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Coupe de France de karaté mix : envies d’encore – 2/2

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Diversité et complétude… Deux mots qui résument assez justement la mise en valeur des disciplines du karaté français par la coupe de France de karaté mix et de karaté mix light. Bilan d’une édition 2022 qui a fait vibrer comme rarement et donné, déjà, une idée du spectacle que cette saison devrait offrir.

Mieux valait se mouiller la nuque ce week-end car, en poussant les poignées glacées des portes de l’Institut du Judo samedi matin, rien ne laissait présager un tel choc thermique. À l’offensive hivernale, le public présent Porte de Châtillon avait visiblement préféré la fièvre. « Cette ferveur est ce qui fait le sel de la coupe de France, pose Nicolas Jégo, professeur au Team Morbihan Karaté. Chacun se donne à fond, sur le tapis comme en dehors. Les coaches n’hésitent pas à s’entraider, et nous voyons du fair-play entre les combattants, derrière lesquels le public pousse fort. La cage y contribue aussi, en galvanisant les combattants comme leurs supporters, alors on espère n’avoir que des cages dans le futur. » Un sentiment partagé, si l’on en croit le responsable national du karaté mix. « Les cages devraient se multiplier au cours des prochains événements nationaux, et être au nombre de quatre lors des prochains championnats de France, en février. Cela aura le double avantage d’harmoniser la surface de combat, et de permettre de tourner sur quatre surfaces simultanément, au lieu de trois jusqu’alors, car nous avons pu remarquer que, si les deux-cent-soixante compétiteurs en karaté mix light ont constitué une belle surprise, la journée de samedi a été très longue, identifie Mohamed Messadaoui. En light, le niveau technique a été moyen, hormis quelques exceptions, car si le travail debout est bon et traduit notre base commune du karaté, les projections et le travail au sol aboutissent trop rarement sur une domination et sont alors logiquement interrompus par les arbitres. »

© Aurélien Brandenburger

Forger des combattants de demain

Malgré un niveau au sol encore perfectible, le karaté mix light offrait samedi une hétérogénéité rare de combattants, tant en profils qu’en âges, s’étendant des minimes aux vétérans. Et ce ne sont pas forcément ceux auxquels les observateurs s’attendaient qui ont montré la meilleure maîtrise technique. « Paradoxalement, j’ai trouvé les jeunes beaucoup plus appliqués que les seniors et les vétérans, parfois trop brouillons dans leurs enchaînements, souligne Olivier Laval, professeur de trois élèves titrés en light samedi. Il y a une réelle culture du combat complet chez eux, qui les rend plus créatifs et plus appliqués en percussions debout et dans leurs liaisons au sol. C’est aussi là que l’on mesure l’intérêt pédagogique du “light”, il rassure et permet de se lancer à tout âge, en se concentrant sur la technique plutôt que le K.O, même si certains ont encore des difficultés à mesurer leur engagement… Le casque à bulle serait une bonne initiative selon moi. » Dans une discipline en perpétuel mouvement, son instauration, comme celle de gants aux protections supérieures, pourrait constituer une piste de réflexion. Jérôme Charles, expert fédéral nouvellement nommé en karaté mix, entrevoit déjà le contenu des prochains stages dont il assurera l’animation, et considère la discipline comme une occasion de permettre à chacun de s’exprimer. Professeur à l’International Karaté de Bagnolet, Farès Guedjdal abonde : « nous l’avons encore vu ce week-end, tous les jeunes veulent combiner les arts martiaux, mais sans prendre trop de coups. Le light satisfait parfaitement ce besoin d’être un champion, sans en ressentir les séquelles physiques, au moins dans un premier temps, un point essentiel pour nos jeunes, combattants d’aujourd’hui et de demain. »

© Aurélien Brandenburger

Carton plein pour le karaté mix

Après les élèves, place aux maîtres. Loin de dévaloriser les combattants de la veille, c’est pourtant l’impression laissée par les aînés, dimanche en karaté mix plein contact, tant leur niveau a parfois relevé de l’excellence. En point d’orgue, peut-être, la finale des seniors -71kg opposant Allan Landouzy (KC Escautpont) à Quentin Herrmann (SMOC Qwan Ki Do Saint-Jean-de-Braye). Une opposition de styles entre un spécialiste des arrachés pour amener au sol, à l’origine lutteur, mais au travail de percussions particulièrement poussé, et un combattant très puissant aux préférences pour la soumission, lui aussi particulièrement habile en projections. C’est finalement le premier, qui remporte, à dix-huit ans, sa première coupe de France, au terme d’un duel âpre. « Comme tous mes adversaires du jour, j’avais beaucoup observé et analysé Quentin Herrmann, et tactiquement je voulais alterner les phases au sol et debout pour le mettre en difficulté grâce à mes qualités d’amenée au sol, détaille le combattant de dix-huit ans. Pour autant, je ne compte pas en rester là, et cela passe notamment par des progrès en pieds-poings. » En observateur attentif, Mohamed Messadaoui appréciait. « Cette finale contenait exactement ce que nous voulons proposer en karaté mix. Allan est un lutteur qui ne travaille pas que sur ses points forts, et s’entraîne dans un second club pour devenir le plus complet possible sur son travail debout, en liaison, et au sol, identifie le responsable de la discipline. On peut aussi citer des profils comme ceux de Mohamed Abbas (SMOC Qwan Ki Do Saint-Jean-de-Braye) chez les -66kg, ou de Franck Martin (Saisho Dojo Nice) vainqueur en -85kg, deux excellents combattants au sol, néanmoins très complets dans tous les pans du combat. Vraiment, j’ai été agréablement surpris, voire étonné, par le niveau technique du jour, et ce dans tous les aspects du combat. Nous avons eu une démonstration du combat global, exploité dans toutes ses dimensions par les athlètes. Il est temps de constater que le karaté mix est devenu une discipline martiale à part entière, sérieuse, et à prendre en compte. Une catégorie élite était évoquée dans un futur relativement lointain, mais au vu du niveau actuel, il est probable qu’elle voit le jour plus tôt que prévu ! »

© Aurélien Brandenburger

Une révolution en percussions

Difficile, si ce n’est impossible, de ne pas le voir. Petite ligne inscrite au règlement cette saison, l’introduction des percussions au sol modifie en profondeur le combat en plein contact. « D’après moi, nous sommes presque entrés dans une nouvelle discipline. Le karaté mix d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui et sans doute encore moins celui de demain, et c’est positif, avance même le professeur plumélois Nicolas Jégo. Les combattants sont de plus en plus libres, et les percussions au sol amènent à un travail différent, tactiquement comme techniquement. Plus largement, la discipline et son règlement sont jeunes, mais tout le monde pousse dans le même sens pour la faire avancer, et nos remarques sont prises en compte. » Pratiquant de kempo et de kyokushinkai, mais aussi ceinture noire de jujitsu brésilien, l’expert fédéral Jérôme Charles identifie ces progrès. « Il y aura toujours un contraste entre ceux qui pratiquent du sol et les autres, mais il s’atténue à mesure que le niveau augmente. Dans toutes les catégories, j’ai vu des athlètes réellement acteurs au sol, travaillant, changeant de position, contrôlant, sans bloquer le combat puisque les percussions dynamisent cette phase en ouvrant un nouveau champ technique. Cela répond exactement à ce que nous souhaitions. » De quoi devenir l’une des essences du karaté mix ? Peut-être… L’un des carburants de son spectacle, certainement.

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