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Yoseikan Budo : cinq piliers pour une saison

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À peine nommé à la tête du yoseikan budo national, l’ancien membre de l’équipe de France Nadir Boumahammed avait donné le ton en juin dernier en annonçant les projets pour la saison 2022/2023. Visiblement, les innovations ont pris forme au cours de l’été. Explications.

Coupe de France à deux têtes

« Plus nous organisons de compétitions, plus nombreux seront les compétiteurs. Naturellement, le nombre de pratiquants augmentera, car la compétition agit généralement en vitrine du sport. » C’est le constat  simple posé par l’ancien athlète. Conséquence directe : deux coupes de France par zones (Nord et Sud) verront le jour cette saison au lieu de l’unique initialement prévue. « C’est la première saison lors de laquelle trois compétitions nationales de yoseikan budo prendront place au calendrier », se réjouit Nadir Boumahammed. Le coordinateur national nouvellement nommé ne s’en cache pas, la multiplication des événements s’affiche au centre de sa stratégie de développement afin d’implanter la discipline dans l’ensemble de l’Hexagone. « Multiplication certes, mais également diversification et accessibilité, insiste le père du premier et expert fédéral, Nordine Boumahammed. où le format pieds-poings est privilégié lors des traditionnels championnats de France, les coupes de France se disputeront sur un format multidisciplinaire, et seront ouvertes aux pratiquants de tous niveaux. »

Incitation à la polyvalence

Plus qu’un encouragement, c’est presque une injonction, signée du nouvel entraîneur adjoint de l’équipe de France Mehdi Benaissa : « Un grand combattant de yoseikan doit être capable de se confronter à d’autres disciplines. Or, ce n’est pas ce qui manque au sein de la fédération, c’est une richesse qu’il faut exploiter… » Suivant cette idée, nos combattants seront davantage sollicités afin de participer aux compétitions de karaté mix ou de full-contact. « Ces compétitions, auxquelles nous serons présents pour accompagner les athlètes, feront partie de nos grilles de sélection, poursuit le champion du monde 2017. Elles peuvent être salvatrices en cas de mauvaise performance aux championnats de France ou décisives s’il faut départager deux athlètes. » Valoriser ceux qui joueront le jeu, une manière d’inciter à la pratique en compétition et d’augmenter leur densité, selon le néo coordinateur qui conclut dans un sourire : « les années précédentes, certains athlètes sont restés sur leur faim. Là, j’espère qu’ils seront rassasiés ! ».

Redynamiser les stages d’experts

Si leur nombre de sept n’est pas remis en question, les stages organisés au cours de la saison 2022-2023 verront la présence de compétiteurs en plus des experts nationaux habituels. « Notre volonté est de mutualiser les publics afin de garder une unité au sein de cette très large discipline, avoue le coordinateur national. La popularité des compétiteurs de haut niveau sera un atout de choix dans le but de remobiliser les jeunes et de redonner vie à ces stages. » Si aucun objectif de participants n’est fixé, une progression est espérée dès les premiers événements, qui débuteront entre octobre et novembre. « Fusionner la nouveauté à l’ancienneté apportera un nouveau souffle. Les uns profiteront de l’expérience des autres, qui bénéficieront de leur fraîcheur en retour, abonde son père, Nordine, avant de prendre exemple sur sa propre expérience. Il y a quelques années désormais, le maître Hiroo Mochizuki lui-même avait fait appel à moi pour apporter du dynamisme, de la nouveauté, et une nouvelle perspective. Ici, l’idée sera similaire ! »

Fin de la victoire par soumission en classe « A »

L’impulsion est venue d’Hiroo Mochizuki lui-même. Celui qui a fondé le yoseikan budo au crépuscule des années soixante a opté pour une homogénéisation des règles de la discipline, désormais adoptée au niveau international : une soumission de l’adversaire ne donne plus la victoire en classe « A », mais quatre points, comme au sein des autres classes. « Naturellement, le règlement français évolue dans le même sens, souligne Nadir Boumahammed. Seul un K.O. permettra désormais de gagner avant le temps imparti. Cela permet de préserver l’intégrité physique des combattants. » Et Nordine Boumahammed d’ajouter : « Certains athlètes refusaient parfois une promotion en classe A pour cette raison. D’autres combattants seront déçus sans doute, mais le combat est une évolution technico-tactique, pas une destruction. Cette décision permet d’apporter une finalité au combat. »

Objectif Tunis

Cette saison, le collectif France se rassemblera à deux reprises. Rendez-vous les 24 et 25 septembre pour la trentaine d’athlètes conviés à la préparation du championnat du monde des nations. Deux jours intensifs à l’issue desquels seront sélectionnés les sept athlètes qui s’envoleront pour Tunis du 2 au 4 novembre. Cependant, le format des championnats du monde permettra à l’ensemble des compétiteurs licenciés d’y participer. En effet, une coupe du monde des clubs, constituée d’une compétition combat arme et d’une compétition par équipes ouvertes à tous, se déroulera aux mêmes dates dans la capitale tunisienne. « Même si nous sommes une petite structure d’une soixantaine de licenciés et que le déplacement est conséquent, nous nous efforçons de participer aux championnats, pose Fabrice Hecquet, président du club de Rouvroy. Premièrement l’image donnée par le club est belle, mais c’est surtout un formidable message pour nos jeunes… En travaillant dur, en apprenant bien, participer à un championnat du monde est possible.» Une vision à l’image de la saison de yoseikan budo à venir : pleines de perspectives.

Maël Jeanthon / Sen No Sen

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