J-L Rougé : « Une injustice réparée »
Le président de la FFJudo, premier champion du monde de l’histoire de son sport en 1975, était aux côtés de Francis Didier cette semaine à Rio à l’annonce de l’entrée du karaté au JO. Un juste retour des choses pour une discipline qu’il verra intégrer Tokyo 2020 comme un symbole.
Quel sentiment vous procure l’entrée du karaté dans la famille olympique ?
C’est le poids de l’histoire et de la politique qui ont fait que le karaté n’était pas encore aux Jeux olympiques. C’est fait désormais, c’est juste, mais c’est encore une petite compensation par rapport à ce que le karaté aurait du être, une injustice réparée quelque part par rapport aux premiers choix d’intégrer d’autres sports il y a quelques années. C’est très logique en tout cas de voir le karaté aux JO, qui plus est au Japon en 2020, avec l’espoir de voir cela se concrétiser, se pérenniser. Ce moment doit donner un grand sourire à tous les pratiquants de karaté, du plaisir à partager par tout le karaté français, sans oublier quatre ans de préparation à venir d’ici Tokyo !
On sait que la FFJudo et la FFKDA sont proches, c’est donc un sentiment particulier pour vous, non ?
Je peux effectivement assister de près aux étapes de développement du karaté. C’est une très grosse fédération en France, qui travaille bien, qui a d’excellents résultats, c’est donc amplement mérité et permettez moi de vous dire que j’espère que Francis Didier sera également reconnu au niveau mondial pour tous ses engagements et l’énergie qu’il met à développer sa discipline, en particulier grâce à l’organisation de magnifiques championnats du monde à Bercy en 2012 et encore il y a quelques semaines à Montpellier lors des championnats d’Europe. Un « savoir-faire » du sport français reconnu auquel il participe grandement.
Qu’est-ce qui permet de gagner un combat comme celui-là, d’intégrer le programme olympique ?
Le Japon a joué un grand rôle. Ils voulaient le karaté, ils y ont mis le poids nécessaire. Si Paris obtient les Jeux de 2024, le karaté sera reproposé. Une bonne dynamique donc pour un sport très traditionnel qui peut cohabiter avec des disciplines nouvelles comme le skateboard, même si concurrencer les X-Games n’est, selon moi, pas la bonne voie. C’est une autre culture. Le karaté, lui, a clairement et naturellement sa place dans la famille olympique, en tant que sport mais aussi en tant que discipline éducative.
Des valeurs pour un autre Budo que le judo désormais aux JO. Une bonne nouvelle pour les arts martiaux ?
Bien sûr, ça fait plaisir. D’autres, comme les arts martiaux chinois sont candidats aussi. Il ne faudrait pas non plus que les JO ne soient que ceux des sports de combat (rires), mais c’est la reconnaissance, à travers le judo, le karaté, de ce que les arts martiaux représentent, c’est-à-dire 1,6 million de licenciés en France au sein de la Confédération des Arts Martiaux.
