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France Karaté

Madrid … les enjeux majeurs

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Tenir le rang de la France

À Madrid en 2002, la France concluait un cycle de domination de trois championnats mondiaux, face à une Espagne très remontée chez elle et victorieuse dans la contestation des deux équipes de France combat, et un Japon, de retour au premier plan en kata. Depuis, la France est revenue au premier plan chez elle une fois en 2012, les autres championnats sont revenus à l’Italie, à la Serbie et quatre fois au Japon, dont les deux dernières éditions. Les places sont disputées et c’est en gagnant une finale de plus depuis deux éditions – de quatre en 2008 et 2010 à cinq en 2014 et 2016, que la France reprend progressivement des points aux autres nations fortes, qui se sont multipliées ces deux dernières décennies. Il y a deux ans, l’équipe de France avait gagné trois de ses cinq finales et était remontée à la seconde place des nations derrière un Japon redevenu intouchable en kata. Faire aussi bien sinon mieux cette année est évidemment le projet. De plus, c’est un collectif qui intègre au groupe valide le para-karaté, avec pour la première fois quatre sélectionnés, Jordan Fonteney, Fatah Sebbak, Charlène Odin et Virginie Ballario. Collectif et solidarité pour faire réussir la France au programme. « Nous avons beaucoup demandé à nos athlètes de raisonner sur le plan individuel dans la perspective olympique, explique Yann Baillon, directeur des équipes de France. Mais, cette fois, ce sont les championnats du monde et nous attendons de voir comment cette équipe qui évolue et se rajeunit progressivement va se comporter en tant que groupe. Nous avons pensé toute la préparation en vue d’atteindre un optimum à Madrid. On a commencé doucement à Berlin et fini fort à Tokyo. C’est ici, à Madrid, que notre travail va prendre tout son sens.»

Etre décisif au bon moment

Le karaté mondial est entré dans une nouvelle ère. Il était facile auparavant pour le titulaire en équipe de France de déterminer l’événement majeur avec trois compétitions internationales décisives au maximum. Cette fois, « ranking list » et dynamique olympique obligent, chaque Premier League, devient un rendez-vous capital. Oui, mais… cette fois ce sont les championnats du monde. Dominer les tournois intermédiaires ne sert à rien si la performance ici à Madrid ne suit pas. « Après la réussite à Tokyo, je leur ai rappelé qu’il ne fallait pas s’arrêter à ça. Ceux qui n’ont pas brillé, comme ceux qui l’ont fait doivent prouver la même chose : qu’ils sont capables d’être décisifs dans les événements majeurs ». Les piliers du groupe, comme Kenji Grillon ou Alexandra Recchia, comme les plus jeunes, Steven Da Costa ou Gwendoline Philippe sont à la même enseigne. C’est maintenant qu’il faut prouver et « se forger un palmarès » comme le suggère Yann Baillon.

Enclencher la dynamique des équipes

La France est dominante dans le combat par équipes depuis 2010 chez les féminines avec trois titres et une médaille d’argent, et a retrouvé le podium l’année dernière chez les masculins. Cette fois, la donne a un peu changé. C’est tout le groupe olympique qui est concerné et le staff, qui réclame de voir émerger les personnalités, a choisi de faire confiance à une jeune élite différenciée des titulaires en individuels, pour permettre à chacun de prendre totalement ses responsabilités en charge et saisir l’opportunité qui lui est donnée. Autour de l’expérimentée Leila Heurtault, l’élite espoir de l’année dernière fait son entrée en équipe : Léa Avazeri (en bronze lors de l'Euro à Novi Sad), Andréa Brito, Laura Sivert devront assurer chez les féminines. Pour les garçons, c’est Marvin Garin qui jouera le rôle de « taulier » et la danse sera menée par les jeunes Jessie Da Costa, Kilian Cizo, Ilyes Klouz, Lou Lebrun, Alexis Raspilair et Maxime Relifox. La jeunesse a les clés du camion. 

Refonder le kata français

Avec l’arrivée de Stéphane Mari l’année dernière et de Myriam Szkudlarek il y a quelques mois, le kata français est au travail. Stages techniques, venue d’experts spécialisés, un mouvement de fond est engagé pour amener au niveau des podiums mondiaux la génération qui a pris le relais des multi-médaillés Sandy Scordo et Minh Dack. La marche est encore haute, mais il faudra guetter les signes avant-coureurs. Seule équipe présentée par la France, le trio masculin champion d’Europe et vice champion du monde 2016 a été remanié ces derniers mois pour donner à Enzo Montarello l’occasion de prendre totalement sa chance en individuels. Le trio s’est reformé, mais a tâtonné pour retrouver ses marques autour du travail personnel engagé par Montarello. En difficulté au niveau de la cohésion dans les tournois, ils se présenteront à Madrid en outsider, prêts à revenir comme un boomerang sur un podium mondial. Ce serait un scénario idéal.

Prendre des points à la « ranking list »

On aura beau identifier l’objectif des championnats du monde comme suffisant en soi, il est clair que l’ombre portée des Jeux olympiques 2020 est constamment présente. Elle le sera d’autant plus sur les championnats du monde que c’est le dernier avant les Jeux et que la totalité des points gagnés ici seront préservés pour la qualification olympique, alors que les points des tournois ne seront conservés qu’à 50%. Un « coef douze » qui va attirer toutes les convoitises et exacerber les motivations, au-delà même de la traditionnelle bataille des médailles mondiales. Pour autant, il y a une vie après les championnats du monde, comme le rappelle le directeur des équipes de France : « Il y a aura encore beaucoup de temps, plein de tournois derrière pour atteindre cette qualification. Je le dis à ceux qui n’ont pas été sélectionnés, ceux qui pourraient échouer et même à ceux qui vont réussir une belle performance. Il faudra être concentré sur toute la période pour contrôler la situation ». Il n’empêche qu’une médaille ici à Madrid est encore la plus sûre manière de bien négocier le passage.