendre l’expérience de ce genre de grand rendez-vous pour également progresser dans une perspective individuelle. »

En kata, la donne sera identique avec Enzo Montarello qui sort de l’équipe masculine et qui est remplacé numériquement par Franck NGoan. Lucas Jeannot et Ahmed Zemouri, qui ont vécu une finale mondiale en 2016 et qui étaient champions continentaux sur cette même année, formeront l’ossature de cette équipe homme. Pour les féminines, Jessica Hugues, « qui est en pleine progression » dixit Yann Baillon, remplace Sandy Scordo et formera donc un trio avec les sœurs Bui, Lila et Marie. Cette équipe féminine kata reste d’ailleurs sur une finale européenne l’an passé à Kocaeli.

Para-Karaté : Fonteney et Sebbak sélectionnés

Après deux championnats du Monde consécutifs, les épreuves de Para-Karaté seront au programme de ces championnats d’Europe à Novi -Sad. Jordan Fonteney (Handicap mental) et Fatah Sebbak (handicap fauteuil) seront les deux représentants français en Serbie.

« Nous partirons sur ces championnats d’Europe avec deux karatékas qui ont déjà une certaine expérience du haut-niveau puisqu’ils étaient présents à Brême et à Linz lors des deux derniers championnats du Monde. Nous ne connaissons pas les conditions de compétition à Novi Sad et il est important de s’appuyer sur des karatékas qui sont habitués à ces joutes internationales. A Madrid, pour les championnats du Monde, nous serons moins dans l’inconnu et nous serons en mesure d’envoyer un contingent de karatékas plus conséquent. » explique Dominiqué Charré, le Directeur Technique National.