Shotokai – Gérald Lefebvre « L’esprit prime »
Le président de France shotokai karaté do met en lumière les enjeux du stage national organisé le week-end dernier au Dojo de Paris.
Thèmes transversaux
« Il y avait cinq intervenants pour les adultes lors de stage que nous avons pensé comme un séminaire : Nicolas Moulin, Rabah Louali, Philippe Martinez, Damien Bert et Gilles Domenc. Plusieurs thèmes transversaux étaient abordés : le kata, les bunkai, le combat sous toutes ses formes et la self-défense. Nous n’avons pas oublié non plus notre population enfants avec un cours pour les 7-9 ans dispensé par George Millet et un pour les 10-13 ans encadré par Magalita Nguyen. Nous avons reçu une centaine de participants, c’est-à-dire une jauge dans la norme pour cet événement : si nous étions soixante l’année dernière à Montpellier, mais sans enfants, nous avions dépassé la centaine de participants au Dojo de Paris il y a deux ans. Et la région parisienne reste un creuset, concentrant la majorité de nos pratiquants, même l’agglomération toulousaine, le club de Valence, le Rhône et l’Isère sont également très dynamiques et étaient représentés ce week-end. »
Développer la vision
« La pratique tient une place significative. Mais l’esprit que nous mettons à enseigner ou pratiquer est sans doute plus fondamental encore. Ce séminaire, en particulier la réunion du collège des professeurs le samedi en fin d’après-midi, a vocation à être un lieu d’échanges et de débats avec des questions socles, mais essentielles, sur notre pratique : comment éviter la routine ? Comment mélanger harmonieusement tradition et créativité ? Comment concilier martialité – qui implique le combat – et harmonie entre les hommes ? Je pense que l’utilité principale de notre séminaire tient dans ces questionnements pour continuer de développer notre pratique et notre vision. »

L’efficacité dans la décontraction
« Le style a été fondé par Shigeru Egami en 1935, l’année où fut créée l’association shotokai par les disciples de Gichin Funakoshi. Étudiant de l’université de Waseda, Egami choisit alors de mettre l’accent sur la recherche de l’efficacité dans le relâchement, plus que dans la force ou le blocage. Le style shotokai s’attache ainsi à des touches peu nombreuses, mais longues et profondes, ce qui va, il faut bien le dire, à l’encontre du karaté généralement pratiqué en compétition. »
La tradition du midare
« Le shotokai possède un exercice lors des examens de grade : le midare. On pourrait traduire ce mot par »désordre ». C’est un exercice où Tori doit »aspirer » les attaques de Uke avant de proposer un coup ou une projection. Ces attaques, répétées et profondes, durent environ une minute. Il peut y avoir un ou plusieurs Uke. C’est un exercice de randori qui permet de juger la maîtrise de l’application des principes de notre discipline.»
