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Arbitrage, porter le regard loin

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Après deux années perturbées par le covid, la saison 2021-2022 de karaté celle du véritable retour à la compétition. Au niveau national, les réformes engagées par la Commission Nationale dArbitrage ont semblé porter leurs fruits, tandis que les arbitres internationaux ont enfin pu reprendre du service. Cela méritait bien un bilan de la saison.

Alors que la coupure estivale vient de débuter, l’heure est aux bilans… et l’arbitrage ne déroge pas à la règle. D’autant qu’en octobre dernier, la Commission Nationale d’Arbitrage (CNA) avait profité de la reprise des compétitions nationales et du retour dans les clubs pour instaurer une série de modernisations et d’ajustements du règlement national. En ligne de mire, un objectif clair : libérer le jeu du combat, et retrouver de la clarté. Alors, neuf mois plus tard, l’essai a-t-il été transformé ? « Ces ajustements n’avaient pas pour vocation de créer une révolution, mais bien d’engager une évolution en douceur, pose d’emblée Bruno Verfaillie, responsable de la CNA. Dans les compétitions nationales suivantes, cela s’est traduit par la diminution des sanctions au corps-à-corps, une nouvelle approche de l’arbitrage, et l’instauration du hen sho sen pour départager une égalité. »

À l’image de cette dernière évolution — une prolongation de trente secondes supplémentaires en cas d’égalité, lors de laquelle le premier qui marque l’emporte — les mesures résultent d’une démarche entreprise il y a trois ans en concertation avec les athlètes, les coaches, et les arbitres afin de redynamiser les combats. « Pour nous aussi, cela change la face des combats, analyse Jérémy Sutera-Sardo, arbitre national et continental. Plus aucune phase de temporisation, les combattants attaquent du début à la fin ! Côté sanctions, nous avons moins l’impression de brider le jeu, c’est plus attractif pour nous également. »

La jeunesse au pouvoir

« Valoriser le parcours de formation des futurs arbitres afin de lui donner un sens. » C’est dans cette optique que la FFKaraté a décidé, en début de saison, de renouer avec le concours des jeunes arbitres. Un retour presque autant attendu par les jeunes hommes et femmes en costume noir, que par les responsables de régions. En effet, si l’objectif fédéral vise à implanter des écoles de karaté dans au moins soixante pourcents des départements, le concours des jeunes arbitres permet d’aider les régions et les départements à développer localement la discipline. « Cette année, chaque jeune arbitre âgé de dix-huit à vingt ans, et possédant au minimum le deuxième dan, était éligible à l’examen national d’arbitrage », précise Bruno Verfaillie, également arbitre mondial depuis 2012. Jérémy Sutera-Sardo, ancien jeune arbitre, complète : « À l’issue de du concours, les arbitres reçus à l’examen national sont promus au niveau senior, cela permet de mettre en avant leur engagement de la première heure. » Le retour d’un lien entre les jeunes et l’arbitrage du meilleur niveau national.

« Représenter la France, un privilège »

La saison 2021-2022 fut également l’occasion pour le circuit mondial de reprendre ses habitudes. Contrairement au circuit national, sur lequel les restrictions ont été levées à mesure que la saison avançait, il n’en est rien à l’échelon international. « En dépit de ces contraintes, la reprise des compétitions européennes et mondiales a été une véritable bouffée d’air frais. En revanche, elle a également été extrêmement chronophage puisque nous avons été sollicités sur plus de dix déplacements à l’étranger », concède Bruno Verfaillie. À l’image du contingent d’arbitres internationaux français, bien représenté à l’international avec une vingtaine d’officiels, de nombreux jeunes arbitres tricolores souhaitent désormais exercer au plus haut niveau. « Mon objectif ultime est d’officier lors des championnats du monde, souligne Jérémy Sutera-Sardo, arbitre continental en voie d’arbitrer à l’échelle mondiale. C’est également une manière de continuer à exercer au plus haut niveau, de ressentir l’excitation de la compétition. D’autant qu’il existe aussi une compétition entre arbitres, car seuls les meilleurs sont sélectionnés pour les plus grands tournois, ce qui force à une remise en question permanente. Et puis représenter la France, et l’arbitrage français lors des compétitions relève presque du privilège ! ». Et ce n’est qu’une question de temps… Actuellement juge international A kata et juge international A combat, il reste au jeune homme seulement deux diplômes à passer avant de pouvoir officier au plus haut niveau. Un parcours qui doit en inspirer d’autres.

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