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GregMMA « S’enrichir toute sa vie »

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Si ses vidéos cumulent des millions de vues sur le net, cantonner GregMMA à sa seule casquette de Youtubeur serait une erreur. Fidèle au karaté shotokan, par lequel il est entré dans le monde des arts martiaux, Gregory Bouchelaghem, qui vient de proposer deux stages de karaté mix aux licenciés de la FFK, est devenu un explorateur au fil des années, guidé par l’efficacité et la transmission.

Quel est le point de départ de ton aventure martiale

Tout a commencé à l’âge de dix-sept ans du côté de Magnanville, dans les Yvelines. Comme beaucoup, les films et les mangas avaient bercé mon adolescence, m’imprégnant de cette philosophie orientale qui m’attirait. Terrasser quelqu’un avec un seul coup, c’est l’image que j’avais du karaté, et je me suis retrouvé au cours d’Éric Malacarnet. Grand, souple et surtout pas agressif du tout, ça m’allait bien de garder un peu de distance avec mon adversaire. La boxe me faisait un peu peur par exemple. J’ai tout de suite adhéré au shotokan : ce travail technique pointilleux et cette rigueur qui m’ont toujours guidé depuis. Je ressortais rincé de chaque entraînement, avec la sensation d’avoir, à chaque fois, appris quelque chose de nouveau. C’est d’ailleurs cette richesse, qui m’est aussitôt apparue évidente, qui a fait germer en moi cette vision de vouloir étoffer mon panel technique.

Quelle a été ta démarche ?

Alors que je débutais le karaté, je suis tombé un jour sur des cassettes de l’UFC 1993. En les visionnant, je me suis rendu compte que mes seuls coups de pied étaient bien insuffisants pour prétendre devenir un véritable artiste martial. Sur les conseils d’Ali Mihoubi, je me suis retrouvé au club de Pancrace d’Akio Long à Plaisir. J’y ai enfilé les gants, non sans crainte, et mes débuts furent assez difficiles. Ça a totalement remis en question ma pratique, mes lacunes aux poings et au sol étant ainsi clairement identifiées. J’y ai donc ajouté du jujitsu brésilien, en suivant les séances de David Pierre-Louis au Dojo 5, et la complémentarité de toutes ces disciplines m’a plu, au point de faire du MMA mon véritable objectif. L’idée d’être le plus fort, de devenir le champion ultime, celui qui met tout le monde d’accord, voilà ce qui m’intéressait finalement. Et c’est toujours le cas, au-delà de ma carrière de combattant professionnel que je juge correcte et qui me rend fier car j’ai su dépasser mes peurs pour aller, contre ma nature, au-devant du danger. Paradoxalement, cette envie de combat est devenue irrépressible.

Est-ce ce qui te guide encore aujourd’hui ?

Je suis un véritable passionné, qui a besoin d’apprendre jour après jour pour que le plaisir perdure. Si je m’ouvre à tous les spectres, c’est vraiment dans cette optique de tout savoir sur l’efficacité. La genèse de mes vidéos se trouve d’ailleurs là : moi qui lisais beaucoup, les ouvrages de Kenji Tokitsu notamment, pour comprendre le pourquoi du comment, je souhaitais répondre à toutes mes questions d’adolescent et celles qui me sont venues ensuite. Qui sortirait vainqueur d’un duel entre un karatéka et un boxeur ? Qu’est ce qui fonctionne vraiment dans un combat de rue ? Et vu que j’aime bien faire le rigolo, ça a plutôt bien pris. De l’humour, de la bagarre et surtout des connaissances à partager, le combo est juste parfait.

Quels messages portes-tu devant la caméra ?

Je me fais avant tout plaisir dans ce que je fais, c’est la clé pour continuer de tourner depuis toutes ces années. Derrière le ton léger des vidéos, je pense aussi que le respect, la bienveillance et l’humilité, qui font partie de ma personnalité, sont des notions qui rejaillissent bien à l’écran. Et puis je sais de quoi je parle ! J’ai été combattant de karaté, de kenpo, de sambo, de Vo Thuat et de MMA, certes, mais je suis surtout professeur de club, en prenant d’abord la relève de mon professeur au karaté après avoir obtenu mon Diplôme d’État. Voilà plus de vingt ans que j’aiguise ma pédagogie, en n’hésitant pas dès le début à croiser les univers. Dans mes cours de karaté, j’ajoutais régulièrement des projections, des clés que l’on pouvait retrouver dans les bunkai. Tout cela fait que j’estime être crédible dans ce que je propose. Et si certains viennent en stage avant tout pour voir le Youtubeur, j’espère qu’ils repartent avec quelques petits déclics techniques en tête. Comme c’est mon cas à chaque nouvelle rencontre dans le cadre de mes tournages. Je m’étonne toujours de la technique employée, du coup d’œil que chacun a pu développer dans son domaine de prédilection. Il faut se nourrir de tout cela.

À travers ces deux stages de karaté mix, tu faisais en quelque sorte ton retour dans la famille du karaté. Qu’en as-tu pensé ?

Avoir cette reconnaissance de la Fédération française de karaté qui a fait appel à moi m’a évidemment fait plaisir. J’ai retrouvé cette rigueur technique et cette absence d’à peu près sur le tapis qui guident les karatékas en club. Mon premier professeur m’a toujours dit qu’il fallait sans cesse insister sur les fondamentaux, jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement maîtrisés. C’est là que l’art martial prend d’ailleurs tout son sens. Celui qui pense avoir fait le tour de la question ne peut plus être motivé, et il faut donc cultiver cette curiosité pour perdurer. Quand je vois des septuagénaires encore vifs sur le tapis, je sais qu’ils ont gardé leur regard d’enfant, pour continuer d’apprendre par le jeu. De mon point de vue, c’est essentiel de conserver ça auprès des pratiquants adultes, sous peine de les voir quitter le navire un jour ou l’autre. Ils auraient tort d’ailleurs, car je peux vous certifier que le karaté possède tout ce qu’il faut.

C’est-à-dire ?

Pour séduire tous ceux qui veulent découvrir les arts martiaux et approfondir par la suite, le karaté dispose de plus d’armes que des disciplines comme la lutte ou la boxe par exemple. Chacun va y trouver son compte. Il y a par exemple le kata, qui enseigne la discipline et la précision, et constitue à la fois un travail structurant pour la jeunesse et propice à la longévité par ses perspectives de renforcement musculaire. À côté, le combat réunit tous ceux qui aiment la confrontation, avec cette recherche de souplesse et de vitesse qui fait des meilleurs pratiquants de véritables virtuoses. J’ai admiré les Seydina Baldé, Gilles Cherdieu, Christophe Pinna ou encore Yann Baillon – contre qui j’ai combattu aux championnats de France en 2000, où j’ai fini troisième après avoir notamment battu Seci Mecheri… Tous ces champions « tueurs à gage » avaient du style. En définitive, le karatéka est capable de se mouvoir des orteils au bout des doigts comme une danseuse, dans le sens positif du terme. Pour ce qui est du karaté mix, j’y vois une pratique qui revient aux origines du karaté, à ses ambitions premières d’art de la main vide. Il y a là de quoi s’enrichir toute sa vie.

Les stages avec GregMMA en images

Stage de Karaté Mix avec GregMMA – Nord 66 photos
Stage de Karaté Mix avec GregMMA – Sud 90 photos
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Propos recueillis par Antoine Frandeboeuf / Sen No Sen

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