Une saison avec… Au coeur du quotidien des clubs Episode 1

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Le temps de cette saison 2018-2019, Le Mag’ FFK va tâcher de prendre le pouls du karaté français, à travers le regard de quatre clubs répartis sur l’ensemble de l’Hexagone. Quatre quotidiens, autant d’enjeux et d’attentes qui convergent vers une seule et même espérance : transmettre la discipline.

Académie de Karaté et Disciplines associées de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte d’Or)


En 2007, soucieux de structurer le karaté bourguignon davantage qu’il ne l’était jusqu’alors, Raymond Ravassaud, président de la Ligue de 1994 à 2016, voit enfin sortir de terre, en partenariat avec la municipalité de Chevigny, le dojo régional attendu depuis une bonne dizaine d’années. Deux ans plus tard, l’AKDC voit le jour, autant pour amortir l’équipement que pour offrir un écrin de qualité aux quelque deux-cent-cinquante pratiquants de karaté et de krav maga inscrits bon an mal an sur les registres du club. En cette rentrée 2018, ce club orienté compétition et formation (lire ici le portrait de Franck Picard, responsable du karaté sportif et coresponsable du développement du krav maga) doit plus que jamais composer avec le paramètre très volatil des subventions, celles-ci étant prioritairement attribuées aux actions menées à destination des publics ruraux – d’où la création d’une antenne de l’AKDC sur la commune voisine de Villers-les-Pots, encadrée par Arnaud Cubells. Le dojo Alain-Le-Hétet de Chevigny et ses quatre surfaces de combat ? Il mobilise cinq soirs par semaine un entraîneur pour le karaté compétition, deux autres pour le karaté traditionnel, deux autres pour les cours enfants, un entraîneur pour la nouvelle section handi et un entraîneur seniors. « Notre salle étant municipale, nous devons parfois la libérer pour permettre à la Mairie d’accueillir d’autres évènements, explique Franck Picard. Ce fut le cas pendant six jours à la mi-septembre mais c’est le jeu en cette période de rentrée où nous gérons à la fois les inscriptions et la mobilisation progressive de nos athlètes pour l’Open Adidas, la coupe de France et les autres rendez-vous de l’automne, où sont notamment attendus nos prometteurs Inès Tacharfit, Yanis Lamotte ou les frères Geronvil. »

]COS Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle)

Fondé en 1969 par Pierre Bichard-Bréaud, un 7e dan arbitre mondial qui en est, au fil des années, devenu la figure tutélaire, le COS Villers-lès-Nancy a compté jusqu’à deux-cent-vingt licenciés dans les années 2000. À l’époque, le club possédait deux sections supplémentaires, lesquelles ont depuis pris leur autonomie. Stabilisé autour de cent-vingt-cinq adhérents, le COS s’adosse depuis une vingtaine d’années au Centre universitaire d’entraînement, par lequel sont passés certaines de ses figures de proue comme Nabil Mécheri. Le leitmotiv ? Il tient en trois mots : cohésion, éducation et parcours. Soucieux de dispenser un enseignement « correct », les fidèles professeurs relayant la bonne parole de « PBB » veillent à ne pas dépasser un certain numerus closus par cours, afin d’avoir des élèves réceptifs au message de l’enseignant. Quotient familial, subventions départementales qui restent à convaincre dès lors qu’est brandi le sceptre du haut niveau, fuite des capitaux humains matérialisée par le départ quasi inéluctables des meilleurs éléments vers d’autres cieux davantage rémunérateurs que formateurs : les chevaux de bataille du quotidien ne manquent pas. Fonctionnant en entente sportive avec le club voisin de Longwy pour les épreuves de kumité par équipes, les troupes du président Salvatore Livolsi et du directeur technique Christian Vallée comptent à ce jour neuf athlètes ayant été ou actuellement en équipe de France, de Cédric Pochit à Quentin Dartois, Anthony Gillet, Fanny Zucker ou Jean-François Thiercy. Espérer faire aussi au moins bien cette saison ? La balle est dans le camp lorrain.

Association Culturelle et Sportive Chuong Qwan Khi Dao La Seyne-sur-Mer (Var)

La légende dit que, le jour de leur première rencontre pour préparer un passage de grades, il fallut l’intervention du gardien du gymnase pour que Maximilien Cartelle et Serge-Emmanuel Chaudy rentrent chez eux, plusieurs heures après avoir mis les gants pour le plaisir d’une première fois. Jumeaux en valeurs (« famille, engagement, transmission, vigilance et efficacité, sincérité et recherche de la vérité, nécessaire gestion des émotions »), le binôme d’enseignants soucieux de « progresser avec ses élèves » s’attache depuis à transmettre deux règles d’or sur le tapis – « toucher sans se faire toucher » et « s’adapter et survivre » – sans faire mal ni blesser et avec, chevillée au corps, la conviction que « la bienveillance ne se prouve pas, elle s’éprouve et passe par l’ouverture aux autres et par l’entraide ». Hors tapis, le club doit beaucoup au dévouement de deux de ses bénévoles : la présidente Marie-Antoinette Chaudy et la trésorière Michèle Appat-Funès. « Grâce aux résultats sportifs du club et à l’engagement du bureau, chaque déplacement est devenu l’occasion de proposer un programme culturel et récréatif » tient à rappeler Serge, 4e dan, directeur d’opérations d’une société de conseil en ingénierie dans le civil et fils de « Maman » Chaudy. « Une compétition à Poitiers ? Un jour au Futuroscope ! Une compétition à Paris ? L’occasion de visiter la capitale ou de rendre visite à Mickey. Cela peut paraître anodin mais certains élèves n’avaient jamais eu l’occasion de quitter La Seyne-sur-Mer et, sans ces prises en charge, ils n’auraient certainement pas pu. » Club d’Anaïs Farah Crall, de Brice Bononi, d’Arthur Vacquié Chaudy ou des jumeaux Idriss et Sydney M’Roivili, l’ACS prépare notamment cet automne la Chuong Race, une course d’obstacles organisée à Hyères par « Maxou » Cartelle, mais aussi le challenge Gérôme Hugues, en hommage à un enseignant d’Evenos disparu en 2015, et les compétitions de Vo Co Truyen « en espérant voir à nouveau nos poulains représenter la France au Vietnam ».

Houdan Karaté Do (Yvelines)

Deux sites à Houdan et Maulette, une salle des fêtes, trois séances hebdomadaires de baby karaté, quatre autres cours dédiés aux enfants, quatre séances spécifiques (dont deux sur sélection) pour les compétiteurs, trois créneaux adultes et ados, deux heures de body karaté… Impulsé par les charismatiques Jessica Hugues et Romain Lacoste (tous deux troisièmes aux épreuves de kata par équipes aux mondiaux de Paris en 2012, notamment), le HKD comptait cent-soixante-quinze licenciés en 2017-2018. « Une courbe ascendante » selon Linda Godard, présidente depuis 2011 d’un club qu’elle a connu « à trente-huit licenciés », et dont la fille Chloé est devenue l’une des locomotives des lieux. L’automne qui arrive ? Il devrait rapidement dire où en est le meilleur club des Yvelines de la saison passée.

Anthony Diao / Sen No Sen

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