Medhi Filali, déjà sorti
1er tour : Attila ne le repousse pas
Le Slovaque Joba Attila a beau avoir un nom à faire peur, ce jeune espoir encore discret dans ses sorties internationales n’inquiète pas Medhi Filali qui le gère à distance, laissant les arbitres lui donner, à la fin d’un combat prudent, les cinq drapeaux. Il faudra monter en régime, et dès le prochain tour.
2e tour : Le piège turc
Un adversaire turc, ce n’est jamais facile à gérer, et si Yamanoglu Alparslan n’a encore pas de palmarès senior, il sort tout juste des espoirs avec un titre de champion du monde en poche. Et il trouve de mieux en mieux ses marques avec une cinquième place à Istanbul, une septième à Berlin, et le bronze en Série A au Chili. À Tokyo en octobre, il passe trois tours en battant au passage le vice champion du monde et multi-médaillé européen azerbaidjanais Shahin Atamov par 8-3, le Français Lonni Boulesnane par 9-1 et le médaillé mondial croate Andjelo Kvesic par 5-0 ! Quant à Medhi Filali, s'il marchait sur les eaux depuis son titre européen juniors en 2017, avec une médaille à Leipzig, puis à Paris en 2018, une finale encore au championnat d’Europe espoirs 2018, une troisième place à Rotterdam et le titre à Rabat, son échec au championnat d’Europe avait mis un terme à cette pluie de performance. C’était un choc décisif et chargé d’avenir.
Malheureusement, le jeune Turc n’était pas celui par qui la confiance allait revenir. Dans un combat très tendu, où les deux combattants étaient pénalisés deux fois pour non combativité, le Turc prenait une première fois l’initiative et marquait pour trois juges. Yann Baillon levait judicieusement son carton pour le vidéo replay et obtenait le point du contre au visage. Dans la dernière minute, L’entraîneur turc, puis l’entraîneur français perdaient tour à tour leur carton vidéo. À vingt secondes de la fin du combat, Medhi Filali devait changer de veste pour une déchirure à l’épaule. Dans les dix dernières secondes, c’était encore une fois Yamanoglu Alparslan qui déclenchait et levait trois drapeaux. Trop tard pour revenir…
Le Turc Yamanoglu Alparslan prouvait une nouvelle fois sa valeur en sortant au tour suivant le champion d’Europe en titre, le Bosniaque Ivan Klepic, mais cédait face à l’expérience et au talent du vice champion du monde iranien 2014, Sajad Ganjzadeh, par 4-2. Un quart de tableau particulièrement corsé.
C’est d’ailleurs l’Iranien Ganjzadeh qui atteint la finale en dominant, en demie, un Russe inattendu, Alexander Pshenitsyn. Il y affrontera une vieille connaissance, le grand Jonathan Horne qui renaît de ses cendres. L’Allemand, champion d’Europe pour la première fois en 2008 et pour la dernière fois en 2016, n’a jamais été médaillé mondial. Voilà qui est chose faite. Ce sera peut-être même une médaille d’or. Ce serait une très belle récompense pour conclure une si grande carrière. Parfois, il fait savoir attendre.
