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Steven Da Costa « La force de la famille » 

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Champion du monde en titre, vainqueur de l’avant-dernier tournoi « Premier League » et n°1 à la ranking list en -67kg, Steven Da Costa maîtrisait son destin olympique. Comment a-t-il géré la période et dans quel état d’esprit aborde-t-il un futur qui se dessine à peine ?

Comment as-tu reçu la nouvelle du confinement et du report des Jeux ?
C’est tombé d’un coup. Pendant un moment, on perd ses repères, il y a un peu un effet de choc, c’était une période bizarre. Mais c’est comme en compétition, on s’adapte. Au début, j’étais encore à deux entraînements par jour, avec un sentiment d’urgence. Il ne fallait pas perdre le rythme, être prêt à tout. Et puis, au bout de quelque temps, on a compris que ce serait long, et que c’était pour tout le monde pareil. J’ai fini par changer mon état d’esprit. J’ai commencé à me dire que ce n’était pas si mal, après deux ans d’un parcours du combattant vraiment très dur, de souffler un peu. J’ai même ressenti une forme de soulagement. Puisqu’il n’y avait rien d’autre à faire, autant récupérer en attendant la suite.

Tu étais sur ta lancée, qualifié pour les Jeux. Es-tu inquiet de perdre cet avantage ?
Non, je n’ai pas d’inquiétude de ce côté, je suis tranquille sur ma sélection pour les Jeux. Dans la phase sélective, il reste les championnats d’Europe que je dois faire normalement, et deux compétitions en plus… mathématiquement, c’est fait. J’imagine que si je n’étais pas qualifié, ce serait une période beaucoup plus difficile à gérer. De toute façon, pour préparer les Jeux, il faudra que je fasse des compétitions de préparation, je ne me vois pas aller à Tokyo pour ma deuxième ou troisième compétition de reprise. Et j’avoue que je commence à avoir vraiment envie de compétition ! Le Budokan, la salle où est organisée l’épreuve de karaté, je la connais, j’y suis allé deux fois mais je n’y ai jamais gagné ! La troisième sera la bonne.

Comment as-tu occupé ton temps ?
J’ai acheté une maison ! Je suis maintenant le voisin de mes parents. En fait, cela faisait déjà un an environ que j’avais fait cet achat et je n’avais pas pu m’en occuper autant que je l’aurais voulu. Autant dire que l’on a bossé ! On a passé toutes nos journées ensemble, c’était de très bons moments. Maintenant, on en est à la peinture. Cela fait neuf ans que je suis en équipe de France. C’est un grand privilège, mais c’est aussi de très fortes contraintes. Quand on est dedans, on ne les voit plus, mais du coup je profite vraiment de ce que je vis actuellement.

Denis Boulanger / FFK

Et pour l’entraînement ?
Évidemment, on ne fait pas relâche ! Comme je le disais, je ne suis plus à deux entraînements par jour, cela n’aurait pas de sens, mais j’ai la chance d’avoir la salle de la Mairie à disposition, mes frères et mon père, et c’est parfait comme ça. On n’a pas vraiment levé le pied. On se retrouve trois quatre fois par semaine et on se tape dessus ! Un peu moins de séances, mais toujours beaucoup d’intensité. J’ai des partenaires de haut niveau, c’est un énorme avantage. Une famille comme la mienne, c’est vraiment une force et j’ai vraiment pu le mesurer dans ces circonstances très particulières. Surtout quand j’ai pu voir combien d’autres ont parfois vraiment galéré et mal vécu cette période.

Tu maîtrisais la situation avant la crise, comment vois-tu la reprise ?
Il y a sans doute un peu d’appréhension, ou disons, des questions que l’on se pose. Comment vais-je me sentir au moment de retrouver le dur, par exemple ? Quel effet aura cette période d’inactivité sur moi ? Est-ce que les autres auront fait des progrès ? Mais, là encore, je me sens plutôt dans une pression positive. J’avais l’ascendant, j’étais dans une bonne dynamique, ça aide à envisager le futur. Il faut juste retrouver ça. Avec les premiers stages nationaux, on a fait beaucoup de préparation physique, des choses différentes, sans pression, c’est une bonne étape. On a même fait un triathlon ! C’est bien, ça change. Ça oblige à aller chercher des ressources, comme un compétiteur. Et rien que le plaisir de voir les autres, ça nous ramène à la normalité. Mehdi Filali est dans mon club, ça faisait six mois que je ne l’avais pas vu !

La situation reste encore floue, est-ce difficile de se projeter sur les compétitions à venir ?
C’est vrai, rien n’est encore très clair, mais l’encadrement a bien géré la situation jusque-là, avec beaucoup de cohésion, en nous poussant physiquement aussi, comme ces derniers jours à Montpellier. Il y a toujours un peu de doute, mais je ne suis pas vraiment inquiet. S’il y avait une deuxième vague, ce serait compliqué pour nous, c’est sûr, mais c’est la situation sanitaire qui commande. Il y a aura peut-être encore des annulations ou des reports, on verra bien… Si on doit annuler les championnats d’Europe, il faudra assumer. Ce sera moins grave que les Jeux ! Pour l’instant, je me prépare à faire mon retour sur Paris 2021 en janvier. Ce sera un beau rendez-vous avec tout le monde. J’ai hâte.

 

Propos recueillis par Emmanuel Charlot / Sen No Sen

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