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Francis Didier « Je sens l’optimisme pour cette saison »

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Le karaté français aborde une nouvelle saison après deux années singulières. Passage de grade de la ceinture noire, Paris Open Karate, quel bilan pour la saison 2021-2022 ? Cette saison 2022-2023 marque-t-elle le retour à la normalité ? Les réponses du Président de la Fédération Française de Karaté, Francis Didier.

Quel bilan faites-vous de la saison 2021-2022 ?

Le bilan est positif. La saison 2021-2022 a été celle du retour au plein entraînement pour les clubs et les licenciés. Un grand nombre de pratiquants est revenu dans les clubs et ce notamment grâce aux différentes aides accordées par l’Etat aux Fédérations et organes déconcentrés ainsi qu’au dispositif Pass’Sport.

Le travail des clubs sur le terrain est plus qu’à saluer, eux qui n’ont jamais cessé de maintenir le lien avec leurs adhérents durant la pandémie. Les stages, les compétitions, et tout ce qui anime le calendrier fédéral a battu son plein tout au long de la saison, sans report ni annulation cette fois-ci.

Nos adhérents ont dès lors pu profiter d’une année pleine, ce qui s’est traduit dans les chiffres. Depuis deux ans, le nombre de nos adhérents est en constante augmentation, ce qui nous permet d’être optimistes pour cette saison 2022-2023.

La saison 2022-2023 est donc celle du retour à la normalité ?

Oui, d’une certaine façon. En dialoguant avec les Présidents de clubs et les professeurs ou encore en passant dans les stages nationaux, je peux sentir l’optimisme pour cette saison à venir. Le prolongement du dispositif Pass’Sport jusqu’en décembre présage également d’une rentrée assidue et déjà nombreuse pour les plus jeunes.

Du côté des adultes, les professeurs nous ont fait l’écho de leur retour conséquent dans les clubs en fin de saison dernière, un retour qui se poursuit en ce début de saison. Notre premier stage de la saison organisé au CNE avec les experts haut-gradés a rassemblé plus de 250 personnes. Les deux stages suivants à Villebon et Fréjus avec Jean-Pierre Lavorato, Manabu Murakami et Tatsuya Naka ont rassemblé quant à eux plus de 600 personnes. Nous sentons un besoin et une envie de pratiquer et de se retrouver autour d’un karaté-do dont les prochains stages prévus (stage des experts japonais, rassemblement Wado Ryu, stage avec Maître Ishimi) seront, on le sait, plébiscités.

Toutes ces informations récoltées sur le terrain sont pour l’instant confirmées dans nos chiffres. A la même date, nos adhésions sont nettement en hausse par rapport à l’année dernière. Nous pouvons espérer retrouver les chiffres d’avant pandémie cette saison.

La saison dernière a aussi été celle de la possibilité donnée aux clubs de faire passer la ceinture noire. Qu’en est-il ?

C’est un succès qui représente déjà 70% des ceintures noires 1er Dan de cette année. Rappelons qu’il faut que le professeur soit au minimum deuxième dan, ainsi que les deux juges qui doivent l’assister – issus du même club, d’un autre club du même département ou d’un autre club de département limitrophe, et que, par ailleurs, il est toujours possible de passer ce grade au niveau du département, c’est un choix dont chacun bénéficie. Les départements ont également la charge des passages du deuxième, troisième et quatrième dan. Ce premier bilan est donc positif, les clubs ont largement adhéré et l’ont fait avec sérieux. Nos statistiques montrent que ces ceintures noires ont été décernées essentiellement en fin d’année à l’issue de passages de grades qui ont été travaillés.

Il est à rappeler qu’au Japon, ce sont les clubs qui font passer la ceinture noire. C’est le professeur qui est au cœur de la communauté du karaté, qui la guide. C’est lui qui est réellement en charge de la transmission, qui a le savoir-faire avec les pratiquants. Il connaît ses élèves, il les encourage à pratiquer régulièrement, à évoluer. Lui donner la responsabilité d’aller jusqu’au bout de ce premier cycle « shin gi tai », c’était tout à fait cohérent.

Vous discutez régulièrement avec les professeurs notamment dans le cadre des assises fédérales pour lesquelles vous vous déplacez dans les régions.

Oui, je me déplace dans toute la France. C’est mieux d’aller voir les gens. Je propose une réunion avec un contenu à la fois historique et technique, en fin de journée, entre 17h et 21h, ce qui permet aux professeurs qui le souhaitent de venir. Ils sont généralement nombreux, plus d’une centaine à chaque fois, et apprécient de pouvoir poser toutes les questions qu’ils souhaitent. Quand on est dans la machine fédérale, c’est facile d’avoir toutes les informations, mais dans les clubs, c’est autre chose. Il faut être au service de cette communauté.

La loi sur la démocratisation du sport suggère des évolutions importantes. La FFK a-t-elle modifié ses statuts ?

Ils ont été votés à l’unanimité des deux cent cinquante et un représentants des clubs issus des comités départementaux. La plus importante de ces évolutions sans doute est justement l’élection par les clubs, dès 2024, du président, par un vote séparé, et par un autre, des trente et un membres restants du conseil d’administration. Une plateforme sera ouverte pour cela pendant plusieurs jours. Mais la gouvernance globale est toujours assurée par les deux cent cinquante élus dans les comités départementaux pour l’assemblée générale. En somme, une représentation directe pour l’élection du président et du conseil, ce qui est une ouverture démocratique pour cette élection importante, et une représentation indirecte par les représentants des clubs, ce qui garantit une efficacité de gouvernance préservée. La loi ayant été promulguée en mars 2022, de nouvelles modifications seront à prévoir.

Et le Paris Open Karate 2023 ?

Le Paris Open Karate se tiendra le 20, 21 et 22 janvier au Stade Pierre de Coubertin. Nous resterons sur le format de l’an passé qui, malgré la covid, avait réuni plus de 370 inscrits. Beaucoup de nations n’avaient pas pu prendre part à l’événement l’année dernière à cause des restrictions sanitaires. Nous espérons cette année passer la barre des 500 compétiteurs.

L’organisation sera une nouvelle fois assurée par la FFK. En effet, dans l’étiquette des Premiers League, nous ne pouvons pas inscrire plus de 32 athlètes inscrits dans la ranking, ce qui empêche en tant qu’organisateur la participation de beaucoup de clubs et athlètes français.

Dans le but de poursuivre le développement du karaté sur le territoire, nous avons choisi de garder cette organisation traditionnelle pour cet événement qui existe depuis 1993.

Une année 2023 marquée également par les championnats d’Europe seniors.

Absolument. Avant cela, nous aurons d’autres échéances puisque nos jeunes s’envoleront en Turquie à la fin du mois pour les championnats du monde cadets, juniors, U21 et pour confirmer les 14 médailles obtenus aux championnats d’Europe de Prague en juin dernier. Un calendrier chargé puisqu’ils remettront ça rapidement en février à Chypre pour les championnats d’Europe une nouvelle fois.

En ce qui concerne les seniors, les derniers championnats d’Europe en Turquie nous ont laissé de beaux espoirs. Il faudra confirmer avec davantage de finales cette fois-ci. Les garçons en équipe auront quant à eux leur titre à remettre en jeu, ce qui augure encore de belles émotions à vivre pour le karaté français.

Propos recueillis par Emmanuel Charlot / Sen No Sen

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