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Stage des haut gradés, un rendez-vous fondamental

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D’année en année, le stage des hauts gradés fédère toujours plus le karaté français et s’impose comme l’incontournable rendez-vous de toutes ses familles sous la direction technique de ses experts fondateurs. Samedi et dimanche 27 et 28 août, centre national d’Entraînement de Castelnau-le-lez, moments choisis.

Comme Stéphane Korte, qui enseigne à Lavaur, dans le Tarn, la plupart des habitués ne le rateraient pour rien au monde, et ils savent pourquoi. « Cela fait quinze ans que c’est une sorte de rituel pour moi, à ce moment de l’année. Une reprise avec le karaté après l’été, un échange avec les autres pratiquants et bien sûr le rendez-vous régulier à travers le temps avec nos meilleurs experts, toujours aussi impressionnants. Cette diversité qu’ils amènent, celle des pratiquants eux-mêmes, c’est intéressant. On se met un peu dans l’inconfort et c’est bien. » Des visages que l’on reconnaît, des amis venus de toute la France, des habitués, et sans cesse de nouveaux venus qui vont cette fois encore pousser les murs et fraterniser le temps d’un entraînement sur deux jours qui ne perd pas en intensité du fait de la chaleur ambiante. La sueur est un langage commun à la famille élargie du karaté.

« Cette fois, on accueille deux cents participants environ. C’est une réussite remarquable », se félicitait l’organisateur Claude Pettinella. « Hiroo Mochizuki, Jean-Pierre Lavorato, Serge Chouraqui, Dominique Valéra, Bernard Bilicki, tous ces grands experts ont leur spécificité, mais je crois que ce qui passe à chaque fois, pour chaque stagiaire, c’est l’amour qu’ils ont de la transmission, aussi forte que leur expérience incomparable. C’est ce qui donne cette ambiance particulière. C’est intéressant aussi de voir que les responsables techniques régionaux sont là, pour prendre des outils pédagogiques supplémentaires ». Effectivement, et on vient même de loin pour ça. Le 7e dan Jean-Marc Lopez, par exemple, élève de Jean-Pierre Lavorato et de Dominique Valéra, a fait le voyage depuis… Miami. « C’est un retour aux sources dont j’ai besoin. Comme je m’entraîne souvent seul, je profite de toutes les petites corrections que je viens trouver ici. »

Les sportifs poussent la porte

Manifestement, c’est devenu un enjeu clair pour beaucoup. Ils étaient en effet de nombreux anciens champions à s’être déplacés jusqu’au centre d’entraînement de Montpellier, et certains pour la première fois, comme l’ancienne championne Muriel Macquet, venue retrouver le plaisir de s’éprouver sur les propositions techniques de ses glorieux aînés – « cela me donne envie d’aller me replonger un peu dans les katas » – ou le guerrier Mickaël Braun – « j’adore cette diversité et la dimension martiale bien présente » – dont l’éternel léger sourire distancié ne masquait pas le plaisir manifeste qu’il prenait à échanger les attaques ripostes avec ses anciens camarades d’équipe des années 1990, les champions du monde Romain Anselmo ou Gilles Cherdieu. Ce dernier, malgré son statut de Directeur Technique National, n’hésitait pas une seconde à mouiller le kimono pendant tout le stage, non sans froncer les sourcils parfois pour ne rien perdre des détails subtils des propositions variées deS intervenants. Mais que faisait le DTN ce samedi de fin de mois d’août sur le tapis avec les autres ? « Je ne raterai surtout pas ce grand rendez-vous de notre famille fédérale ! C’est même un devoir d’y être, car pour moi il montre quelque chose de fort de ce que nous sommes, au sein du monde du karaté comme en dehors. Et comme tous les autres, je me sens heureux de participer au formidable travail de transmission de nos haut gradés qui sont non seulement des institutions, mais aussi et surtout des repères et des guides. Je suis toujours fasciné par le fait qu’ils soient capables d’exprimer aussi bien l’efficacité des techniques et que chaque fois qu’ils te font une petite remarque, un conseil, ils rectifient quelque chose. On ne peut que se sentir humble devant une telle expérience. Et quand je vois tous ces anciens sportifs de haut niveau venus ici respirer un peu l’odeur du travail, je suis content. C’est le signe d’une famille en bonne santé, et c’est bien. »

L’annonce du retrait du maître Hiroo Mochizuki

Adrar Laid, de l’École Shotokan Dojo Azuréen à Cannes, n’en pensait pas moins, lui qui venait de passer l’après-midi avec un partenaire aussi discret qu’habile, rien de moins que le double champion du monde individuel Damien Dovy, présent pour la seconde fois à ce stage des hauts gradés. « Il m’a tapé sur l’épaule pour savoir si je ne cherchais pas un partenaire de travail ! J’ai été obligé de lui dire que c’était un honneur pour moi », en souriait l’expérimenté technicien, aussi à l’aise dans les propositions de karaté traditionnel que dans le full-contact proposé par Dominique Valéra ou le karaté-défense de Bernard Bilicki.

Moment plus fort encore que les autres, le passage d’Hiroo Mochizuki, pour ce qui était annoncé comme son probable dernier stage « des cinq ». Une présence presque éthérée et magnifique, une ovation finale longue, chaleureuse et reconnaissante… pour ce qui ne fut pourtant pas seulement un grand moment d’émotion. Le leader technique du karaté français proposa entre-temps aux stagiaires un travail extrêmement fin sur une entrée dans la distance avec esquive en anticipation, dont se délecta dans son coin Thierry Masci, portant la tenue du Yoseikan offerte par le vieux maître, lequel enchaîna, à 86 ans, sur une amenée au sol en sacrifice très judo, qui manifestait une vitalité et une qualité posturale extraordinaires. Le Directeur Technique National a raison de le dire : il y a effectivement une grande santé au cœur du karaté français.

Stage des 5 experts haut-gradés – Août 2022 90 photos

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