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Karaté

Shorinji kempo, défendre une vision martiale

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Responsable de l’organisation de la récente coupe de France, Didier Chaigneau, sixième dan et professeur à Parthenay, dans les Deux-Sèvres, fait le point sur les enjeux de la discipline.

« Le shorinji kempo compte un millier de pratiquants répartis dans trente-six clubs. D’un point de vue statistique, la situation est bonne puisque nous avons retrouvé nos effectifs d’avant covid, ce qui a été un enjeu pour tous les sports de combat. Au niveau géographique, la pratique est très présente en Île-de-France et sur la côte ouest avec la présence d’une figure de la discipline : Michel Tesson. Cet expert a obtenu son septième dan au Japon il y a cinq ans, une récompense rare puisque seulement sept personnes portent ce grade en Europe dans notre discipline ! Michel Tesson a fondé le premier club de shorinji dans l’ouest de la France, à Saint-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique), en 1976. Sous son enseignement, plusieurs de ses élèves ont ouvert des structures à Cholet et dans la périphérie de Nantes pour faire de cette région une place forte de notre style. Le stage national « côte ouest », dirigé par Hiroshi Aosaka a d’ailleurs eu lieu les 4 et 5 novembre derniers à Saint-Luce-sur-Loire.

©Patrick Urvoy – Hiroshi Aosaka lors du stage national des experts japonais en 2023

« Une pratique très traditionnelle et ritualisée qui plaît »

Un vrai succès puisque cent trente participants étaient présents. Le dernier stage national de la saison se tiendra quant à lui à Bruxelles les 8 et 9 juin chez Philippe Chazerand, cinquième dan. Ce sera le deuxième stage organisé dans cette ville après celui de 2018. L’idée ? Changer de cadre et d’échanger avec d’autres pratiquants que ceux rencontrés régulièrement sur les événements nationaux. Nous sortons de la coupe de France qui s’est déroulée en trois temps : un examen de grade, l’épreuve de compétition et un stage. Sept candidats se présentaient pour l’obtention de la ceinture noire, près de quatre-vingts combattants étaient présents et cent quatre-vingts pratiquants étaient inscrits pour le stage où l’on proposait deux thématiques : le goho, c’est-à-dire les techniques de coups de poing et coups de pied, et le juho qui englobe les dégagements, les projections et les clés de bras.

Notre discipline, il faut être sincère, attire bien plus les trentenaires et quadras, notamment par intérêt pour le Japon et sa culture – les enfants de la première génération manga – mais aussi pour l’aspect self-défense de notre style, qui est la pierre angulaire de son identité. Il y a toujours une approche théorique pendant les cours, afin d’apporter et de défendre une vision martiale, au-delà de la technique. D’ailleurs, lors des examens de grade, l’une des épreuves porte sur les aspects philosophiques de la discipline, sous forme d’un oral avant la ceinture noire, et d’un écrit pour l’obtention de celle-ci. Pour les grades les plus élevés, il y a même près de quatre cents mots en japonais à connaître ! Le shorinji kempo est une pratique très traditionnelle et ritualisée qui plaît à cette génération. »

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