Une saison avec… Au cœur du quotidien des clubs Episode 5

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Cinquième et dernier épisode de votre feuilleton avec les quatre structures que vous suivez depuis la rentrée. Le temps de cette saison 2018-2019, nous nous sommes efforcés de prendre le pouls du karaté français, à travers le regard de quatre clubs répartis sur l’ensemble de l’Hexagone. Quatre quotidiens, autant d’enjeux et d’attentes qui convergent vers une seule et même espérance : transmettre la discipline.

AKDA Chevigny-Saint-Sauveur (Côte d’Or) : Engagement et responsabilité

Fort de plusieurs nouvelles médailles nationales et internationales cette saison encore, l’AKDC a fait honneur à son rang de club élite. Mieux : plusieurs de ses élèves inscrits au PEPS (Pôle d’excellence de pratique sportive) de l’Université de Bourgogne se sont illustrés lors des championnats de France universitaires de Vitrolles en mars dernier, avec une mention toute particulière pour le titre national obtenu lors de l’épreuve par équipes. Et si le club constate un tassement du nombre de ses licenciés – « une tendance qui dépasse notre seule structure puisqu’elle concerne beaucoup d’autres clubs à l’échelle nationale », dixit Alain Morlot, le président de l’AKDC, les perspectives sont là. Au plan sportif, la saison « satisfaisante pour un club de province, soumis aux coûts occasionnés par le moindre déplacement à Paris ou les allers-retours en voiture jusqu’en Croatie par exemple », comme le précise Franck Picard, le directeur technique, conduisent le technicien à une remise en question positive. Karaté olympique en 2020 à défaut de 2024, demande croissante autour du combat libre… « Il ne faut jamais perdre de vue le fait que le sportif n’est qu’un exercice parmi un apprentissage plus vaste qui s’appelle le karaté. Cette saison par exemple, notre statut de club élite nous a donné un certain nombre de missions à remplir, depuis l’échelon départemental jusqu’au national voire au-delà. L’attrait des nouvelles générations pour des disciplines plus « immédiates » doit nous interroger sans œillères sur la place que nous souhaitons accorder à notre art martial dans tout ça. Il est de notre responsabilité de décider intelligemment autour de tout ça. Et c’est précisément ce qui rend notre discipline et notre engagement si passionnants. »

COS Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) : L’été du changement

Même après un demi-siècle d’existence, qui a dit que la vie d’un club était un long fleuve tranquille et ses fins de saison un début d’été en pente douce ? Certainement pas les membres du bureau du COS, réunis le 1er juillet pour clôturer l’exercice qui s’achève et préparer celui qui point déjà à l’horizon. À l’ordre du jour, les départs annoncés des deux cadres historiques Jean-François Tiercy et David Zucker, l’un pour raisons familiales et personnelles, l’autre en raison d’une mutation professionnelle dans le sud de la France. Au vide que laisse déjà l’ombre portée de ces deux formateurs reconnus et appréciés des cent trente et un licenciés, s’ajoute celui acté ou à venir de quatre compétiteurs, et non des moindres : Fanny Zucker, qui suit son père et se licenciera a priori à Aix-en-Provence ; Margaux Duval, en partance pour le Samouraï 2000 Le Mans ; Quentin Dartois, qu’une scolarité à Épinal oblige à réduire la voilure en termes d’allers et retours ; et enfin Ugo Heïm, parti à Bobigny. Bien qu’étant davantage le fruit de trajectoires individuelles que d’une réelle coordination, cette migration estivale a une conséquence immédiate pour la saison 2019-2020 : la mise en sommeil de la section haut niveau combat. Pas une première dans l’histoire du club, mais presque. « De mémoire, c’était arrivé pendant les deux années où j’étais parti aux États-Unis » resitue Pierre Bichard-Bréaud, 8e dan, cinquante-six années de pratique au compteur. Les disciplines orientales enseignant l’art de ne pas donner prise aux vents contraires et celui de savoir changer les difficultés en opportunités, ce carrefour de la vie du club est aussi l’occasion d’amorcer un nouveau cycle. Renforcer l’équipe kata, ouvrir une section karaté contact et une autre dédiée au krav maga, poursuivre le rapprochement avec les voisins de Longwy dans l’optique des compétitions par équipes, installer 100 m2 supplémentaires de tapis en complément des 110 m2 existants… Le 4 juillet, autour du traditionnel barbecue du club, c’était bien plus qu’une saison qui s’en allait que les convives fêtaient. De beaux challenges arrivent, alors l’heure était déjà à prendre des forces pour les affronter.

Houdan Karaté Do (Yvelines) : On ne lâche rien

À l’heure de troquer le kim pour la clim et le tatami pour les tatanes et les amis, le bilan de la saison est « plus que satisfaisant » pour Romain Lacoste et ses troupes du HKD. Niveau licences, l’objectif de septembre dernier de maintenir le nombre d’adhérents au même niveau que la saison précédente est atteint. Cent soixante-sept licenciés et de belles perspectives d’avenir espérées dans le sillage de quatre des jeunes locomotives du club, Haron Weiss en tête, champion de France et 2e de la coupe de France kata, appelé en équipe de France cadets en individuels et par équipes. À ses côtés au tableau d’honneur 2018-2019 du club yvelinois, Belkhir Mouss, 5e aux France kata juniors, Sajia Mouss, championne de France corpo en kumité et 3e en kata, et Oceane Dandréa, championne de France corpo en kumité… Au gala annuel de fin de saison, démonstrations et remises de ceintures se sont enchaînées avant le couscous maison et la soirée dansante qui vont bien. Le club est fermé tout l’été mais « les jeunes ont reçu des consignes pour s’entretenir durant les vacances », précise Romain, lui-même de retour d’un stage les 6 et 7 juillet dans la chaleur du CREPS d’Aix-en-Provence, organisé par Cédric Pasqual et où il intervenait aux côtés de sa compagne Jessica Hugues, dont la grossesse se poursuit sereinement. La reprise ? Elle prendra la forme d’un… stage, du 30 août au 1er septembre, « histoire de décrasser les organismes et relancer au plus vite les préparations des premières compétitions qui arriveront à grands pas à la rentrée ».

ACS Chuong Qwan Khi Dao La Seyne-sur-Mer (Var) : La fierté d’une relève exemplaire

La fin de saison 2018-2019 de l’institution varoise fut l’occasion d’honorer l’invitation des clubs d’Evenos, du Beausset et d’Ollioules, le temps d’un entraînement sur la plage, d’un pique-nique et surtout d’un partage d’expériences entre les différentes équipes pédagogiques en présence. Ce début d’été caniculaire fut aussi le moment pour un triple bilan : celui des mômes, celui des hommes et celui d’une belle âme. Au niveau des minots – et, parmi ceux-ci, l’énergique fourchette des cinq à douze ans – le club tient à saluer leur nombre, leur assiduité jusqu’aux dernières séances de juillet et leur détermination au moment de passer les grades. « L’obtention d’une nouvelle ceinture permet de poser une analyse sur les acquis et sur les axes futurs de progression, rappelle Serge-Emmanuel Chaudy, leur directeur technique. C’est en effet l’idée de la récompense qui adoucit le labeur. Tous ont eu à gérer le stress d’une évaluation en bonne et due forme par les gradés du club constitués en jurys. L’occasion d’une sincère remise en question, et une victoire personnelle pour chacun. » Du côté des hommes – et des femmes, la saison aura été marquée par deux tendances opposées. La première, sanctionnée par quelques belles réussites au niveau national et l’obtention du grade de ceinture noire de Mustapha, un papa arrivé de région parisienne il y a cinq ans, tend à montrer que le travail de fond et l’exemplarité paient. L’assiduité de ce dernier aux côtés de sa fille de 14 ans aura été source d’inspiration pour l’ensemble des pratiquants…
À l’autre bout du spectre, l’ACS déplore parfois un certain relâchement dans l’engagement de ses licenciés. « Est-ce nous ou est-ce un problème sociétal plus vaste ? s’interroge Serge Chaudy. Je me souviens de l’époque où l’on devait justifier nos absences, pas par obligation, juste par respect pour notre enseignant. C’est drôle de voir qu’à l’ère de la communication, les élèves ne prennent plus la peine d’envoyer un message pour dire simplement Désolé coach, je ne peux pas venir”. » Un rappel aux règles de base face à des enseignants, comme Sydney M’Roivili qui reçoit un hommage appuyé de son aîné : « Il s’est retrouvé souvent seul cette année à gérer la partie pédagogique et pratique. Dix heures de cours hebdomadaires sans défection, sans faille et sans même se plaindre. Un sacerdoce qu’il conciliait avec ses entraînements perso, mais aussi ses études pour l’obtention de son Diplôme d’État. Il s’est montré exemplaire. Nous sommes fiers de l’homme qu’il est devenu et de l’exemple qu’il donne, en toute humilité. Il a beaucoup de mérite. »

Retrouvez les quatre épisodes précédents ici

Épisode 4Épisode 3
Épisode 2 / Épisode 1

Anthony Diao / Sen No Sen

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