L’hommage des fédérations japonaise et française à G. Funakoshi
Dans le cadre de l’Open Karaté1 Premier League, qui se déroulait à Okinawa, fin novembre dernier, le président de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées, M. Francis Didier, s’est rendu dans la ville native du célèbre père du Karaté moderne : Gishin Funakoshi. Une occasion de célébrer l’excellente relation qui unit le Japon et la France, et de rendre hommage au fondateur du karaté shotokan.
Liés par leur vision et le partage commun de la culture du Karaté Do, le Japon et la France entretiennent de très bonnes relations et ce depuis plusieurs années. Ainsi, lorsqu’il a été prévu de rendre hommage à celui qui a développé le Karaté, c’est naturellement que M. Sasagawa, président de la Fédération Japonaise de Karaté (JKF), a convié M. Francis Didier à y assister. Cette commémoration, a rassemblé le préfet d’Okinawa, mais aussi l’arrière-petit-fils de maître Funakoshi, ainsi que des membres d’Okinawa pratiquant le Karaté Shotokan.
Maître Funakoshi est considéré comme le traducteur des idéogrammes chinois « TODE » qui signifient « la main de Chine » en idéogrammes japonais « Karaté Do » qui signifient « la voie de la main de vide » ou encore « la main dénuée de mauvaises intentions ». Maître Funakoshi était pratiquant du Boudhisme zen du temple Enkakuji dont la philosophie est la suivante : « la forme est le vide, et le vide est la forme ». Cet enseignement a influencé son karaté. Il sera celui qui fondera la première école de Karaté Shotokan. Cet homme à l’esprit philosophique, et amoureux de son art martial, voit aujourd’hui inscrit sur sa stèle, une phrase représentative du karaté et chère à ses yeux : « Ne jamais attaquer le premier ». Pour Funakoshi, le karaté était un art de défense, et non un art d’attaque.
Cet événement, dont le but était de rendre hommage, consistait à déplacer la stèle commémorative de Gishin Funakoshi, afin de l’installer dans un parc, au pied d’un temple Shinto, symbole très important de la culture locale. Après être passés sous une porte traditionnelle japonaise représentant le Ciel et la Terre, un hommage a été rendu au maintenant « kami » Funakoshi. En effet, dans la culture japonaise, et plus particulièrement shintoïste, les esprits des personnes décédées s’envolent dans un autre monde, et sont pour certains élevés au rang de divinité ou « kami » selon le terme japonais. Très importants pour les vivants, les « kami » sont honorés et respectés. La commémoration a ainsi permis que la vie et la vision de Funakoshi soit évoquées, afin qu’il puisse accéder à cet autre monde.
Si ce voyage, a permis au président de la FFKDA de prendre part à cette cérémonie très traditionnelle, le but pour M. Sasagawa était également de remercier les clubs de karaté français à travers la fédération, pour les dons qu’ils ont fait à la Fédération de Karaté Japonaise (JKF) pour soutenir les clubs locaux, dévastés après la catastrophe de Fukushima en 2011. Cette action, mise en place par la FFKDA, a permis de récolter près de 30 000€ pour aider les clubs japonais à se reconstruire. Les fédérations japonaise et française, partagent une même culture et vision du Karaté Do, mais elles sont aussi unies par une entraide commune.
