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Commission de Développement des Styles Traditionnels

Objectif

Créée il  a un peu plus de deux ans déjà, la commission de développement des styles traditionnels s’est donnée comme objectif de répertorier et développer les styles traditionnels d’Arts Martiaux Chinois pratiqués en France.

Fonctionnement

De nombreuses rencontres ont eu lieu avec des spécialistes qui maîtrisent la totalité de leur style (Formes, exercices de base spécifiques, stratégie, travail à deux, combat, applications) afin qu’ils incorporent notre commission et deviennent des ambassadeurs de leurs styles.

C’est ainsi que nous avons nommé des chargés de développement dans les 14 styles répertoriés à ce jour. Cette liste n’est pas exhaustive et la recherche n’est pas terminée.

  • Taiji quan style Chen
  • Taiji quan style Yang
  • Taiji quan style Sun
  • Bagua zhang
  • Baji quan
  • Yi quan
  • Wing chun
  • Pak mei
  • Shaolin quan
  • Tong bei quan
  • Cha quan
  • Qi xing tang lang quan
  • Taiji tang lang quan
  • Zui quan

Nous pouvons nommer plusieurs chargés de développement par style en fonction de l’étendue de sa pratique sur le territoire. C’est le cas pour le Shaolin quan et le Wing chun. Ces spécialistes de styles traditionnels étaient souvent hors fédération. Notre projet de développement les a enthousiasmé et convaincu de nous rejoindre, ce qui va nous permettre de nous agrandir et de nous enrichir techniquement. Nous travaillons actuellement sur l’intégration du Taiji quan Wudang et du Choy lee fut.

En pratique

1-  Des stages de découverte et perfectionnement technique : tous ces styles seront représentés lors des différents stages et rencontres nationales qui seront au calendrier de la saison prochaine (4 stages nationaux dans quatre grandes villes différentes, une rencontre nationale pour le Wing chun et une rencontre nationale pour le Taiji quan avec comme moteur la pratique du tuishou).

2- Une intégration de ces styles traditionnels dans le règlement de passage des grades :

Il est à noter que ces styles sont répertoriés dans le règlement CSDGE (programme de passage des grades dans lequel vous pouvez trouver les listes de taolu conseillés par duan par style)

Les stages nationaux peuvent vous rapporter 1 point de bonus pour vos passages de grades.

3- De plus, nous organisons depuis deux ans des stages internationaux avec de grandes personnalités reconnues mondialement, tel que Me Lee Kam Wing (Qi xing tang lang quan). Nous avons reçu des stagiaires et des écoles venus d’Angleterre, d’Ecosse, d’Allemagne, d’Italie, du Liban et nous attendons pour le prochain stage la Belgique et l’Espagne.

Rendez-vous à la rentrée et venez nombreux découvrir ces merveilleuses richesses des arts martiaux chinois que sont ces styles traditionnels !

Stéphane Molard

Président de la commission de développement des styles traditionnels

Retrouvez ci-dessous la présentation des différents styles traditionnels :

Wu HuiQing (assis à droite), grand-père de Maître Wu LianZhi, au milieu de des élèves, photo prise en 1936.

Le Baji Quan (八极拳) est un style de combat du nord de la Chine, issu de la région de la ville de Cangzhou (沧州) dans la province du Hebei.

L’origine historique du Baji Quan reste inconnue à ce jour, le premier pratiquant dont on retrouve la trace écrite fut un dénommé Wu Zhong (吴钟,1712- 1802), membre de la minorité Hui et issu de la grande famille Wu qui s’est installée dans le comté de Cangzhou au début du 15ème siècle. Les détails de la vie de Wu Zhong restent à ce jour mal connus.

D’après les annales officielles du comté de CangZhou publiées en 1933 et le manuel de la famille Wu imprimé en 1936, Wu Zhong aurait grandi au sein de la branche des Wu du village de MengCun (孟村, à 30 km de la ville de CangZhou). Un moine taoïste itinérant nommé Lai (癞) et son disciple Pi (疲) auraient séjourné au village de MengCun pendant 10 ans pour enseigner le Baji Quan ainsi que le maniement de la grande lance à Wu Zhong lorsqu’il était adolescent.

Agé de 23 ans, Wu Zhong se serait ensuite rendu au temple Shaolin du sud de la province du FuJian, où il aurait réussi à entrer et sortir 3 fois du temple sans être atteint par les armes cachées et autres pièges qui protégeaient l’édifice.

Par la suite, la réputation de Wu Zhong aurait fini par atteindre le palais de l’Empereur, si bien qu’il aurait été convoqué à la cour par le prince YinTi (胤禵), 14ème fils de l’empereur KangXi (康熙), pour se voir offrir une place d’instructeur à la résidence du prince où il aurait séjourné jusqu’en 1775.

A cette date, Wu Zhong qui était âgé de plus de 60 ans serait retourné à MengCun pour y résider jusqu’à sa mort et consacrer les trente dernières années de sa vie à transmettre aux membres de sa famille l’art du combat qui l’avait rendu célèbre, et auquel il donna le nom de Baji Quan.

Développement

Pendant les premières générations, le Baji Quan s’est d’abord transmis au sein de la famille Wu qui a également assuré la diffusion du style auprès d’autres familles de MengCun et des villages aux alentours comme LuoTuan (罗疃), ZiLaiTun (自来屯), HouWangZhuang (后王庄), etc. Les héritiers actuels de la famille Wu sont maître Wu LianZhi (吴连枝 – 7ème génération) et son fils Wu DaWei (吴大伟 – 8ème génération), qui aujourd’hui encore continuent d’enseigner le Baji Quan à Mengcun. Si le Baji Quan est resté essentiellement un style rural pendant les XVIIIe et XIXe siècles, le style s’est graduellement répandu au début du XXe siècle jusqu’aux villes environnantes (Cangzhou, Tianjin, ZaoZhuang, etc.).

Pendant l’ère républicaine (1912-1949), la pratique des arts martiaux est tout d’abord considérée comme « rétrograde » par le pouvoir en place, puis elle est encouragée à partir des années 30. Ainsi, quelques enchainements de Baji Quan sont introduits dans le cursus obligatoire de différentes académies entretenues par le Gouvernement Nationaliste, tels que l’Académie Centrale de Arts Martiaux de Nanjing (南京中央国术馆) ou l’Académie Militaire de Guilin (桂林军校第六分校). Bien que les cursus de ces institutions ne comportent que quelques enchainements standardisés à des fins d’éducation physique, ce statut contribue au rayonnement national du Baji Quan.

Par ailleurs, un expert de Mengcun, Wu XiuFeng (吴秀峰, père de Wu LianZhi), est enrôlé à la même époque par le Parti Communiste Chinois comme instructeur de l’Armée Rouge. En 1949, à la suite de l’arrivée des communistes au pouvoir, certains pratiquants de Baji Quan décident de suivre le GuoMinDang dans son exil vers Taiwan. L’île devient alors un deuxième foyer où le Baji Quan s’est développé indépendamment des écoles de Chine continentales, étant donné la rupture entre les deux républiques de Chine.

Du côté du continent, la pratique des arts martiaux est tout d’abord encouragée par le Parti Communiste Chinois, puis réprimée à partir de 1966, pendant la Révolution culturelle et la pratique du Baji Quan se maintient dans la clandestinité pendant quelques années. L’interdiction est levée et l’organisation des compétitions reprend à partir 1971, puis la pratique des arts martiaux traditionnels est officiellement encouragée à partir de fin 1978 suite à l’ouverture du pays à l’international.

Ainsi, au début des années 1980, le développement du Baji Quan a bénéficié d’une nouvelle impulsion et on a assisté alors à la publication de nombreux ouvrages et le style s’est répandu dans différents pays asiatiques tels que le Japon, la Corée, etc. où il est devenu très populaire. Parallèlement, certains pratiquants Taïwanais et continentaux ont immigré vers les USA et l’Europe pendant les années 1980-90. C’est ainsi que le style a commencé à se faire connaitre en Occident, pour finalement connaître un rayonnement international.

Spécificités du Baji Quan

 Principes de base

Comme indiqué ci-dessus, le Baji Quan est issu de la minorité chinoise des Hui qui ont pour particularité d’être traditionnellement de confession musulmane, tout en étant linguistiquement et culturellement indiscernables de l’ethnie chinoise majoritaire des Han (汉). C’est pourquoi les fondements théoriques du Baji Quan reposent entièrement sur la pensée traditionnelle chinoise. En premier lieu, le terme « Baji » est issu du HuaiNanZi (淮南子), un ouvrage philosophique rédigé au 2ème siècle avant JC et fortement influencé par le taoïsme.

Littéralement, le terme « Baji » (八极) peut se traduire par « huit directions », mais il est généralement employé pour désigner « les huit confins » du monde. En ce qui concerne la pratique, un des piliers de l’apprentissage réside dans les exercices posturaux, avec plus particulièrement le travail de la position appelée « LiangYi Ding » (两仪顶), i.e. position des deux principes, où les deux principes représentent le Ying et le Yang. Cette position, véritable apanage du Baji Quan, s’effectue en posture du cavalier, les deux coudes repliés dans une attitude qui est visiblement inspirée du caractère traditionnel représentant le nom de famille Wu « 吳 ».

De manière générale, les techniques du Baji Quan sont réputées pour faire appel à la force explosive (BaoFaLi – 爆发力) qui s’obtient d’une part par un « guidage » particulier du souffle (XingQi – 行气) et d’autre part grâce à une mécanique du corps précise et spécifique au Baji Quan. Parmi tous les principes de base, on notera que les déplacements du corps doivent combiner trois composantes principales : charger (Chuang – 闯), s’enfoncer (Chen – 沉) et broyer (Nian – 碾).

Les frappes font quant à elles appel à 6 forces principales appelées Liu Da Kai (六大开). Lorsque tous les principes de base du style sont bien maitrisés, on obtient l’émission de la Force Explosive caractéristique du Baji Quan. Toutefois, celle-ci ne peut être acquise qu’après un long travail, tout d’abord centré sur l’acquisition des techniques de base (i.e. JiBenGong, 基本功), puis la combinaison de ces techniques dans des enchaînements ou formes prédéfinies (i.e. Taolus, 套路) pour déboucher sur leurs applications en combat libre.

Techniques et tactique de combat :

Malgré sa base théorique très riche, le Baji Quan est un style d’apparence simple, aux techniques dépouillées qui proscrivent toute acrobatie, et son orientation directe vers le combat est évidente. Le style a pour caractéristique d’utiliser les huit extrémités du corps pour frapper (tête, épaules, coudes, mains, hanches, coccyx, genoux et pieds) et il est résolument une méthode de combat à courte distance où l’on cherche systématiquement à entrer dans la garde de l’adversaire.

En ce qui concerne les défenses, les mouvements de petites amplitudes et près du corps sont privilégiés de manière à protéger l’axe central du corps. L’utilisation omniprésente des coudes, pour la défense ou l’attaque est également un des traits de marque de cette école. L’efficacité au combat du style a de tout temps été réputée en Chine, ce qui a entre autre valu au Baji Quan le surnom de « style des gardes du corps », des pratiquants réputés ayant été recrutés comme garde du corps de personnalités politiques (empereur PuYi, président Taiwanais Zhang JieShi, etc.).

Taolus et armes

A l’époque de Wu Zhong, le Baji Quan ne comportait vraisemblablement que trois formes ou Taolus : la petite forme du Baji Quan (XiaoJia – 小架), la grande forme du Baji (DanDa – 单打) avec sa version à deux (Dui Da – 对打) et la forme avancée SiLang Kuan (四郎宽) qui était réservée aux membres de la famille Wu.

Par la suite, les différentes branches du Baji Quan ont toujours voulu maintenir ouverte la diffusion du Baji Quan. Ainsi, l’enseignement s’est constamment enrichi au fil des années au gré des rencontres avec les autres styles de la région (PiGua Quan, TaiJi Quan, XingYi Quan, etc.) et on compte actuellement une quinzaine de formes dans le système de la famille Wu. La pratique des armes a suivi la même progression : le Baji Quan était à son origine basé sur le maniement de la grande lance des 6 coordinations (LiuHe Da Qiang – 六合大抢, une lance de plus de 3 m de long et semi rigide), du bâton du promeneur (XingZhe Bang – 行者棒) et du sabre « feuille de saule » (Ti Liu dao – 提柳刀). Par la suite, d’autres armes ont été intégrées au système, telles que la lance courte, l’épée, la canne, le sabre MiaoDao (苗刀), la hallebarde, le fouet « queue de tigre », le marteau météore, etc.