Chambly, acte II : un modèle qui s’impose
Pour la deuxième année consécutive, les championnats de France kata et combat posaient, le week-end passé, leurs valises à Chambly. À la manœuvre, David Rotondi affine un modèle où le karaté devient spectacle, levier territorial et laboratoire d’idées.
« Un événement comme celui-ci met toujours un peu sous pression, mais nous avons pris pas mal de plaisir », sourit David Rotondi au moment de dresser le bilan des championnats de France seniors côté organisation. Évidemment, comme pour toute compétition, il y a des aléas, des imprévus, l’essentiel étant de trouver des solutions. De ce point de vue, l’équipe d’organisation a encore répondu présent. « C’est une satisfaction d’autant plus forte que cette deuxième édition accueillie chez nous a marqué une progression tangible, notamment en termes de flux, de sécurité et de communication.

Au-delà de la logistique, c’est la vision globale d’un vrai spectacle. L’année dernière, c’était un test… là, on a voulu mettre le feu. » Pour franchir un nouveau cap, le KC Chambly – avec son président David Rotondi en chef d’orchestre des soixante-dix bénévoles – a misé sur des nouveautés visibles, à commencer par l’ambiance. « Le fait d’avoir un speaker, comme à l’époque j’ai envie de dire, ça change tout. Nous avons aussi une cérémonie d’ouverture hybride, mêlant body karaté, culture antillaise et démonstrations martiales avec l’école du Petit Dragon issue de Chambly. Notre idée est claire : montrer que le local peut constituer une véritable force. C’est de cette façon que nous créons un lien spécifique aux partenaires et mécènes, et que l’on rassemble au-delà du karaté, en invitant les basketteurs de la ville et les footballeurs du FC Chambly. Toute la communauté sportive en fait, ce qui a pour effet d’activer tout le tissu sportif local. »

D’autres actions pour convaincre et créer de l’adhésion ? Oui, et elles ne manquent pas ! Des interventions durant plusieurs semaines en amont auprès d’écoliers en CM2, soit deux-cent-cinquante élèves invités sur le championnat, la présence de Nohan Dudon lors de la semaine olympique et paralympique, l’invitation également, six mois en arrière, de tous les stagiaires, les DAF et DIF en formation sur le territoire qui, au-delà d’une force opérationnelle, constituent autant de relais… « Tout cela nécessite, et c’est la clé, une organisation et un rétroplanning très en amont. C’est cette anticipation qui permet de mettre autant de choses en place et, du coup, d’apporter de la maîtrise et de la sérénité. » Avec une approche assumée : aller au-delà de la compétition elle-même. Avec du spectacle à l’intérieur du complexe Marie-Amélie Le Fur, mais aussi des animations en dehors comme cet archery tag ouvert à tout le monde.

Quant au modèle économique, il est déjà éprouvé. Ainsi, à Chambly, le partenariat ne se limite pas à de la visibilité. « Quand nous allons voir un partenaire, on ne propose pas de mettre un logo, on travaille sur les valeurs de notre discipline, en proposant aux entreprises une découverte du karaté au sein même de leurs locaux, et en nouant un partenariat sur la durée avec le club. S’ajoutent évidemment une expérience VIP lors de ces championnats avec, cette année, une loge qui a favorisé les échanges avec les athlètes, et des entreprises dotées en place, lesquelles en ont fait profiter leurs clients… Un événement plus qu’une compétition. »

Investissement en communication, prise en charge des arbitres et des repas par la FFKDA, le budget du championnat est maîtrisé et même excédentaire à écouter David Rotondi. « Nous récupérons en effet jusqu’à trois fois l’investissement que nous réalisons. » Un modèle d’engagement qui génère aussi une dynamique forte pour le club. « Les enseignements sont limpides : nous avons réussi à maintenir le noyau dur du club, mais aussi à faire revenir des anciens et à convaincre de nouveaux pratiquants de nous rejoindre, y compris en cours de saison. Quant à l’impact territorial, il est réel : Chambly rayonne et devient une référence.», précise celui qui est aussi chargé de mission sport et vie associative de la municipalité isarienne. Et maintenant ? Fort de ce succès et de cette expérience accumulée, David Rotondi ne cache pas ses ambitions. « Nous postulons pour accueillir l’édition 2027 pour la troisième année consécutive. » De quoi donner aussi des idées ailleurs sur le territoire. « En développant cette approche, nous avons l’opportunité d’atteindre les 500 000 licenciés. »