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Ussel Karaté – Toujours un coup d’avance

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Voyage au cœur de la Corrèze et de la petite ville d’Ussel pour cette nouvelle étape de notre tour de France des clubs. La deuxième sous-préfecture du département et ses 10 000 habitants peuvent compter sur son dynamique club de karaté, convaincu de son rôle d’animateur de la vie sociale communale. Son credo ? Convivialité et réactivité.

 

Le dojo est situé dans une petite rue bordée de pavillons, au nord de la ville. Un bâtiment comprenant deux tatamis, respectivement de 100 et 140m2. Un outil de travail agréable optimisé au maximum par les deux professeurs du club, Frédéric Blanchet et Laurent Buisson. Le premier, quarante-trois ans, directeur technique de la structure et 4e dan, dispense son savoir dans le club depuis maintenant vingt-deux ans. Le second est lui aussi 4e dan en shito-ryu. À eux deux, ils se partagent les trois créneaux du lundi, jeudi et samedi, entre shotokan, shito-ryu, krav-maga et full contact. Une structure d’un peu moins de cent licenciés, au budget de 15 000€ et dont le plus jeune pratiquant a quatre ans, soit soixante-neuf de moins que la plus âgée  elle prépare d’ailleurs sa ceinture noire », confie Catherine Pateaud, la présidente du club), pour une légère majorité de pratiquants masculins (55%). « Nous faisons partie d’une communauté de communes de 15 000 habitants, avec beaucoup d’associations sportives », explique Frédéric Blanquet. « On peut même dire que ce sont en grande partie les clubs de sport qui font vivre le territoire », ajoute Catherine, ceinture noire 1er dan, cadre supérieure dans la santé et qui préside aux destinées de l’association depuis 2015. Un constat qui guide l’action du bureau directeur et qui repose depuis plusieurs années sur deux piliers : démocratiser le karaté, en luttant contre les idées reçues sur la discipline, et proposer une pratique la plus diversifiée possible afin de répondre aux demandes de la population du territoire ussellois.

Déconstruire les clichés
« Lorsque l’on dit que nous sommes karatékas à des personnes du coin, on entend souvent les mêmes rengaines : “il faut être jeune”, “il faut être souple”, “le karaté est un sport violent et dangereux”,… », rapporte, non sans sourire, Catherine Pateaud. Cherchant un moyen de lutter contre ces clichés persistants, Frédéric Blanquet et Laurent Buisson ont, au début des années 2010, une idée ambitieuse pour les combattre : faire venir la crème du karaté tricolore. Une initiative qui pouvait alors paraître un peu audacieuse mais qui s’est avérée à la fois réussie et pérenne. « En 2012, nous avions invité, dans le cadre de notre forum des associations, l’équipe de France masculine de kata (qui deviendra médaillé de bronze aux championnats du monde à Paris deux mois après, NDLR) : Jonathan Plagnol, Jonathan Maruani et Romain Lacoste. L’idée était d’avoir des têtes d’affiche pour montrer ce qu’était vraiment le karaté aux familles et enfants de la ville. La réussite fut totale : ils n’ont pas arrêté de répondre à des questions et de signer des autographes toute la journée », explique Frédéric Blanquet.
Une action que le club a décidé de renouveler chaque année, invitant dernièrement l’équipe de France féminine de kata, ou il y a quelques années Alexandre Biamonti. Des têtes d’affiche de la discipline qui ont pu apprécier l’ambiance très familiale du club, puisque logés à chaque fois chez des pratiquants du club. « Cet état d’esprit est un peu l’ADN du club, estime Catherine Pateaud. Pour l’anecdote, Jonathan Plagnol, suite à sa venue en 2012, a pris sa licence chez nous quelques années. »
Karatéka depuis ses cinq ans au club, Vera Keskin, 1re dan et actuellement en terminale, confirme cette ambition. « Même si c’est parfois difficile à organiser, le bureau fait tout pour que tous les pratiquants puissent se connaître, par des stages ou des repas. L’ambiance est top avec des gens qui sont assez fidèles, comme moi, au club. »

Réactivité et adaptabilité
Une intuition confirmée par Frédéric Blanchet : « le taux de renouvellement est assez fort, ce qui prouve que nos actions depuis plusieurs années ne marchent pas trop mal. Pour autant, notre souhait est de voir grandir le club. Ainsi, chaque année, nous nous donnons comme challenge de briser notre plafond de verre d’une centaine de licenciés. Voilà pourquoi nous essayons d’être réactifs, voire d’anticiper les demandes qui émanent de la population. »
Une exigence qui a conduit le club à proposer un cours de full contact depuis le début du mois. Une initiative d’ores et déjà couronnée de succès puisqu’une trentaine de personnes étaient déjà présentes lors des quatre premières séances. « Nous avons mis en place ce cours pour offrir une pratique qui a la caractéristique d’avoir une approche sans doute moins technique que le karaté. Et pendant laquelle ils pourront se défouler, une demande récurrente après le confinement », analyse le directeur technique du club. Il en fut de même pour le krav-maga il y a quatre-cinq ans, avec des demandes liées à un sentiment d’insécurité grandissant et dont les cours désormais ne désemplissent pas.
Une réactivité qui a également poussé le bureau à proposer un nouveau mode de règlement pour cette rentrée 2020 marquée par la crise sanitaire liée à la Covid-19 : « une cotisation annuelle peut rebuter certaines personnes, avec la crainte d’un reconfinement. Voilà pourquoi nous avons proposé de régler au mois, ou même à la séance », raconte la présidente. Des initiatives qui semblent porter ses fruits puisque lundi 14 septembre, pas moins de soixante-quinze personnes étaient présentes sur le tapis. Un très bon démarrage qui surprend agréablement le bureau directeur du club, vu le contexte difficile pour les sports de contact. « Nous sommes un territoire assez isolé, où les gens se connaissent tous. Le bouche-à-oreille est notre principal support de communication. Et si le retour est bon, alors… », sourit Catherine. Souhaitant toujours voir plus loin, cette dernière et Frédéric réfléchissent déjà pour l’année prochaine à un gala du club et à ouvrir une section « jeunes » pour le krav-maga.
Anticiper, toujours.

Thomas Rouquette / Sen No Sen

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