Championnats d’Europe seniors : expérience et insouciance en combat
Avec cinq médaillés de bronze de l’édition 2022 parmi les dix sélectionnés individuels de ces championnats d’Europe 2023, l’équipe de France combat veut marquer son territoire cette semaine en Espagne.
Guadalajara, deuxième ! C’est sur la terre de leurs victoires de 2019 qu’Alizée Agier (-68kg, AAS Sarcelles) et Steven Da (-67kg, USL Mont-Saint-Martin), les plus chevronnés du collectif tricolore, tenteront de guider leurs partenaires vers les finales de samedi, terrain de jeu où ils sont les derniers à avoir, avec brio, défendu les couleurs françaises en individuel. « Avec ces deux-là, qui ont l’habitude de ces grands rendez-vous et qui montrent une belle régularité depuis des années, c’est un gage de solidité pour toute l’équipe, analyse Yann Baillon, directeur des équipes de France. Il y aura certainement de la motivation du côté de Steven, reparti frustré de Gaziantep avec sa troisième place il y a un an, tandis qu’Alizée aura à cœur de prouver qu’elle peut dominer les trois meilleures de la catégorie le même jour. »
Des places à gagner
Également en action ce mercredi, on retrouvera sa compère de Sarcelles Nancy Garcia (+68kg) et Laura Sivert (-61kg, Club Sauvegarde Besançon), elles aussi troisièmes en Turquie en mai dernier. « Entre Laura qui devient très difficile à lire pour ses adversaires et Nancy qui a trouvé la stabilité nécessaire pour asseoir son autorité sur la catégorie, il y a de la place pour signer de belles performances. Il faudra répondre présent sur le plan mental. Il en sera de même jeudi avec Niswa Ahmed (-50kg, Budokan Thiais), qui a vu son ticket pour la finale lui échapper pour une poignée de secondes l’année dernière. Très douée techniquement, elle possède le coup d’œil pour passer à l’or. Quant à Assma Charif (-55kg, CSM Puteaux), qui reste sur un titre continental en espoirs dans la catégorie inférieure, elle doit asseoir sa domination nationale par une médaille à l’international. Elle pourra miser sur sa bonne gestion de combat pour y parvenir. »
Des palmarès à étoffer
Chez les masculins, la chasse à la première médaille européenne est ouverte pour les quatre engagés aux côtés du champion olympique 2021. « Médaillé continental espoirs il y a un gros mois en n’ayant perdu que face au taulier azerbaïdjanais Guliyev, Amine Hellal (-60kg, CSM Eaubonne) est un garçon d’avenir qui est plein de qualités, décrypte Yann Baillon. S’il parvient à prendre confiance en lui, il sera en capacité de dominer n’importe qui. Qu’il saisisse sa chance. C’est aussi ce que l’on attend d’Enzo Berthon (-75kg, SPN Vernon), qui a pris sa nouvelle catégorie en main sur le plan national et qui possède le niveau de détermination et le goût de l’effort nécessaires pour aller débloquer son compteur sur ces championnats. En -84kg, là où Jessie Da Costa menait la cadence ces derniers temps, avec notamment sa médaille mondiale de 2021, nous allons suivre avec attention le retour parmi nous de Raybak Abdesselem (Club Arlésien de Karaté Do), avec qui tous les espoirs sont aussi permis. Comme les autres, il ne manque pas de ressources, à l’image de son bel Open de Paris de fin janvier. Enfin, nous attendons tous la consécration de Mehdi Filali (USL Mont-Saint-Martin) chez les lourds. Il s’agit de l’un de nos plus gros potentiels de ces dernières années car, s’il est en équipe de France depuis longtemps, il ne faut pas oublier qu’il n’a encore que vingt-trois ans. Il aurait dû monter sur le podium l’an passé, mais il a pêché par manque de relâchement. C’est encore à ce niveau-là que va se faire la différence, et le détachement qu’il arrive à afficher par rapport à la performance à accomplir doit lui servir à mener à bien sa barque sur ces championnats. » La balle est dans leur camp.
