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Clubs : le plaisir retrouvé (épisode 4)

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Un peu partout en France et dès que cela a été possible, les clubs ont relancé l’activité en extérieur. Dans les Deux-Sèvres, en Ardèche ou dans la Marne, le lien, jamais rompu, a donné lieu à une reprise enthousiaste et imaginative. Si certains continuent encore les cours jusqu’à la fin du mois, la préparation de la rentrée, qui s’annonce plus sereine avec l’autorisation de reprise des sports de contact, est déjà à l’œuvre.

La voix est calme, les explications pédagogiques. Avant d’aller dispenser l’un de ses deux cours hebdomadaires, Max Goutfer, professeur de wushu au sein de l’École des Arts martiaux de Cerizay dans les Deux-Sèvres, raconte avoir calqué de son environnement professionnel, lui qui est conseiller principal d’éducation dans un collège, avec une stratégie de « sécurisation maximum » depuis le déconfinement. L’idée ? Dissiper autant que possible les craintes des actuels licenciés ou futurs pratiquants face à cette situation inédite quant à la pratique de l’art martial chinois. Une stratégie gagnante. « Pour la pratique du sanda j’ai décidé d’imposer le port d’une visière pour celui qui tient le bouclier de frappe, des exercices uniquement basés sur du pied/poing et le fait de garder le même partenaire pour la séance. Pour le taolu, les règles sanitaires ne changent rien puisque le travail est très souvent individuel. Par ces mesures qui peuvent paraître peut-être excessives, nous souhaitons rassurer, faire tomber l’appréhension qui peut naître de la pratique. Une adaptation nécessaire pour aller aussi au-delà de la crainte du “on arrête tout”. Pour la rentrée, j’ai déjà reçu beaucoup d’appels de parents pour des renseignements. Le bouche-à-oreille marche bien. » En septembre, le club a d’ores et déjà prévu une réunion avec les parents pour un rappel des règles sanitaires qui seront également au menu de chaque séance à partir de la rentrée. « Nous allons reprendre le 31 août et préparer notre participation au forum des sports de la ville. Pour le sanda, nous resterons sur du pied/poing, sans prise de lutte. Tout est donc déjà prévu. En clair, nous sommes prêts (sourire) !»

Passion et solidarité
Même optimisme chez Jérôme B., gendarme de profession et professeur 2e dan du Yoseikan Budo Aikijujitsu Ardèche. Après une reprise qui a vu deux tiers des licenciés de cette section créée en septembre revenir à la pratique entre mi-mai et début juillet, ce dernier, de nature positive, n’appréhende pas cette rentrée forcément particulière. « Le Yoseikan est une discipline suffisamment variée pour travailler et progresser en s’adaptant au contexte actuel. Concrètement, on fera du pied/poing, du tambo mais pas de judo par exemple. En fait, s’adapter, c’est notre boulot au quotidien en tant que professeur », philosophe-t-il avec le sourire. Ce bénévole, qui enseigne sur son temps de repos au sein des communes de Joyeuse, Le Teil et Viviers, est d’autant moins inquiet qu’il a eu des retours très favorables sur les initiatives mises en place par le club depuis la mi-mars. « Les parents de nos licenciés ont été nombreux à nous remercier de ne pas les avoir laissés tomber. Avec ma femme et ma fille, qui m’aident pour les cours des enfants, nous avons fait notre maximum pour garder un lien permanent, avec par exemple des cours enregistrés et diffusés sur Youtube. Nous faisons cela par passion, de manière sérieuse mais simple, avec par exemple un prix de cotisation très accessible. Par solidarité aussi, car avant le coronavirus Covid-19, notre région a également été touchée par un séisme. Même si notre club est jeune, un vrai noyau de pratiquants s’est déjà formé. On sait que l’on pourra compter sur eux en septembre. » Déjà fort de soixante-dix licenciés – l’association est la section « arts martiaux » du club sportif et loisir de la gendarmerie du département, et compte 50% d’enfants, des gendarmes, des pompiers (« mais avec une majorité de civils », précise Jérôme) – le club ne compte pas en rester là. « On va distribuer 2000 flyers, faire des initiations dans les écoles du village, communiquer sur ce que l’on a fait depuis mi-mars, etc. » Une rentrée que le club ardéchois attend donc avec impatience.

Retour aux fondamentaux
Direction enfin la Marne avec la section féminine du club de krav-maga de Cormontreuil. Un groupe créé lui aussi au début de saison et dirigé par Johanne Bertrand, 2e dan. Comptant une vingtaine de membres de 14 à 55 ans, celle-ci était déjà en vacances lors de l’autorisation officielle de reprise des sports de contact. « Cette dernière fut trop tardive, regrette l’éducatrice, même si, quelque part, ce fut un mal pour un bien. En effet, avec l’interdiction des contacts, j’ai décidé, pour la reprise à la mi-mai, de revenir aux fondamentaux. Avec le recul, ce ne fut pas du luxe car ces derniers n’étaient pas forcément acquis, contrairement à ce que l’on pouvait penser. Ainsi ai-je mis l’accent sur l’équilibre, avec un travail basé sur des coups de pied directs ou latéraux, la vitesse avec des exercices de boxe anglaise en fractionné, la respiration pour éviter de se retrouver en apnée en cas de peur intense, ou encore beaucoup de préparation physique indispensable pour avoir plus de force pour repousser un agresseur, pour booster la confiance en soi. »
Et la rentrée ? Johanne Bertrand la sent « très bien », avec notamment ce besoin partagé, notamment par les parents, de se défouler après cette longue période d’inactivité. Une reprise qui se fera dès le 29 août par une journée découverte au club et pour laquelle Johanne Bertrand a déjà préparé deux scénarii : « si on peut reprendre normalement, on reviendra à des cours classiques avec de la mise en situation. Sinon, on restera sur ces fondamentaux le temps nécessaire. Comme ça, nous ne serons pas prises au dépourvu. » Anticiper et s’adapter, encore et toujours.

Thomas Rouquette / Sen No Sen

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