Areski Ouzrout, une nouvelle approche

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Formateur de formateurs à la FFKaraté, Areski Ouzrout, 7e dan, propose son dernier livre « Karaté, une nouvelle approche », Budo Editions. En chercheur, il se pose la question de la transmission la plus pertinente et propose aux lecteurs le résultat de ce travail, qu’il considère en un sens comme collectif. À découvrir absolument.

Comme un symbole de son avenir, c’est d’abord dans les livres que, jeune homme, il découvre le karaté. « J’aimais beaucoup de choses, mais le karaté, cela m’attirait pour la dimension « autre ». C’était comme un appel ». Un passage dans le club de son quartier, puis la visite à Vincennes pour découvrir Jean-Pierre Lavorato et comprendre que ce qu’il cherche se trouve là. L’année suivante, Jean-Pierre Lavorato part dans le Sud et Areski Ouzrout suivra avec le même enthousiasme les enseignements de Pierre Berthier et Jean-Louis Morel. Puis, en temps et en heure, c’est le passage par la formation au professorat. « À vrai dire, je n’en éprouvais pas vraiment le besoin à l’époque, mais je l’ai fait pour accompagner un collègue, en me disant que ce serait bien de sortir un peu du club, pour approfondir ce que j’avais appris. Finalement, j’ai adoré l’expérience, qui est devenue essentielle dans mon parcours. Dans un dojo, la relation est forcément plus verticale. Dans ces formations, au fond, tout le monde amène quelque chose, ne serait-ce que ses questionnements. C’est beaucoup plus horizontal et je pense que c’est le seul moment où l’on partage autant dans une pratique martiale. Quand on y pense, il n’y a pas tellement d’autres expériences qui proposent ça, ni dans les stages, ni dans les compétitions. À l’école des cadres, tout le monde a la parole et en ce qui me concerne, cela m’a fait grandir ».

 

 

Assumer de montrer ce qu’on propose

Un Brevet d’État, puis le deuxième degré dans la foulée. Les formateurs repèrent rapidement son esprit de synthèse et son goût pour la communication, au point de lui proposer d’intégrer l’équipe. Depuis, Areski Ouzrout a continué à creuser son sillon en se formant par de nombreux stages, notamment au Japon et à Okinawa, en passant ses grades et en mariant sa vie professionnelle. Éducateur au ministère de la justice dans le cadre de la protection judiciaire de la jeunesse avant d’intégrer un collège comme conseiller principal d’éducation, deux activités qui l’ont amené à beaucoup travailler sur le contrôle de soi, la gestion des émotions et les bonnes attitudes à adopter vis-à-vis des autres.

Il a aussi écrit des livres. « J’ai écrit dès les années 1990, sur un blog. Le premier livre, c’est dans le cadre de mon mémoire pour le 6e dan. J’avais travaillé sur le bunkaï et j’avais beaucoup d’éléments que j’ai rassemblés, ce qui donnait un ouvrage. Sans trop d’attentes, je l’ai proposé à Budo Éditions, qui l’a accepté immédiatement. Cela m’a donné de la motivation pour continuer dans cette voie. Il me semble que, comme les chercheurs qui doivent publier leurs travaux, les formateurs ont plus ou moins le même devoir de mettre en forme, de proposer une synthèse de leurs réflexions. Dans mon approche, j’ai tendance à remettre en question l’enseignement classique. Dans cette recherche de sens et d’efficacité pédagogique, il était logique que je montre ce que je propose à la place. L’école des cadres est un lieu d’échanges permanents. Mes livres sont aussi le résultat de ce bouillonnement ».

 

Droits réservés Areski Azrout

 

Une approche plus efficace pour un apprentissage plus rapide

Son troisième livre – une somme de plus de cinq cents pages splendidement illustrées par les photos de Nicolas Maternik – s’intitule « Karaté, Une nouvelle approche ». Mais de quelle nouvelle approche s’agit-il ? « On a tendance à ne pas remettre en question ce qui est posé comme indiscutable. Par exemple, on nous parle toujours de techniques de défenses et de techniques d’attaque, comme s’il s’agissait de deux corpus indépendants, alors que cela ne fonctionne pas du tout comme ça. C’est ce qu’il faut déconstruire d’abord pour mieux répondre à la question. Par ailleurs, les mots du japonais sont souvent très mal traduits, ce qui crée de la confusion et des contresens dont il faut sortir ». L’ambition du livre est d’accompagner le pratiquant à tous les niveaux, du débutant jusqu’à l’enseignant, avec des remarques spécifiques adaptées à chaque public. Le concept clé ? Un classement des techniques par zones du corps, ce qui permet de travailler de façon plus cohérente et efficace l’ensemble des techniques, par exemple le bord interne de l’avant-bras. Atout-maître, l’ouvrage offre aussi de très nombreux protocoles d’apprentissage qui peuvent vous accompagner et vous faire progresser sur des années.
Areski Ouzrout sait déjà ce qui fera le thème de son prochain livre. En attendant, le pratiquant passionné par sa propre progression – et éventuellement celle des autres – aura tort de rater le rendez-vous proposé par celui-ci. Un travail majeur qui attend de rencontrer ses lecteurs pour les aider à dynamiser leur pratique ou leur enseignement. Et la qualité de la réalisation de Budo Éditions en fait un beau livre qui arrive juste à temps pour Noël.

Emmanuel Charlot / Sen No Sen

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