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Karaté

« Déclic pour des claques », acte III !

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Une initiation à la self-défense et aux arts martiaux couplée avec des interventions médicales et juridiques, tel est l’enjeu de l’opération « Déclic pour des claques », réservée aux femmes et initiée pour la 3ème année consécutive par le Comité départemental du Puy-de-Dôme et la Ligue d’Auvergne de Karaté et Disciplines Associées. Une manifestation organisée dans le cadre de la « Journée mondiale contre les violences faites aux femmes ».

© Jean-Paul Boithias

Réunies au Dojo régional de l’Arténium, situé à Ceyrat (63), sur les hauteurs de Clermont-Ferrand, elles sont près de 140 à s’être déplacées le 6 décembre dernier. Venues pour la plupart de l’agglomération et du département du Puy-de-Dôme, ces femmes représentent tous les âges, toutes les catégories sociales. Parmi elles, certaines ont déjà subi des violences, verbales et physiques. Attentives, concentrées, chacune écoute les conseils prodigués par la quinzaine d’instructeurs diplômés. Ces derniers sont issus des clubs de Karaté, Viet Vo Dao et Yoseikan Budo des alentours. Durant près de trois heures, sur les tatamis du dojo, toutes les femmes vont apprendre et répéter en binôme quelques techniques et gestes simples. Impressions…

© Jean-Paul Boithias

« C’est très positif car on nous met en situation. Franchement, ça me donne envie de reprendre un art martial », explique Léa, 16 ans, qui avait déjà pratiqué plus jeune durant une année.
Pour Aude, totalement néophyte, l’expérience est également concluante : « je connais plusieurs personnes autour de moi qui ont subi une agression. Quand on est une femme, on y pense forcément, surtout quand on rentre tard le soir. Ici, j’ai pu apprendre quelques gestes basiques et je suis bien motivée pour poursuivre dans un club », explique cette Clermontoise de 33 ans.

« Cette journée s’adresse à toutes les femmes qui n’ont aucune notion des arts martiaux. Il est de plus en plus difficile d’être une femme dans notre société et les faits de violence envers elles défraient trop souvent la chronique. Le but de cette opération vise à les mettre en confiance en leur donnant quelques clés, au sens propre comme au figuré, afin de pouvoir faire face à des agressions extérieures. Il suffit parfois d’un petit déclic pour ne pas ou ne plus se laisser marcher sur les pieds. En fait, c’est un déclic pour éviter les claques », résume avec le sens de la formule Eliane Bréchard-Vergès, la présidente du Comité départemental de karaté.

Étendre cette journée au niveau national

Au-delà de l’enseignement de quelques techniques pratiques, l’opération avait débuté le matin même sous forme théorique avec l’intervention de deux spécialistes en victimologie, le Docteur Julie Geneste et Maître Laure Vaillant, avocate au Barreau de Clermont-Ferrand. Durant plus de deux heures, celles-ci ont présenté et développé les grands axes médicaux et juridiques de cette thématique ; à grand renfort d’exemples concrets et de conseils pratiques. Toutes deux ont pu répondre ensuite aux nombreuses questions de l’assistance. A la fin de cette journée, de nombreuses femmes n’ont pas manqué de saluer l’initiative des organisateurs auvergnats.

« Les interventions théoriques et l’initiation à la self-défense sont finalement très complémentaires », analyse Martine, une Puydômoise de 55 ans. Son amie Sylvie a, elle aussi, beaucoup apprécié. « Cette démarche devrait être instituée au niveau des grandes entreprises ou des administrations. »

de g. à d. : Richard Duligner, président de la Ligue d’Auvergne, Eliane Bréchard-Vergès, présidente du CDK Puy-de-Dôme, et Pierre Damoiseau, cadre technique • © Jean-Paul Boithias

Pour les organisateurs, le pari est donc largement gagné. « Cette idée, née de la volonté d’Eliane Bréchard-Vergès, va être pérennisée tous les ans. Au-delà, nous espérons qu’elle soit instaurée au niveau national par la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées », souligne Richard Duligner, le président de la Ligue d’Auvergne.

« Déclic pour des claques » pourrait donc faire des émules un peu partout en France. Pour le plus grand bénéfice des femmes.