Monde Tenerife – Jour 2 «Journée frustrante»
Alors que la seconde journée des Championnats du Monde Cadets / Juniors / Espoirs, qui se déroulent à Santa Cruz de Tenerife (Espagne) du 25 au 29 octobre, voyaient s’aligner les combattants juniors, le clan tricolore, à l’image de la veille, a été décevant.
Pour cette deuxième journée, les combattants juniors étaient à l’œuvre, mais uniquement pour les phases éliminatoires, les finales et bronzes ayant lieu demain, vendredi 27 octobre. Bilan.
La journée était lancée pour le clan tricolore par Manon Martinez, engagée chez les -53kg. Pour son premier tour, la française rencontrait l’irlandaise Moylan, face à qui elle marquait le premier point du combat. Malgré les tentatives irlandaises pour reprendre l’ascendant, la française tenait bon, et s’imposait 5/5. Pour son second tour, toujours aussi déterminée, elle s’adjugeait un 4/0, avant de buter au tour suivant sur la croate Pehar. Cette dernière s’inclinait dans les tours, et privait la tricolore d’espoirs de médailles mondiale.
Quasi simultanément, Louloa Valsan (-48kg) débutait sa compétition, sur le tatami n°1. Opposée à la serbe pour son tour de chauffe, la française encaissait le premier point, mais parvenait à égaliser rapidement. Le senshu étant à la faveur de son adversaire, la tricolore devait remiser, pour passer devant. Sanctionnée à trois reprises pour contact excessif, elle finissait par prendre l’ascendant grâce à un gyaku au corps, avant de gérer parfaitement la fin de son combat. Score final 2/1, la française poursuivait son parcours. Pour son second tour, elle affrontait une allemande, à laquelle elle infligeait 5/0, avant de s’incliner sur l’égyptienne, qu’elle n’est pas parvenue à dominer. Cette dernière se qualifiant pour la finale de la catégorie, elle permet ainsi à la tricolore de concourir demain pour le bronze mondial.
Chez les garçons, l’ouverture de la compétition revenait à Kajith Kanagasingam, champion d’Europe en titre chez les -61kg. Si son adversaire prenait les devants, en marquant le premier point, le français ne se décourageait pas, et revenait au score, avant de passer devant. Pour son second tour, l’histoire était plus compliqué. Mené 3/0, Kanagasingam revenait à un point de son adversaire. Une ultime technique, un mawashi lancé à la dernière seconde lui permettait de passer devant. Score final 4/3, c’était juste. Au tour suivant, le français gérait avec brio son combat, et s’imposait 4/3 face au belge de la catégorie. Toutefois, lors du match suivant, le tricolore butait face à l’azéri 1/3. Son parcours s’arrêtait net, avant de voir l’espoir d’un bronze mondial apparaitre. Son vainqueur se qualifiant pour la finale, il permettra à Kanagasingam de tenter sa chance demain lors des repêchages.
Chez les -55kg, Aghiles Sehrine entamait sa compétition avec beaucoup d’entrain. Malgré plusieurs tentatives, coups de pieds au corps, techniques de poings, etc… le français ne parvenait pas à s’imposer. Il s’inclinait 0/1. Son vainqueur ne se qualifiait pas pour les phases finales, et privait ainsi le jeune tricolore d’une opportunité d’aller chercher une médaille bronzée.
Pour Julie Grech (+59kg), le scénario était similaire. Elle s’inclinait 1/2, malgré plusieurs tentatives et une envie perceptible de bien faire.
Elle ne sera pas repêchée non plus et voit ainsi ses rêves de médailles mondiales s’envoler.
La suite était prise par Assia Oukhattou, qui tirait chez les -59kg. Pour ses deux premiers tours la française était intraitable. Elle faisait preuve de beaucoup d’engagement et s’imposait aisément, d’abord 5/0 puis 8/1. Pour son troisième tour, la cliente était de taille, la bulgare Goranova, championne d’Europe en titre. Malgré cela, la française ne lâchait rien et parvenait à coller au score. Elle s’inclinait tout de même 4/5, mais était repêchée grâce à cette dernière. Si son parcours de la journée s’arrêtait ici, il reprendra demain, avec l’espoir d’une médaille de bronze au bout du parcours de repêchages.
Toutes les catégories féminines étaient passées, lorsque Kilian Cizo (-68kg), gros espoir de la journée, entrait en piste. Lors de son premier tour, le français faisait preuve d’un karaté agressif, à l’instar de son adversaire, mais pas suffisant pour marquer aux yeux des arbitres. Si le score final était vierge, le français s’imposait à la décision 4/1. Une mise en jambes poussive, qui ne permettait pas au tricolore de s’imposer face à l’égyptien lors du tour suivant. Ce dernier s’imposait 3/1 face au champion d’Europe en titre. Toutefois, grâce à la qualification de son bourreau pour la finale, Cizo aura l’opportunité de tenter d’aller chercher le bronze ce vendredi 27.
En -76kg, la désillusion fut sévère. Hassan Bettache qui s’élançait face à l’égyptien Mohamed, encaissait deux points rapidement. Son adversaire le projetait alors à deux reprises, et suivait avec une technique à chaque fois, abrégeant ainsi le combat à une minute de la fin du temps règlementaire. Score final 0/8. S’inclinant dans les tours, il privera le français de repêchages.
Enfin, dernier tricolore engagé, Yaël Joly (+76kg), n’est pas parvenu à inverser la cadence tricolore de la journée. Il s’inclinait 0/4 face à l’australien de sa catégorie, lors de son premier tour.
Une journée décevante, sans aucune qualification en finale, et avec seulement quatre possibilités de médailles de bronze, à aller chercher au bout de parcours de repêchages demain vendredi 27 octobre.
Yann Baillon, directeur des équipes de France, dresse un premier bilan, à l’issue de cette seconde journée.
« C’est une journée frustrante sur le plan des résultats. Nous n’avons pas eu de bonne surprise, et les athlètes attendus, au regard de leur palmarès, n’ont pas confirmé. Je pense à Kajith Kanagasingam, ou encore à Kilian Cizo. Ils sont tous les deux champions d’Europe en titre, chacun dans leur catégorie respective, et ils s’inclinent dans les tours.
Quand on regarde dans le détail, on se rend compte que ça se joue souvent à peu de choses, sur des erreurs tactiques. Les stratégies mises en place en amont n’ont pas été tenues tout au long de la journée. Parfois même pas tout au long d’un combat. On se rend compte que lorsque la pression monte, que le combat se durcit, face à certains adversaires, comme par exemple l’Egypte, les stratégies ne sont plus respectées. C’est un point identifié, sur lequel nous allons désormais travailler. Il faut remettre en place des choses simples, mais qui sont systématisées. »
La compétition, qui se poursuit demain à partir de 11h (Heure de Paris / 10h heure locale), sera dédiée aux katas par équipes et aux phases finales ainsi qu’aux repêchages des combattants juniors toutes catégories.
Pour suivre la compétition en direct : www.twitter.com/ffkarate #KarateTenerife2017
