Wado-ryu : Schiltigheim sous le signe de l’engagement
le 7 février 2026, le gymnase des Malteries à Schiltigheim accueillait la 44ᵉ coupe de France wado-ryu. Plus qu’un rendez-vous sportif, l’événement a confirmé la vitalité d’un style exigeant, avec 437 compétiteurs engagés sur les tatamis alsaciens.
Déjà théâtre de l’édition 2018 et de la coupe d’Europe Wado Kai en 2023, l’enceinte alsacienne a une nouvelle fois servi d’écrin à ce rendez-vous majeur du calendrier national. Organisée par le comité départemental du Bas-Rhin en partenariat avec la commission sportive de la Fédération Française de Karaté, la compétition était symboliquement accueillie par Jérémy Goetz, président du CDK67. Dès l’ouverture, le ton est donné : rigueur organisationnelle, précision des horaires, fluidité sur les six tatamis installés pour l’occasion.
La matinée a été consacrée aux combats avec 285 compétiteurs qui se sont succédés. Les catégories minimes se distinguaient d’ailleurs par une participation remarquable avec 90 engagés, suivies des seniors (67) et des cadets (63). Une forte représentation des jeunes catégories qui traduit une dynamique encourageante : le wado-ryu attire, forme et fidélise. La compétition a été orchestrée avec maîtrise par Hugues Micholet, président adjoint de la commission nationale d’arbitrage.
Le body karaté met l’ambiance
La remise des médailles, en présence de nombreuses personnalités institutionnelles et fédérales, a souligné l’importance de l’événement dans le paysage du karaté français. Chaque podium raconte une histoire de persévérance. Entre les séquences de combat, le public a pu assister à une démonstration de body-karaté dirigée par Laurence Belrhiti et son équipe, offrant un éclairage complémentaire sur la diversité des pratiques au sein de la fédération. Les katas ont ensuite pris possession de la salle, avec 120 compétiteurs individuels et douze équipes engagées sur les six surfaces. Des pupilles aux vétérans, les générations se sont croisées. « La participation en kata enregistre une hausse spectaculaire de 60 %, tandis que le kumité progresse de 22 %. Au total, 437 compétiteurs étaient présents sur les 532 inscrits, signe d’une mobilisation réelle, explique Patrice Belrhiti, expert fédéral. La répartition globale confirme la prééminence du combat avec environ 65 % des engagés en kumité contre 35 % en kata. En kumité, la proportion reste stable avec 62 % de masculins et 38 % de féminines. En kata, la tendance s’inverse légèrement avec 52 % de masculins et 48 % de féminines. Ces chiffres témoignent d’un rééquilibrage progressif et d’une féminisation soutenue de la discipline. »
Un stage qui réunit 100 participants
Moment particulièrement attendu, l’épreuve « équipe spécifique wado » a réuni quatre formations. Introduite il y a quatre ans dans le programme, elle s’installe durablement. En duo (femmes, hommes ou mixte), les partenaires doivent enchaîner kihon spécifiques wado, trois kihon kumite, deux tanto tori et deux itori chacun. Environ sept minutes d’intensité technique où la synchronisation et la précision sont déterminantes.
Le week-end ne s’est pas arrêté aux podiums. Il s’est prolongé par un stage d’expert dirigé par Patrice Belrhiti, 9ᵉ dan, réunissant une centaine de stagiaires. Une belle marque de continuité entre compétition et formation. Au terme de cette 44ᵉ édition, une impression domine : celle d’une discipline en croissance maîtrisée. Avec une augmentation globale de 28 % du nombre de compétiteurs par rapport à l’année précédente, la coupe de France 2026 a confirmé la solidité du maillage territorial et l’engagement des clubs. À Schiltigheim, le wado-ryu a démontré qu’il évolue sans renoncer à ses fondamentaux, fidèle à l’esprit du sen no sen et à l’intelligence du geste.