Michel Muller « L’esprit ouvert, toujours »
Pour découvrir l’esprit du wado-ryu, nous avons déjà rencontré Patrice Belrhiti, 9e dan dans le numéro 13 d’Officiel Karaté Magazine. Place ici à Michel Muller, expert 8e dan de la FFKDA, expert aussi discret qu’efficace. Paroles d’un technicien de haut niveau qui a trouvé son équilibre dans l’ouverture aux autres et la transmission d’un patrimoine technique et moral essentiel.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours…
Pour moi, l’aventure a débuté il y a soixante-cinq ans. J’avais treize ou quatorze ans, j’avais une fascination pour les arts martiaux que je ne connaissais pas. À l’époque, dans les journaux spécialisés, on trouvait ça superbe. Et moi, je voulais peut-être me sortir d’une gangue familiale où j’étais très protégé. Mes parents ne voulaient pas que je fasse du karaté, ni du jujitsu. J’ai donc commencé par le judo. J’en ai fait quatre ans avant de rejoindre un club de karaté et d’aïkido, parce que mon désir ne m’avait pas quitté. C’était près de chez moi, et j’ai poussé la porte du dojo d’Hiroo Mochizuki. Très vite, cela est devenu passionnant avec quatre heures intenses de pratique par semaine. Deux dédiées à l’aïkido, deux au wado-ryu. Après une parenthèse pour mon service militaire en Allemagne, je suis revenu dans mon club de Courbevoie. C’est Naoki Ishikawa qui avait pris la relève d’Hiroo Mochizuki, un professeur très dur.
Revenons d’abord sur Hiroo Mochizuki. Est-ce lui qui vous a donné la passion de l’art martial ?
C’est effectivement par lui que tout a commencé et avec qui je garde le lien. Pour résumer : ce fut l’illumination complète ! Quand j’ai commencé le karaté avec lui, j’avais dix-sept ans et lui dix de plus. C’était un modèle.
Et Naoki Ishikawa ?
Lui m’a durci le caractère. Il était dur, voire méchant, mais j’avais besoin de ce passage personnel à ce moment-là. Le jeune garçon a laissé la place à un homme. Je me suis aussi lancé dans la compétition, durant une dizaine d’années, à une époque où il n’y avait pratiquement pas de catégorie de poids. On frappait fort et partout où ça faisait mal. Dans ce parcours, je ne voudrais pas non plus oublier la famille Otsuka, dont je suis fidèle, et Shiomitsu sensei qui m’ont apporté un bagage technique considérable.
Propos recueillis par Antoine Frandeboeuf / Agence Sen No Sen