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France Karaté

La FFK honore ses champions

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Les médaillés des derniers championnats du monde étaient conviés au siège de la fédération en fin de semaine passée pour une mise à l’honneur. Comme un symbole, la soirée était parrainée par Dominique Valéra, 10e dan et champion du monde par équipes en 1972. Comme un passage de témoin.

« Le sempai, au Japon, c’est celui qui protège. Dominique Valéra, c’est celui qui me protège, il le faisait déjà en équipe de France quand nous étions à votre place, compétiteurs. Alors être réunis ce soir autour de vous, c’est un beau symbole ». Francis Didier sait trouver les mots quand il s’agit de narrer l’histoire du karaté, mais il y avait sans doute un peu plus que ça en fin de semaine passée au moment d’honorer les médaillé(e)s des derniers championnats du monde. D’une équipe de France soudée, il en était question, au-delà des discours et des mots émus des uns et des autres. Autour d’un collectif qui porte bien son nom.

« Je ne me suis jamais sentie aussi bien sur un championnat, posait Virginie Boyer, médaillée de bronze en Hongrie. Avec cette équipe, ces garçons, ces filles, avec des vies et des âges pourtant différents, nous nous transcendons. Les mots du DTN et du président font chaud au cœur, c’est même très émouvant. Ce n’est pas mon meilleur résultat (elle était vice championne du monde 2021, NDLR), mais cette ambiance est de plus en plus incroyable. Il y aura un avant et un après Budapest pour moi. » Sur le podium lui aussi, Nohan Dudon (catégorie déficients visuels), brillant étudiant en L3 Staps à Marseille, soulignait la reconnaissance de la communauté karaté. « C’est gratifiant d’être ainsi mis à l’honneur, d’autant que c’est une première pour moi, et il y a forcément un sentiment de fierté. C’est aussi l’occasion de se voir tous dans un autre contexte avec des médailles paras qui sont présentées avec autant de valeur que celles des valides. C’est grâce à cela que les choses évoluent. »

® Denis Boulanger

Un geste de classe

Deux titres mondiaux pour Medhi Filali et Steven Da Costa, le bronze pour Alizée Agier, Laura Sivert, Nohan Dudon et Virginie Boyer, et celui de l’équipe combat masculine formée par Enzo Berthon, Kilian Cizo, Jessie et Steven Da Costa, Mehdi Filali, Thanh-Liêm Lê et Younesse Salmi… Yann Baillon, directeur technique national soulignait l’esprit de combat de l’ensemble des Français à l’image de cette équipe combat portée par Thanh-Liêm, Enzo Berthon et Jessie Da Costa pour aller décrocher le bronze mondial face au Kazakhstan alors que les deux champions du monde individuels avaient fait défaut lors des deux premières rencontres. Une performance majuscule et un beau geste, hors du tatami, resté discret. En sortant de cette troisième place, Steven Da Costa a en effet instinctivement proposé de donner sa prime à Mohamed El Kobty qui avait réalisé toute la préparation avec le collectif mais n’avait pas obtenu le droit de tirer pour la France de la part de la fédération égyptienne. « La France, tu l’as dans le cœur, tu l’as prouvé, merci, cette médaille est effectivement aussi la tienne », exprimait Francis Didier au médaillé mondial 2014 licencié à Sarcelles de 2018 à 2020 puis à Team FKA de 2020 à aujourd’hui. Un geste spontané, souligné par Yann Baillon et Francis Didier, qui honore évidemment le champion olympique et triple champion du monde, et illustre aussi parfaitement l’esprit de cette équipe. Et Yann Baillon de préciser devant les médaillés, les entraîneurs et une partie du personnel fédéral : « je souhaitais que Steven devienne le leader de cette équipe. En gagnant évidemment, mais en apportant aussi son leadership. Par ton discours, ton humilité et ton comportement, l’équipe est devenue plus forte, chacun a fait plus grâce à toi. » Excusée pour raisons professionnelles, Alizée Agier et Laura Sivert, Yann Baillon ne manquait pas de souligner respectivement « l’engagement hors norme et la force de caractère ». « Ce sont des petits moments qui restent, même quand il faut venir de loin, expliquait pour sa part Jessie Da Costa, tout juste sorti de sa garde d’infirmier et venu directement de Meurthe-et-Moselle. On les aime aussi parce qu’il y a cette proximité avec le staff qui rend toute cette aventure sportive très spéciale. On se considère tous mutuellement, je dis bien tous. » Le mot de la fin allait à l’inénarrable Dominique Valéra au moment de prendre la pause « des légendes » avec Steven da Costa, désormais le plus titré de l’histoire du karaté français. « Mieux vaut être une légende vivante qu’un mythe mort » lançait-il à son jeune héritier, hilare. Un très joli tableau de famille.

Une mise en valeur qui fait suite à celle d’Alexandra Recchia il y a trois semaines. La FFK avait en effet choisi de réunir les proches, amis, familles, entraîneurs et athlètes autour de la double championne du monde individuelle (2012, 2016) et triple championne du monde par équipes (2010, 2012, 2016) pour honorer la carrière exceptionnelle de celle qui exerce désormais brillamment comme avocate en droit du travail.

Olivier Remy / Sen No Sen
Photos : Denis Boulanger / FFKaraté