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Open Adidas, combattre enfin !

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L’Open Adidas disputé ce week-end à Villebon-sur-Yvette, marquait la reprise des compétitions depuis le confinement de mars dernier. Un plaisir retrouvé pour l’ensemble des 1005 compétiteurs présents, une organisation au millimètre pour assurer la sécurité de tous. Nous avons suivi quatre clubs de dimensions différentes. Impressions.

« On a souvent ce petit mot, à la fois très important et en même temps assez banal : “surtout, prenez du plaisir !”. Cette année, sur cette compétition, ça sonnait encore plus vrai que jamais, j’ai même dit à tous : “Profitez-en à fond !” » Après plus de sept mois sans compétition, Omar Fallani est venu ce week-end à Villebon avec vingt-six compétiteurs pour défendre les couleurs du RC Strasbourg. Un club lancé il y a huit ans, qui comptait l’an passé cent vingt-cinq licenciés dont quatre-vingts compétiteurs, avec l’objectif affiché de devenir un pôle de référence pour le Grand Est. Ce que nous avons retrouvé ce week-end avec les autres encadrants, c’est ce que nous essayons de promouvoir au quotidien : grandir ensemble, faire que les plus expérimentés soient inspirants pour les plus jeunes, donner envie aussi à ceux qui, comme Yaniss Arif (7e en seniors -84kg, NDLR) ou Khadim Fall, ont repris la compétition après un arrêt dû à un manque de motivation… La situation actuelle a révélé ça, le plus important peut-être : l’âme du club. » Avec ses compères Ahmed Tas et Altaïr Hamana, deux des cinq autres encadrants, le club Bas-Rhinois a notamment pu compter sur ses juniors Mirko Mijajlovic et Yanis Tas, médaillés de bronze en juniors -75kg, ou encore le jeune Elias Omari, en bronze lui aussi en minime -60kg. « Un groupe qui s’est aussi débrouillé par lui-même pour assurer ce déplacement, un autre signe de motivation » explique Omar.

Le Racing Club de Strasbourg venu en nombre. Photo : Denis Boulanger/FFK

Bienveillance dans les attitudes et les regards
Si le trajet fut plus court pour repartir dans le Nord de la France, Alexandre Doucoure, professeur au KC Petite Forêt et à Faches Thumesnil met aussi en avant l’esprit de bienveillance perçu durant le week-end tant entre les compétiteurs et qu’entre les accompagnants, tous appréciant visiblement à sa juste valeur l’opportunité de se retrouver enfin en compétition, rendue possible par un énorme travail en amont de la commission sportive de la Fédération. « Cette satisfaction de se retrouver là pour combattre, on l’a perçue dans les attitudes, les regards, les gestes distanciés mais amicaux et cela fait forcément partie des choses qui resteront au moment du bilan », explique celui qui était de l’aventure du grand Faches Thumesnil des années 2000 avant de reprendre le club avec son acolyte Grégory Pohier, fonctionnaire de police comme lui. « Ce que j’ai ressenti en fait, malgré le contexte, c’est beaucoup de sérénité. Cela a été l’occasion pour notre discipline de combat de montrer que l’on peut pratiquer sans crainte, dans le respect des gestes barrière et des zones de désinfection. Bref, que c’est possible à l’heure où c’est parfois impossible pour les adultes, selon les régions, de pratiquer. » Un bonheur ne venant jamais seul, le club nordiste a vu son travail récompensé par l’or décroché par la cadette Karlstine Winterfeld en +60kg alors que Laudine Cormier se classait cinquième en seniors -50kg, comme le cadet Anthony Tworek (-70kg). « De quoi donner envie aux trois minimes première année engagés, dans la découverte pour cette fois. »

Alexandre Doucare a pris soin des siens. Photo : Denis Boulanger/FFK

« Cela donne énormément de motivation »
« Honnêtement, ça a été un choc. C’était vraiment particulier et je crois que nous nous sommes trop mis la pression », sourit pour sa part Kenji Escrive, habituel assistant professeur d’Aristide Ancelin au Cercle Parisien Shotokan, exceptionnellement promu entraîneur-joueur ce week-end. « Nous étions cinq engagés, un minime, un cadet, un junior et deux seniors dont moi-même et les résultats ne sont pas la hauteur de nos attentes, mais je crois que nous devons en tirer des leçons positives, analyse ce brillant élève en classes préparatoires aux grandes écoles au réputé Lycée Henri IV. Nous avons pris des repères que nous avions peut-être un peu perdus et surtout, nous en ressortons avec énormément de motivation pour la suite, en attendant avec impatience les différentes coupes de France des catégories d’âge. »

Kenji Escrive, compétiteur et coach pour le Cercle Parisien Shotokan. Photo : Denis Boulanger/FFK

Une responsabilité
Mille six cents kilomètres, quinze heures de voiture, un budget de près de mille euros, le Karaté Saint-Estève, niché près de Perpignan, a l’habitude de ne pas ménager sa peine pour faire vivre ses couleurs, celles des Rouge et Bleus. Un petit club de quelque quatre-vingts licenciés qui veut aussi faire honneur à son professeur, Christian Martinez, comme l’explique Manu Amador, le père de Lohan et Hugo, respectivement 5e en minimes et 7e en seniors. « Il faut les aimer, s’amuse le père de famille qui, avec sa femme Audrey et le couple Céline et Marc Pipera ont pris l’initiative de s’impliquer dans la vie du club avec le soutien de Nicole, la trésorière. C’est important de les accompagner, c’est aussi un enjeu pour le club. La commune nous soutient en nous mettant un véhicule à disposition, nous nous rendons régulièrement au Luxembourg, en Italie et en Espagne pour montrer le dynamisme de notre structure, donner envie à la jeunesse aussi. C’est notre responsabilité de parents, d’accompagnants, de faire rêver, surtout dans le contexte actuel. ». Dès ce lundi matin, Céline, l’infirmière, Manu, l’employé municipal, Nicole la comptable et les autres étaient au travail à 8h30. L’énergie du karaté français.

Les Pyrénéens de Saint-Estève n’ont pas ménagé leurs efforts. Photo : Denis Boulanger/FFK

Retrouvez l’ensemble des résultats ici Open Adidas 17 18.10.2020

Olivier Remy / Sen No Sen

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