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L’impact light contact

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Pourquoi ça marche, les profs témoignent

Public éclectique, pratique sécuritaire, primauté à la technique… Des professeurs expliquent comment, dans leurs clubs, le light contact a su séduire un nouveau public.

Jimmy Kasovimoin, directeur technique du KSO Lyon (Rhône)
« La discipline d’avenir par excellence »
« Marion, Jade, Charly, Sasha et Joffrey : ce sont ces cinq enfants qui m’ont convaincu d’ouvrir une section light contact, en 2011. Ils n’étaient pas vraiment attirés par le karaté traditionnel mais nourrissaient malgré tout un intérêt certain pour le combat. J’ai donc sauté le pas pour eux. Huit ans plus tard, je ne le regrette pas ! Cours après cours, ces gamins ont donné le tempo. Le moteur du développement de cette discipline au sein du club, c’est bien eux. Aujourd’hui, je recense une cinquantaine de pratiquants de light contact environ. Et ce ne sont pas que des jeunes, au contraire ! Chefs d’entreprise, assureurs, enseignants, ouvriers, secrétaires, demandeurs d’emploi… Ces personnes sont issues de milieux très divers. Quand je vois un courtier de quarante-sept ans combattre avec un collégien de treize ans, je trouve ça formidable. Les arts martiaux sont basés sur l’échange et le light est sur la même longueur d’ondes. Je me suis rapidement aperçu qu’il existait des passerelles évidentes entre le light contact et les autres pratiques enseignées au club. Ceux qui font du circuit training y voient une manière alternative de travailler leur cardio, alors que ceux qui sont davantage orientés sur la self-défense ont l’occasion rêvée d’appliquer les techniques apprises en situation de combat. Enfin, je tiens à souligner un autre point très positif : grâce à la FFKaraté et à l’investissement de Mohamed Messadaoui (responsable national de l’arbitrage en full et light contact, NDLR), nous jouissons d’un cadre propice au bon développement du light. Tous ces éléments me rendent certain d’une chose : le light contact est la discipline d’avenir par excellence. »

Christophe Genieys, président et entraîneur du Team Full Rocbaron (Var)
« La technique plutôt que la puissance »
« J’ai fondé le club en 2004, et le light contact y a tout de suite trouvé sa place. Cela répondait à une demande importante, notamment de la part de jeunes désireux de se confronter. De mon point de vue, le light est un tremplin idéal vers le full contact. On y privilégie la technique plutôt que la puissance, et la beauté du geste est mise en avant. Les pratiquants peuvent se livrer sans la crainte de se faire violemment contrer, ni de se faire blesser. Quand le contact se fait à la touche, le combattant se libère car il sait que l’autre ne lui fera pas mal. Tout cela constitue un contexte idéal pour progresser et se préparer – pour certains du moins – au passage vers le full. Mon fils, par exemple, est aujourd’hui pro en full contact K1. Mais il a auparavant fait du light pendant de longues années, jusqu’à ses dix-huit ans. Cela lui a permis d’acquérir un niveau technique très intéressant ! Mais le light contact n’est pas dédié qu’aux jeunes impatients d’avoir l’âge requis pour passer au full, loin de là. De nombreux licenciés restent attachés au light. Je pense notamment, chez nous, à Alexis, un vétéran de trente-sept ans qui s’est brillamment qualifié pour les championnats de France. Lui, ce qu’il veut avant tout, c’est travailler sa gestuelle et placer de belles techniques. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’impose à mes compétiteurs de full contact quelques séances de light de temps en temps. Cela ne peut que leur faire du bien de revenir aux fondamentaux, surtout avant les compétitions importantes. »

Thierry Tavernier, président et entraîneur du Team Tavernier Wattrelos (Nord)
« S’exprimer sans risquer de prendre un mauvais coup »
« Mon club a vu le jour à Wattrelos en 2005, non loin du Croix Karaté Club, dirigé par mon père. Pour moi, il était évident d’ouvrir une section de light contact dès le départ. Cette discipline parle à la jeunesse, aux adolescents, aux garçons comme aux filles. J’ai d’ailleurs enregistré une forte augmentation du nombre de licenciées féminines après les Jeux olympiques de Rio, lors desquels les boxeuses Estelle Mossely et Sarah Ourahmoune ont décroché l’or. Cette forte médiatisation a eu pour avantage de décomplexer les femmes vis-à-vis des sports de combat pied-poing. Le light, bien organisé, en a tiré profit, c’est indéniable ! Les retours que l’on me fait ? Le light contact permet à ceux qui le pratiquent de s’exprimer sans risquer de prendre un mauvais coup. Outre les jeunes, cela intéresse aussi beaucoup les vétérans qui, à partir d’un certain âge, préfèrent éviter les impacts trop appuyés. Il y a une multitude de profils différents au sein de notre section et c’est ce qui fait, à mon sens, la force de la discipline. Quand certains viennent uniquement pour progresser à leur rythme, d’autres sont tournés à 100% vers la compétition. Je pense notamment à Clara, haute comme trois pommes quand je l’ai vue pour la première fois et qui, désormais, collectionne les titres. À tout dire, je ne vois qu’un seul point à améliorer concernant le light contact : il faudrait davantage de compétitions nationales, comme des opens, ou des coupes régionales, ainsi que des échéances internationales. Cela nous permettrait de séduire un public encore plus large en donnant encore plus de perspectives. »

Raphaël Brosse / Sen No Sen

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