Une CDF au-delà de toutes attentes !
Karaté Mix

Une CDF au-delà de toutes attentes !

4 juillet 2017 - Autres D.A.

Evénement sportif qui clôturait la saison, la coupe de France de Karaté Mix se tenait le samedi 24 juin dernier au gymnase Elisabeth. Cette toute première compétition de la discipline se déroulait dans un climat de « test » avant dépôt d’une demande officielle de délégation auprès du Ministère des Sports. Franc succès, sur les tatamis comme en gradins, les avis étaient unanimes. Bilan.

© Denis Boulanger / FFKDA
© Denis Boulanger / FFKDA

Quarante-cinq. C’est le nombre de participants à ce premier événement du Karaté Mix. « Un taux de participation qui peut sembler faible au regard des autres compétitions fédérales, mais qui est très satisfaisant d’un point de vue général pour cette toute nouvelle discipline. » expose Loïc Marty, expert fédéral. A noter que « chaque combat se déroule en deux rounds, ce qui implique deux fois plus de temps ! » ajoute Nicolas Boulassy, cadre fédéral. Parmi ces 45 combattants, issus des quatre coins du territoire, on comptait 6 engagés chez les cadets, 7 chez les juniors, 2 chez les vétérans et 30 chez les seniors. Seul bémol, « la participation féminine. Elles n’étaient que deux à se présenter samedi matin ».

En termes de niveau technique et d’engagement, Nicolas Boulassy, confie que l’ensemble était « excellent ! Nous partions dans l’inconnu, du fait que ce soit une première fois, mais ça s’est révélé être une bonne surprise. » Et d’ajouter, « Il n’y avait aucune animosité entre les compétiteurs. On a pu observer de belles adversités, mais toujours dénuées d’agressivité. » Un avis partagé par L. Marty qui complète « les compétiteurs ont clairement donné le meilleur d’eux-mêmes. Il y avait un engagement total, certainement parce que pour nombre d’entre eux il s’agissait de la dernière compétition de la saison. Les compétiteurs ont répondu présents. On a senti qu’au-delà de leur envie de remporter l’épreuve, ils voulaient démontrer leur volonté de voir exister et perdurer le Karaté Mix. »

Si le public était timide lors des phases éliminatoires, « les gradins se sont énormément remplis pour les phases finales, explique Marty, le public a fait raisonner le gymnase Elisabeth avec ses nombreux applaudissements et encouragements ! On note également un extraordinaire engouement pour le combat féminin, qui a été porté et soutenu par l’ensemble de la foule » se réjouit-il.

© Denis Boulanger / FFKDA
© Denis Boulanger / FFKDA

A l’issue de la compétition, les premiers mots de Loïc Marty sont révélateurs : « je suis très satisfait de cette première et surtout, je suis convaincu du potentiel du Karaté Mix ! » Mais alors, comment expliquer un tel succès ? « Le karaté mix est une nouvelle discipline proposée par la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées. Notre souhait était que dès la première manifestation, les habitués de la fédération retrouvent l’esprit et la forme qu’ils connaissent de la compétition tout en assurant un accompagnement pour les nouveaux arrivants. Je souhaitais que le karaté mix ressemble dès sa première manifestation à un évènement qui a toujours existé avec la mise en place de prestations que l’on ne retrouve généralement que sur des formats de compétitions professionnelles. Je pense notamment à la séparation des zones d’échauffement et aires de combat, mais aussi à la mise en place d’un sas de préparation avant d’entrer en piste, ou encore l’entrée en musique des compétiteurs etc… ». Un pari réussi puisque « l’adhésion des compétiteurs et des spectateurs vis-à-vis de la formule présentée était totale » ajoute N. Boulassy.

Côté résultats, là aussi bilan positif dans la mesure où « les podiums étaient équilibrés au niveau de la représentation des ligues régionales. » A noter que le podium général est composé, dans cet ordre, par la ligue régionale des Hauts de France (6 or, 1 argent, 1 bronze), la ligue régionale Ile de France (3 or, 4 argent, 3 bronze) et la ligue régionale de Bourgogne-Franche-Comté (2 or, 3 argent, 2 bronze).

Sofiane Aissaoui, champion du Monde amateurs de MMA, « super content » de l’arrivée du Karaté Mix !

Il fêtera prochainement ses 26 ans, et malgré son jeune âge, Sofiane Aissaoui a déjà un palmarès sportif à en faire rougir plus d’un. Outre sa belle médaille d’or en -80kg à la coupe de France de Karaté Mix du week-end dernier, il est passé professionnel en MMA il y a quelques mois, et a également remporté le prestigieux titre de champion du Monde de WFC (World Fighters Confederation). Une saison sportive riche en résultats, mais qui a également été l’occasion pour le combattant d’ouvrir son propre club. Que pense-t-il de l’arrivée du Karaté Mix ? Qu’imagine-t-il pour l’avenir de la discipline ? Entretien.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’arrivée du Karaté Mix au sein de la FFKDA ?
Eh bien, lorsque le MMA n’était pas encore interdit, j’ai eu l’occasion de travailler avec une chercheuse de l’INSEP afin de le faire entrer au niveau scolaire. A cette époque, nous savions qu’une formule adaptée allait arriver en France, même si nous ne savions pas encore quelle fédération nationale en serait à l’origine. Pour être honnête, la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées étant une grande fédération, nous nous doutions que ce serait elle. Ce n’était donc pas vraiment une surprise.

Quoi qu’il en soit, je suis super content, c’est génial !

© Denis Boulanger / FFKDA
© Denis Boulanger / FFKDA

Qu’avez-vous pensé de cette première coupe de France ?
La fédération a fait un super boulot en termes d’organisation ! Je pense notamment à la mise en place d’une aire sécurisée par le biais de boudins gonflables tout autour des tatamis, la belle organisation et l’accompagnement des compétiteurs qui était parfait.

La réglementation elle aussi est top ! On se rapproche au maximum du combat libre, avec notamment le port de rashguards, le fait qu’il n’y a ait pas d’arrêt/coupure des combats… Ce dont on attendait beaucoup, c’était l’arbitrage justement. Il faut savoir que sur des événements professionnels les combats sont très peu arrêtés, les arbitres n’y mettent un terme qu’en cas de très grand danger, ce qui est profitable aux compétiteurs. Or, le corps arbitral de cette coupe de France s’est calqué sur ce format. Les arbitres nous parlaient pendant le combat si besoin, mais ne l’interrompaient pas à tout bout de champ. Chose qu’aujourd’hui, les autres fédérations nationales qui proposent une formule similaire ne parviennent pas à appliquer. La FFKDA propose un arbitrage éducatif et non répressif, pour notre plus grand bonheur !

J’ai combattu dans beaucoup de fédérations, et je peux dire qu’aucune n’est parvenue à faire ce que la FFKDA a réalisé pour sa première fois ! C’était vraiment digne d’une manifestation professionnelle !

Comment s’est déroulée votre compétition et comment vous y êtes-vous préparé ?
Etant professionnel depuis 7 mois, j’ai mes habitudes concernant ma préparation. Je me suis donc entraîné comme d’habitude : la préparation physique tous les jours avec mon coach Aziz, et les aspects techniques deux fois par semaine avec Ludovic. Je pars du principe que je m’entraîne pour être opérationnel à chaque instant.

Sinon, au sujet de ma compétition, c’était un peu compliqué, car j’étais coach et compétiteur ! Ayant été appelé sitôt la fin du combat de l’un de mes élèves, je n’ai pas vraiment eu le temps de m’échauffer. J’ai pris mes gants et mes protections, et c’était parti ! (rires)

De plus, j’ai dû adopter une stratégie particulière, car j’étais blessé à la mâchoire, donc il fallait que je prenne le moins de coups possible au visage. J’ai donc décidé de boxer simplement, pour amener mon adversaire au sol et finir par une soumission. Cela me permettait de me protéger la mâchoire et finir rapidement ! J’ai réalisé 3 tours avant ma finale, tous basés sur cette stratégie et remportés avant la fin de la première reprise.

Pour ma finale j’ai boxé simplement là aussi, mais le combat a duré plus longtemps. En face mon adversaire était puissant, il m’a mis deux ou trois coups dans les jambes, avant que je ne réussisse à l’amener au sol afin de partir là aussi sur une soumission. Comme il m’a maintenu j’avais du mal à bouger, mais j’ai fini par réussir à prendre le dessus, monter sur lui et conclure sur une clé de bras.

J’ai essayé de proposer un panel de techniques variées, aussi bien au corps à corps qu’au sol. D’une part pour satisfaire le public, mais aussi pour montrer que nous ne nous tapons pas seulement sur la gueule (sic), mais qu’on met en place des stratégies, qu’il y a une vraie qualité technique derrière chaque attaque.

Qu’imaginez-vous pour l’avenir du Karaté Mix ?
Je suis vraiment content de la formule proposée par la FFKDA. Si je devais mentionner une problématique, il n’y en aurait qu’une, le fait que le karaté n’est pas assez complet en termes de techniques au sol et de soumission. Il faudra donc travailler dessus pour la discipline du karaté mix, mais je ne m’inquiète pas, la direction prise semble être la bonne !

A mon échelle je souhaiterais que l’ensemble de mes élèves participent à cette compétition la saison prochaine. Je me suis d’ailleurs déjà rapproché de la fédération pour connaître les modalités afin d’affilier mon association. Si tout se passe bien, je devrais pouvoir proposer le Karaté Mix dès septembre 2017.

Par la suite, j’aimerais développer la discipline dans ma région, Champagne-Ardenne, peut-être en tant que conseiller ou autre…

 

Obtention d’une délégation, kézaco ?

Pour organiser la coupe de France de Karaté Mix, la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées a préalablement déposé un dossier, incluant règlement et autres mesures encadrant la pratique de la discipline, auprès de la Direction Départementale de Paris. Cette dernière, par le biais du préfet, a donné son accord pour l’organisation de ladite manifestation.

Suite à cela, et face à la réussite de la coupe de France, la FFKDA va déposer un second dossier, reprenant les bases du premier, auprès du Ministère des Sports afin d’obtenir la délégation officielle du Karaté Mix. Ce second dossier, sera pensé plus en profondeur, et sera plus détaillé, suite aux retombées et retours de cette première compétition.

L’obtention d’une délégation permet, entre-autres exemples, d’organiser des championnats de France, des stages d’arbitrage, des stages techniques, des passages de grades etc… Par ailleurs, par le biais du dossier déposé, la formule imaginée et appliquée ne peut être reprise par une quelconque autre fédération nationale. La formule devient la propriété de la fédération nationale ayant la délégation officielle.

Une délégation permettrait enfin de confier l’organisation de compétitions ou autres manifestations locales, aux Ligues Régionales et/ou Comités Départementaux. Ces organisations se feraient au bénéfice de leurs pratiquants.

Au sein de la FFKDA, le dossier à destination du Ministère des Sports devrait être déposé courant l’été.