La France 2ème nation au classement
« Beaucoup s’en contentent, c’est une place honorable mais nous visons toujours la première place. Il reste du travail à faire, des choses à améliorer notamment sur les cadets et sur les katas, des choses à changer aussi bien du côté staff et que des athlètes. Nous avons fait le point, il y a des points positifs sur lesquels nous nous appuyons. Les choses sont en construction. Sur cette dernière journée, nous terminons avec la catégorie espoirs qui obtiennent 3 médailles et une 5ème place (Ilyès Klouz) que je précise car elle a focalisé une grande partie du public. »
Les trois médaillés
« Sophia Bouderbane (-50kg) remporte la médaille d’or. Elle a éclaboussé le championnat de son talent. Tout au long de la journée, c’était elle « la patronne » notamment au niveau du rythme, alors qu’elle avait été quelques fois blessée au niveau de sa préparation.
Aujourd’hui elle a tout balayé et n’a jamais été inquiétée. Steven Da Costa (-67kg) est en argent. Cela fait quatre fois qu’il perd face au même turc (Uygur), en faisant la même erreur. On ne peut pas le blâmer car il essaie de trouver la solution mais le turc lit bien son karaté. C’est sa bête noire ! Mais la solution est stratégique et il doit la trouver. Ce sont les 2 meilleurs mondiaux actuellement et ils se retrouvent donc souvent en finale. Mais le turc n’est pas infaillible (Marvin Garin l’a d’ailleurs battu à l’Open de Paris). C’est un adversaire contre lequel Steven doit montrer un autre visage, il doit proposer un autre karaté, que ce soit au niveau de la distance et de la pression qu’il impose sur le combat. Son frère Jessie Da Costa -84kg remporte une très belle médaille de bronze, avec une attitude parfaite. Il perd contre un turc (Aktas, champion du Monde) au 1er tour et fait ensuite tout le parcours de repêchage derrière. Il a fait preuve d’orgueil, il n’a pas accepté d’avoir perdu et a été chercher sa 3ème place qui est amplement méritée. »
Les déceptions
« En revanche côté déception, il y en a 6. Les espoirs sont habitués à ce genre d’événement et participent aux compétitions seniors. Andrea Brito (-55kg, défaite au 3ème tour) n’a pas encore trouvé ses marques dans cette catégorie au niveau international alors qu’elle brille déjà en senior. On peut probablement l’expliquer par une volonté de trop bien faire, de trop faire, qui dénature son karaté. A ce niveau cela ne pardonne pas. Imane Hassouni (-61g) perd au premier tour alors qu’elle finit 3ème aux derniers championnats du Monde. Il s’agit d’une « faute professionnelle ». Elle se jette sans réfléchir. Le premier tour est toujours délicat et elle n’a pas su le gérer. Ce qui est rageant, c’est qu’elle perd contre une fille qui est moins forte qu’elle. La sélection sera forcément remise en question. Corentin Seguy (-75kg) perd contre un hongrois habitué aux podiums internationaux senior au premier tour. Le hongrois perd ensuite et ne le repêche pas. Corentin a souvent des tableaux difficiles mais il faut passer le cap. Il doit croire en lui, c’est un garçon sérieux mais il doit travailler l’agressivité. Sandy Serfati (-61Kg) subit également l’écueil du premier tour (2/3 face à la biélorusse). Elle s’est battue, elle a travaillé et a fait preuve d’engagement mais ça n’a pas été suffisant face à une adversaire qui avait déjà fait un combat. Le résultat est ce qu’il est. C’est une fille qui a un avenir mais il faut qu’elle le prouve. Il faut qu’elle réponde présent sur les grands rendez-vous. Chloé Dabbadie (+68kg) s’incline au premier tour pour sa première compétition internationale. Elle a manqué d’expérience et de recul par rapport à ce genre d’événement. »
Mention spéciale
« Le gros point positif a été la demi-finale d’Ilyès Klouz (+84kg) pendant laquelle les trois quart du stade se sont alliés à l’Equipe de France pour le soutenir dans ce combat. Il s’est battu et n’a malheureusement pas eu la récompense de la médaille au bout. Mais ce sont des moments qui font chaud au cœur, qui sont bons à vivre, et qui ont montré que l’Equipe de France était soudée et unie pour soutenir chaque athlète. Cela ne se traduit pas encore par une émulation vers le haut mais le plaisir de vivre ensemble est évident. »
« L’ensemble des entraîneurs (Jonathan Maruani, Ayoub Neghliz, Alexandre Biamonti, Ludovic Cacheux, Franck Bisson) le staff médical et moi-même avons aimé être à leurs côtés dans les bons moments et dans les moments difficiles. Pour conclure, je confirme que l’objectif est que la France soit première nation, mais il faudra du temps ! » Gilles Cherdieu
