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PL Lorient Karaté, un héritage et des ambitions

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Relancé il y a quelques années par une bande d’amis, tous plus passionnés les uns que les autres, le club morbihannais, clairement axé sur la compétition, connaît un véritable succès d’estime. Plongée au coeur d’une structure en train de devenir une référence régionale.

Ils ont la trentaine ou moins. Des amis, des frères. Une bande de potes, tombés dans la potion magique du karaté dès leur plus jeune âge. Aujourd’hui, les voilà aux manettes du PLL (Patronage Laïque de Lorient) section karaté dont la salle principale est située au cœur de la sous-préfecture du Morbihan, juste à côté du stade de football du Moustoir. Un club que certains d’entre eux connaissent depuis leur adolescence avec, comme premier professeur, Michel Kervadec, dont ils se savent et se veulent désormais les héritiers. Leurs noms ? Erwan et Julien Kervéadou, Alyssa Le Sénéchal, Nicolas Schmidt, Myriam Camus. Tous bénévoles, ils ont décidé de s’embarquer, ensemble, dans un excitant projet collectif. L’idée ? En faire un club un phare du karaté « compétition » dans le Morbihan et plus largement en Bretagne. Une ambition que cette équipe est en train de construire pas à pas. Erwan Kervéadou, 3e dan, président du club depuis cinq ans et enfant du PLL Karaté en retrace la genèse. « Je suis rentré au club à l’âge de quatorze ans. J’ai pratiqué cinq ans avant de partir à Poitiers pour mes études tout en étant dans l’équipe enseignante. En effet, j’intervenais au club quand je revenais pour les vacances, où je m’occupais particulièrement des compétiteurs combat. À mon retour définitif, prendre la présidence du club a été pour moi complètement naturel. J’avais toutes les cartes en main pour cela. » Le PLL ? Un club fondé en 1995 et qui compta, à son apogée, cent dix adhérents dont une majorité d’enfants et… de femmes.

« La passion et l’amitié sont l’essence du club »
Il y a trois ans pourtant, le club doit être mis en suspens durant une saison. « J’étais désormais le seul intervenant technique. Or, étant par ailleurs chef d’entreprise, mon emploi du temps professionnel ne me permettait pas d’assurer les cours. J’ai donc décidé de mettre en sommeil le club, le temps de bien m’entourer » explique Erwan Kervéadou. Il relance l’association quelques mois plus tard avec, à ses côtés, son frère Julien, Nicolas Schmidt et Alyssa Le Sénéchal.
Il s’agit de perpétuer, bien entendu, l’héritage. Mais aussi, poser leur propre « patte ». L’évolution dans la continuité en somme. Cela passera par l’idée de faire du PLL le club breton de référence en matière de compétition. « Nous sommes tous les quatre de la même génération, pose Alyssa, 28 ans et 2e dan. On se fréquente depuis tout petit. On a tous connu le niveau national en compétition. Il y a donc un véritable partage de savoirs communs et au-delà un socle, une philosophie qui nous unissent. » Julien Kervéadou, qui est aussi son compagnon à la ville, complète : « L’amitié et la passion qui nous lient sont l’essence même de notre club ». La passion au service d’une ambition qui se traduit par une croissance constante du nombre de licenciés, au nombre de soixante-dix cette saison. « Si nous avons encore très peu de seniors, je sais que cela va venir. La majorité est composée de benjamins et de minimes et cela permet de voir loin » se projette Erwan. Au niveau pédagogique, les choses sont claires : le travail dans le plaisir. « Notre idée est que les pratiquants, et particulièrement les enfants, sortent des cours avec de grosses gouttes de sueur, un sourire et des amis aussi, car on le sait, à la fin, c’est ce qui restera. À nous de les amener loin dans la pratique, de leur faire comprendre, comme ça a été le cas pour nous, qu’elle peut les amener à partager énormément et qu’elle va pouvoir les accompagner toute une vie. »

Devenir un club référence
Un accompagnement qui passe, pour « la bande des quatre », par la pratique en compétition. Un juge de paix de son travail et de sa personnalité. Comme cela a été le cas pour eux. « Que ce soit dans mes études ou ma vie professionnelle (il est gérant d’une entreprise de conseil et formation numérique, NDLR), l’apprentissage de la gestion du stress, grâce aux compétitions de karaté, m’a toujours beaucoup aidé », explique Erwan. Une vision qui amène les professeurs à proposer un accompagnement – « nous sortons vingt week-ends par an en moyenne », note Alyssa Le Sénéchal – et une logistique significatifs : quatre entraînements par semaine pour les compétiteurs sur les huit créneaux dont dispose le club. Chacun s’investissant selon ses compétences : à Erwan et Alyssa les cours combat, à Nicolas Schmidt, les cours kata. Une direction donnée au club dont l’ambition est claire : devenir la référence bretonne. Un dessein dont les premières esquisses sont déjà là. « La saison dernière, nous avons fini meilleur club du Morbihan et de Bretagne en combat et en kata », note Erwan Kervéadou. Les jeunes poussent bien sous le climat lorientais : Abdenour Azizi a terminé 2e de la coupe de France universitaires et 5e des championnats d’Europe universitaires (individuels et par équipes) en -67kg ; Melwyn Audren pointait à la septième place des championnats de France minimes en -45kg. Forte sur son ura-mawashi-geri, cette jeune fille, déjà repérée par le staff national, loue « les initiatives du club pour les compétiteurs. Il y a la préparation physique d’Alyssa (coach sportive dans la vie professionnelle, NDLR) mais aussi les stages organisés pendant les vacances scolaires du côté de Vannes. Avoir deux professeurs qui vous suivent tout le temps est un véritable plus en termes de travail technique. » Cette année, le club déjà phare dans le Morbihan, compte entre dix et quinze compétiteurs de niveau national.

Une appétence pour la compétition qui passe, aussi, par l’organisation d’une compétition, devenue un incontournable au calendrier : l’Open de Bretagne. Organisé fin septembre 2019, ce dernier avait réuni plus de 250 compétiteurs. « Pour l’édition 2020, nous espérons atteindre les 300 participants. L’évènement sera désormais sur deux jours du combat et du kata » explique le président du club. Tout le karaté breton (et français) a hâte d’y être pour effacer cette fin de saison tronquée.

Thomas Rouquette / Sen No Sen

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