Mondiaux jeunes 2026 – Ludovic Cacheux : « Voir des jeunes qui n’ont pas peur d’être ambitieux »
40 jeunes karatékas vont défendre les couleurs françaises aux championnats du monde cadets-juniors-U21 à Bielsko Biala (Pologne) à partir de mercredi. Le directeur des équipes de France, Ludovic Cacheux, nous éclaire sur les enjeux.
Un championnat du monde jeunes est toujours source de grandes inconnues, surtout chez les cadets et les juniors, même si c’est moins le cas aujourd’hui avec les Youth League. Mais il génère toujours sa part de découvertes et rend, par là-même, les pronostics plus qu’incertains.
Mais, au final, il donne aussi le ton du karaté mondial. Le rendez-vous est crucial. Quelque 2 000 athlètes, de 14 à 20 ans, défendent les couleurs de leur pays.
Pour la 14e édition qui se déroule de mercredi à dimanche prochain (14-18 octobre) à Bielsko Biala, en Pologne, 43 vont défendre celles de la France. 12 cadets, 16 juniors et 12 espoirs (U21) vont tenter de faire mieux que leurs prédécesseurs, 11e en 2022 (1 or, 1 argent, 8 bronzes) et 6e en 2024 (2, 0, 9).
Ludovic Cacheux va connaître ses premiers mondiaux jeunes comme directeur des équipes de France, à l’instar de la plupart du staff. Si Franck Bisson, le responsable des équipes de France jeunes et Lionel Nardy, en l’occurrence absent pour de bonnes raisons personnelles, ont déjà connu cette expérience, ce sera une première pour Lonni Boulesnane, Adrien Gautier, Lamia Matoub, Chérif Tadjer et Stéphanie Bel-Lahsen Duperret qui, en l’occurrence, remplace Lionel Nardy. Côté kata, le staff est également renouvelé avec la présence de Jean-Luc Bui, Fabien Tran et Yves Ruelle mènent les Français en Pologne.

« J’AI BEAUCOUP APPRÉCIÉ L’ÉVOLUTION DE L’ÉTAT D’ESPRIT AU FIL DES STAGES »
Qu’attendez-vous de cette compétition ?
J’attends de voir un état d’esprit conquérant de la part des jeunes. Que l’on gagne ou que l’on perde, cela fait partie du jeu, mais je veux voir des jeunes qui n’ont pas peur d’être ambitieux.
J’ai beaucoup apprécié l’évolution de l’état d’esprit au fil des stages. La mayonnaise dans le staff, qui est nouveau, a bien pris et cela a transpiré sur le collectif France jeune qui a fini la préparation avec une super compétition en Croatie fin septembre (9 médailles).
En quoi a consisté la préparation à ces mondiaux ?
Nous avons effectué trois stages durant l’été, dont un avec l’équipe nationale suédoise. Les U21 ont alterné entre les seniors et le groupe jeunes. En septembre, nous avons disputé deux compétitions et effectué des mini-stages avant de finir avec un stage terminal au pôle de Châtenay-Malabry dix jours avant l’échéance.
L’idée, c’était de se dire que les équipes de France jeunes, c’est un laboratoire et qu’il ne faut pas avoir peur d’oser faire des choses. L’activité physique, l’activité cognitive, les activités de cohésion, les épreuves par équipe, etc, tout était basé sur un fil directeur : construire l’identité d’un collectif fort, d’un groupe.
Nous sommes à cinq stages, trois compétitions pour les U21, deux pour les cadets et juniors. Nous avons fait, je pense, une belle grosse préparation.

« LES CADETS ET JUNIORS ONT PRIS DE L’ÉPAISSEUR […] NOUS AVONS DES PETITS JEUNES TRÈS INTÉRESSANTS »
Qu’entendez-vous par évolution de l’état d’esprit ?
À force de leur demander d’être plus exigeants, de les pousser dans leurs retranchements, à force aussi, de les encourager dans le bon sens, les athlètes ont petit à petit pris la mesure. À chaque entraînement, à chaque stage, j’avais des retours très positifs de Franck (Bisson). Les cadets et juniors ont pris de l’épaisseur au fil de la préparation, au fil des stages, au fil des entraînements. Cela a été flagrant. Ça nous a explosé aux yeux.
Qu’attendez-vous de ces cadets-juniors en termes de résultat ?
C’est dur de répondre à cette question. Nous avons vraiment des petits jeunes très intéressants. Je pense au petit Ilyas Smati (junior -61 kg), au petit Youssouf Cissokho (junior -68 kg), qui a brillé à la Youth League de Venise l’année dernière, à Morgane Scarfone, le fer de lance de cette équipe Junior, la petite Lee-Lou Koume (junior -48 kg), qui a été championne d’Europe cadette… Nous avons un petit groupe junior sympa à suivre, avec un noyau de très bon niveau. Mais, on sait que cela se joue dans la tête.
Chez les cadets, il y a du talent, mais nous avons encore un petit temps de retard par rapport aux autres nations. Mais il y aura quelques surprises. Je pense notamment au petit Adil (Tarzout), en -70 kg. Il est très intéressant, il sent le combat, c’est un gamin qui aime combattre.

« IL Y A DU NIVEAU EN U21. J’ESPÈRE QU’ILS VONT SE METTRE À LA MESURE À L’ÉVÉNEMENT »
En U21, chez les filles, avec Monica Arzumian, Chloé Payrot, Silya Abdesselem, Zéra-Jade Ozserttas … Vos ambitions doivent être encore plus élevées…
Une grande majorité des U21 ne sont plus des petits jeunes. Forcément, j’attends de la performance de leur part. Il y a des athlètes qui sont confirmés, qui performent chez les seniors, à l’image de Zéra-Jade (Ozserttas, +68 kg), qui a disputé la finale de Serie A à Salzbourg. Nous avons aussi Monica (Arzumian, -61 kg), qui a gagné le Karate One de Rabat en juin et la Serie A à Salzbourg, Chloé (Payrot, -68 kg) qui monte les échelons. Elle est vice-championne du monde universitaire et vient de gagner l’open de Scandinavie, Silya (Abdesselem, -55 kg), qui fait 3e aux Jeux Méditerranéens en battant la championne du monde… Nous avons un vivier U21 très intéressant chez les filles.
Quels sont vos attentes pour les garçons U21 ?
Nous avons deux-trois athlètes qui sont en train de sortir leur épingle du jeu, à commencer par Adam Tadjer. C’est un talent brut mais j’aimerais que le talent se transforme en réussite chez les seniors et les U21. Nous avons aussi Hairiss Hierso (-75 kg), qui fait 3e à la Serie A à Guadalajara et à l’open de Scandinavie, Yasin Bettache (-67 kg) qui avait remporté la médaille de bronze au championnat du monde junior il y a deux ans… Il y a du niveau et j’espère que les U21 vont se mettre la mesure à l’événement.
Ludovic Mauchien