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Mai Trinh Nguyen, le Vo Co Truyen à la source

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Expertise et exigence. Deux mots, deux valeurs que Mai Trinh Nguyen, cinquième dang de Vo Co Truyen, possède chevillées au corps. Membre de l’équipe du Vietnam pendant plus de quinze ans, cette spécialiste de la lance, arrivée en France en 2017, dispense depuis son savoir, forgé à l’école de l’intransigeance, dans son club des Yvelines et lors des stages fédéraux.

Pour qui connaît la culture asiatique dans les arts martiaux et sa recherche constante de la perfection par la répétition, le souci du détail de Mai Trinh Nguyen n’étonnera pas. « Exigeante avec les autres car exigeante avec elle-même ». Un aphorisme qui sied impeccablement à cette experte du Vo Co Truyen. « J’ai commencé la discipline à l’âge de huit ans dans une école de Ho Chi Minh Ville (Saïgon, NDLR), la Trung Son Vo Dao, avec maître Lê Ngoc Diêp. À l’époque, celle-ci était très réputée dans le pays. C’est ma famille qui m’a poussé à essayer le Vo Co Truyen. J’étais très introvertie et fragile physiquement. Or, au Vietnam, la pratique des arts martiaux est considérée comme une activité quotidienne nécessaire à une bonne santé. »

Précocité

Un choix qui s’inscrit dans un environnement familial qui verra ses deux sœurs pratiquer également les arts martiaux (dont le Pencak Silat). Elle découvre alors l’exigence physique, mentale où volume et qualité d’entraînement sont portés au même niveau. « J’avais un premier entraînement à cinq heures du matin avant d’aller en cours, se souvient-elle. Puis un autre en fin d’après-midi. Au total, j’avais deux entraînements quotidiens et un dernier le samedi. »

Extrêmement douée, Mai intègre l’équipe du Vietnam à tout juste onze ans. « La prise en charge des jeunes talents débute à un âge plus précoce que chez nous », explique Stéphane Lesoil, le mari de Mai, professeur au sein de l’École du Dragon Thieu-Lâm Hai à Maurecourt (Yvelines). Dirigée vers le style du tigre (mains nues), de la lance – l’une des armes au maniement le plus technique – et au couteau papillon, Mai devient championne nationale dès ses treize ans. Un statut qui l’aidera plus tard à rentrer à l’université – elle y sera d’ailleurs diplômée d’un professorat de sport, mais aussi à acquérir une certaine notoriété dans son pays avec la participation à un clip et à une émission de « game show » très populaire. « L’équivalent vietnamien de “La France a un incroyable talent” » indique Stéphane Lesoil, amusé.

L’un des moments les plus forts de sa carrière ? Il advient en 2015, lorsqu’elle termine meilleure Vietnamienne lors d’un festival des arts martiaux organisé en Corée du Sud. L’année suivante marque un tournant : après une troisième place dans la catégorie démonstration à mains nues (elle présentait le Tigre), Mai décide de mettre fin à sa carrière avec une quinzaine de titres nationaux à son actif. Son avenir ? La place de responsable technique du sud du Vietnam pour laquelle elle était pressentie et préparée. Mais, en 2016, elle rencontre Stéphane Lesoil lors d’un stage. Coup de foudre. Mariage traditionnel où le Vo Co Truyen ne pouvait être mis de côté. « Celui qui s’est occupé de la cérémonie de mariage n’était autre que le maître de Mai, raconte Stéphane. Cela permet de situer la place de la discipline dans la vie quotidienne puisqu’on dépasse le cadre strictement sportif. Il y a un véritable esprit familial. »

Choc des cultures

Fin 2017 la voilà qui débarque en France, quelques mois avant qu’une petite fille naisse de cette union, en avril 2018. Mai Trinh Nguyen découvre alors les arts martiaux traditionnels vietnamiens dans notre pays. Un choc des cultures ? Il y a parfois de cela. « L’une des premières choses qui m’a frappée est votre sérieux dans l’organisation des compétitions. Comme on dit en France : c’est carré ! » alors qu’au Vietnam, il est assez commun que la compétition débute avec quelques heures de retard. De même, j’ai été très étonnée qu’ici les compétiteurs passent plusieurs fois dans la journée. Chez nous, c’est un passage et un seul, un peu comme au patinage artistique, pendant lequel l’esthétique de la prestation est l’un des critères de notation. Lorsque j’ai assisté à ma première compétition en France j’avoue avoir eu du mal à comprendre comment un compétiteur pouvait être repêché alors qu’il faisait tomber son arme lors d’une démonstration. Au Vietnam, c’est tout simplement impossible ! »

Regard et rythme

Experte auprès de la Fédération Française de Karaté depuis son arrivée en 2017, Mai, personnalité au caractère très fort, dispense désormais son savoir. Ce qu’ils en pensent ? « Souriante mais stricte » relaie son mari au sujet de celle qui n’a jamais laissé la place à l’à peu près dans sa pratique et qui met au cœur de son enseignement les conseils suivis pendant des années au Vietnam : « J’insiste beaucoup sur le regard. Car c’est une chose qui dit beaucoup de la personnalité. Ce dernier doit être déterminé, perçant presque méchant. Car, dans l’absolu, il faut impressionner son adversaire ! C’est pourquoi je dis à mes élèves de ne jamais regarder leurs pieds. Jamais. »

Quoi d’autre ? « Le rythme ! Maîtriser le temps est une donnée fondamentale. » Souvent impressionnés de ses qualités techniques – « très au-dessus de la moyenne » souligne Stéphane Lesoil – les élèves trouvent en elle une experte à la maîtrise exceptionnelle.

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