Para-karaté, de l’ambition !
Fatah : On fait vraiment partie de cette équipe depuis 2016 et plus encore depuis les championnats d’Europe en Serbie, c’est vrai. On a senti ce truc autour de nous, les liens se sont tissés. Pour nous, ça compte aussi dans la progression. On est accepté, on est avec eux, Ayoub nous aide, les kinés, médecins sont là pour nous. Du coup, les résultats suivent, tout ça est lié.
Virginie : Je suis fière de porte ce kimono, de représenter la France. J’arrive seulement, mais je vois que nous sommes vraiment considérés comme des sportifs, pas par le prisme de notre handicap. Nous sommes une autre catégorie, point.
Fatah : Celle d’un podium évidemment. Après, l’or, ce serait magnifique. Ce que j’ai pour moi désormais, c’est l’expérience de ces grands rendez-vous, la gestion de plein de petites choses dans la préparation, dans les jours qui précédent l’événement, la connaissance des autres athlètes aussi… Il y aura toujours le stress de la compétition, mais je suis là, pour la médaille.
Virginie : Je ne suis pas là pour être 10e, et tout cas, ça m’énerverait (rires). Je suis là pour gagner, car on a travaillé, je vais montrer ce que je sais faire. De toute façon, je ne saurai pas faire autrement, j’ai toujours aimé la compétition, j’ai remporté les championnats de France à Reims au printemps, mais aussi le titre national en natation par le passé. Je n’avais jamais connu, en revanche, un grand championnat international, il y a plein de choses à intégrer, je range ça dans ma tête (elle mime).
Après la démonstration de Bercy en 2012, on a assisté au nombre croissant de compétiteurs. Une dizaine à Paris, une trentaine à Brême en 2014, cinquante à Linz il y a deux ans avec des compétiteurs de mieux en mieux préparés… Ça signifie l’élévation du niveau, plus de concurrence mais aussi surtout une reconnaissance, une légitimité. Quand on est médaillé mondial dans une catégorie à cinq-six personnes, ça pose une question de légitimité. Cette semaine à Madrid, nous serons dix-huit en fauteuil hommes, dans la catégorie de Jordan (Fontenay, handicap mental), ils seront presque trente… Cela montre qu’il se passe quelque chose, donne de la valeur aux médailles, à notre travail aussi.
On sent, notamment depuis Linz en 2016, une vraie intégration à l’équipe de France. On a notamment vu beaucoup de solidarité et de joie autour des deux titres européens de Fatah et Jordan. Comment le vivez-vous de votre côté ?
Avec quelles ambitions vous présentez-vous ?
Loin d’un championnat du monde puisque dans la peau d’une débutante en karaté ! J’ai commencé à pratiquer il y a seulement huit ans, par hasard, alors des championnats du monde… (rires).
