Portrait d’arbitre : David Chereau
Karaté

Portrait d’arbitre : David Chereau

14 février 2017 - Arbitrage / Karaté

Professeur, intervenant dans les écoles, arbitre national, responsable régional d’arbitrage, responsable de la formation des jeunes arbitres, et plus jeune 6ème dan de France, à 42 ans David Chereau est un karatéka et un arbitre passionné et passionnant. Portrait.

© Denis Boulanger / FFKDA
© Denis Boulanger / FFKDA

FFKDA : Quel a été votre premier contact avec le karaté ?
David Chereau : J’ai commencé le karaté lorsque j’avais 10 ans. Avec ma sœur nous étions des enfants très dynamiques, on se chamaillait, on jouait souvent à la bagarre… Et puis un jour mon père est venu nous annoncer qu’il nous mettait au karaté pour nous recadrer, et il s’est avéré que ça nous a vraiment plu ! Au départ les entraînements se déroulaient deux fois par semaine, mais au bout de 3 années de pratiques, ils sont devenus quotidien. Avec ma sœur et mon frère, le karaté est devenu une véritable passion, personnelle mais surtout familiale ! Aujourd’hui j’ai 41 ans, et cet engouement est toujours présent, il ne m’a jamais quitté !

FFKDA : Comment en êtes-vous arrivé à l’arbitrage ?
D.C. : Toujours avec ma sœur et mon frère, nous étions compétiteurs. Je me suis lancé dans l’arbitrage vers mes 16 ans, car j’étais déçu par l’arbitrage et je voulais améliorer sa qualité ! (rires) Et puis on s’est rendu compte que ce n’était pas si facile que ça ! On y a goûté et on y a trouvé notre plaisir. Au-delà d’être une école de la rigueur, ce qui me plait beaucoup, l’arbitrage me convient d’autant plus qu’il s’agit d’être le plus juste possible, et que je déteste par-dessus tout l’injustice ! Ces éléments mis ensemble m’ont permis de devenir juge !

FFKDA : Pouvez-vous revenir rapidement sur votre parcours dans l’arbitrage ?
D.C. : Je suis arbitre national. J’ai passé l’examen d’arbitre national combat en 2002, et celui de juge national kata dès 2006.

Outre ces fonctions, je suis en charge de la formation des jeunes arbitres au niveau national. Bruno Verfaillie, responsable de la Commission Nationale d’Arbitrage (CNA), m’a confié cette mission il y a deux ans, et cela me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’une formation ludique, complètement dépoussiérée par rapport au format précédent. On a tout remis à plat, et on fait en sorte de mettre en place des éléments plus amusants, accessibles même aux arbitres aguerris. Par exemple, sur le site internet de la CNA, nous avons mis en place une application qui regroupe plusieurs petits jeux autour de l’arbitrage. C’est gratuit et accessible par les Responsables Régionaux d’Arbitrage, qui peuvent s’en inspirer pour agrémenter leurs cours.

Enfin, je suis également Responsable de l’Arbitrage pour la Région Centre-Val-de-Loire depuis 4 ans.

FFKDA : Quels sont vos projets, au niveau du karaté, pour l’avenir ?
D.C. : Le karaté c’est ma passion, mais aussi mon métier. Je donne des cours tous les soirs, et la journée j’interviens dans les écoles auprès d’un public scolaire.

Je viens de passer mon 6 ème dan, donc le prochain attendra un peu ! (rires) Sinon, eh bien j’aimerais un jour prétendre au titre de juge/arbitre international… Enfin, je garde en tête de finaliser le projet éducatif pour les jeunes arbitres !

FFKDA : Qu’est-ce que vous apporte l’arbitrage sur le plan personnel ?
D.C. : Ca m’a beaucoup apporté lors de ma jeunesse, notamment en assurance, en confiance en moi, et en soif de justice ! Lorsque j’arbitre je veux vraiment être juste avec les compétiteurs. Je me donne vraiment à 100%. Certes, il y a la technique, mais j’arbitre aussi avec mon cœur. Je prends du plaisir dans le fait de rendre le bon jugement par l’application du bon règlement. L’arbitrage m’anime. Je me donne toujours à fond pour rendre la décision la plus juste possible.

Et puis, l’arbitrage m’a également permis de garder un pied dans la compétition ! Mon seul regret est qu’il n’y pas assez d’anciens compétiteurs, à mon sens, qui viennent arbitrer une fois leur carrière sportive terminée. C’est dommage car c’est un vivier très intéressant.

FFKDA : Quel est votre plus beau souvenir d’arbitrage ?
D.C. : J’en ai deux !

Le premier concerne une décision que j’ai prise lors de l’arbitrage d’une finale d’un Championnat de France. Le public était très impliqué dans le match que j’arbitrais. A un moment, je demande un « mubobi » (sanction pour mise en danger de sa propre personne, ndlr.), au départ le public crie, et lorsque je rends ma décision, les spectateurs se mettent à m’applaudir. Lorsque mon combat se termine, j’ai même eu M. Hugues Micholet, référent de l’arbitrage national, qui est venu me féliciter.
Je garde ce moment comme un très bon souvenir, car ce n’était pas une décision facile à prendre, je savais qu’elle serait sujette à controverse, et finalement j’ai eu raison de m’écouter et de me faire confiance !

Autre beau souvenir, lors de l’Open de Paris 2017. J’étais en charge de gérer une équipe de bénévoles et arbitres nationaux pour préparer les compétiteurs dans la salle annexe. A la fin de la compétition, il restait les japonais ainsi que deux ou trois équipes, et la salle d’échauffement était vraiment dans un piteux état. Et donc instinctivement les japonais se sont levés pour ranger et nettoyer. Si on a d’abord applaudi leur geste, l’ensemble des personnes présentes dans la salle, bénévoles, compétiteurs, arbitres etc… on a tous pris un sac poubelle et on s’est entre-aidés. Ça reste un très bon souvenir également dans le sens où c’est une belle image de citoyenneté. Le sport ce n’est pas que des exploits sportifs, c’est aussi une aventure humaine.

FFKDA : Un conseil pour ceux qui n’osent pas se lancer dans l’arbitrage ?
D.C. : A ceux qui veulent se lancer je conseillerai de prendre contact avec le responsable régional d’arbitrage pour avoir les informations et pouvoir s’inscrire dans une école.

Il faut savoir que l’arbitrage est vraiment une aventure humaine. Il faut aimer les gens, le partage… C’est une aventure exceptionnelle. D’autant plus en France, où l’on a un super esprit d’équipe, de soutien et une excellente ambiance !

Enfin, je dirais de ne pas oublier qu’un arbitre est un karatéka avant tout, et qu’il mérite le respect.

FFKDA : L’arbitrage en quelques mots ?
D.C. : Aventure humaine, épanouissement personnel, estime de soi, estime des autres !

 

Fiche d’identité

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    David
    CHEREAU
    Arbitre National

    – Début de l’arbitrage : 1991

    – Département : Indre et Loire

    – Responsable de l’arbitrage en Région Centre-Val-de-Loire

    – Juge et Arbitre national