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11 septembre 2025

Yann Baillon : « L’année des championnats du monde »

France Karaté

En cette toute fin de mois d’août, nous avons rencontré le Directeur Technique National Yann Baillon pour parler de l’année qui se profile et des projets lancés pour faire avancer le karaté français. Avec une première évidence : la préparation des championnats du monde 2025 qui auront lieu au Caire, en Égypte, du 27 au 30 novembre prochains.

C’est la rentrée pour la FFKaraté, quels sont les grands chantiers de la Direction Technique Nationale ?
En fait, la rentrée est déjà bien entamée ! L’essentiel pour nous en ce moment, c’est l’enjeu sportif, avec deux événements majeurs. Le rendez-vous des championnats du monde en novembre, et auparavant le tournoi de qualification en octobre qui est une étape intermédiaire, mais décisive.

Pouvez-vous nous dire où en est la sélection française ?
C’est la première bonne nouvelle : nous avons déjà sept de nos athlètes qualifiés. Comme on le sait, la qualification est possible de trois façons différentes. Nous avons un champion du monde en titre, Mehdi Filali, qui est donc qualifié d’office en +84kg. Ensuite, il y a la qualification par le classement mondial WKF, laquelle a été déterminée au mois de juin, et nos performances d’ensemble nous permettent donc d’avoir déjà beaucoup de nos sélectionnés sur les listes. Il nous restera encore le tournoi de qualification, qui aura lieu en France, du 17 au 19 octobre au Palais des Sports Robert Charpentier à Issy-les-Moulineaux pour qualifier le plus de monde possible aux championnats du monde du Caire. Il nous manque encore un représentant en kata masculin, un combattant en -84kg, une combattante en -55kg…

Nous avions réorganisé l’équipe d’encadrement la saison passée et ils ont toute notre confiance pour mener la mission de préparation, que nous avons décidé d’individualiser au maximum. Nous avons dissocié les groupes, para-karaté, kata et combat. Les athlètes kata s’entraînent spécifiquement à Montpellier, les combattants au Mans avec l’idée d’optimiser au maximum l’entraînement. On dissocie même les masculins et les féminines. Un stage final à La Réunion rassemblera l’ensemble de l’équipe, pour renforcer la cohésion avant l’événement.

 

Nouvel arbitrage pour les jeunes : une approche progressive et pédagogique

 

On parle beaucoup d’un changement majeur dans l’approche du règlement de compétition pour les jeunes. Pourquoi cette refonte ?
C’est un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps. Trop souvent, on voit nos jeunes karatékas, engagés dans leurs jeunes années, faire un championnat de France, puis un autre, puis un troisième, avec les mêmes règlements, le même type d’arbitrage, la même animation et quand ils arrivent dans les années qui comptent, ils arrêtent parce qu’ils ont le sentiment d’avoir fait le tour. Nous voulons qu’ils restent passionnés le plus longtemps possible en établissant une progressivité logique et saine en avançant vers la compétitivité et la performance. Avec les plus jeunes, on gagnera en limitant les grands déplacements pour privilégier le local. Les compétitions pour les mini-poussins et poussins, c’est le département, les pupilles c’est le niveau ligue, les benjamins c’est le championnat de France par zones, nord et sud. Pour les plus jeunes, ces compétitions seront des événements d’animation et de découverte, non de performance. À partir de la catégorie minime, on rentre dans le vif du sujet et un championnat de France avec un titre national à emporter. C’est un grand changement.

Et l’arbitrage est aussi concerné par cette transformation…
Absolument. Pour les plus jeunes, l’arbitrage sera beaucoup plus pédagogique. Plutôt un accompagnement pour aider les jeunes à apprendre de la situation, avec une logique de conseil, d’explications des erreurs. Un arbitrage à un seul arbitre, pas de coaches, pour ne pas mettre trop de pression aux enfants, avec un échauffement organisé par les cadres techniques locaux. La décision se fera par l’évaluation globale de l’arbitre et non plus sur un décompte de points strict. Sur l’engagement physique, sur la productivité, sur la générosité des assauts, sur la précision, sur plein de détails techniques aussi. Il n’y aura pas de sanctions, l’accent est mis sur la clarification, le plaisir et l’échange. Nous aimerions aussi demander aux arbitres d’abandonner leur veste et leur cravate à cette occasion, même si on sait que c’est parfois compliqué quand différents événements sont organisés dans la même journée. De pupille à benjamin, on passe à un arbitrage à trois et, à partir de minime, un arbitrage à cinq. Nous avons aussi décidé d’adopter dorénavant l’arbitrage international avec lequel nous avons longtemps été en décalage, mais qui a beaucoup évolué ces derniers temps, et plutôt avec pertinence, notamment autour des Youth League, avec l’arbitrage à trois justement, la décision finale en fonction de la qualité des techniques portées, ce qui pousse à marquer des points plus spectaculaires. C’est un changement de culture qui prendra un peu de temps, mais il est essentiel pour le développement à long terme de notre sport.

L’objectif est de prioriser le développement des enfants…
C’est très insatisfaisant d’avoir un turn-over de 70 % chaque année chez les jeunes. Ce que l’on souhaite, c’est pouvoir les garder le plus longtemps possible et d’en faire de bons karatékas. Je veux vraiment que nous nous concentrions sur le karaté enfant, par la compétition, comme je viens de l’expliquer, par l’animation aussi. Il est important de redonner aux clubs et aux départements les moyens de refaire de l’animation. Les calendriers sont tellement surchargés qu’ils ne le peuvent pas actuellement. Alors on les allège pour leur redonner l’opportunité d’organiser ce qu’ils souhaitent, tout en mettant en place une base de données des compétitions de type animations, initiations, avec des cahiers des charges, des exemples dans lesquels on pourra piocher pour créer quelque chose. J’ai mis en place une commission d’une dizaine de personnes et j’ai réussi à obtenir un poste de professeur de sport sur contrat de droit privé accepté par le ministère, qui va nous permettre d’avancer beaucoup plus vite, de faire le lien avec les clubs, de diffuser les bonnes idées.

Sur quel autre point avez-vous prévu de mettre l’accent cette année ?
Cela va aussi dans le sens de la protection de notre jeunesse, la lutte contre toutes les formes de violences reste une priorité. Nous avons mis en place un protocole d’alerte sur notre site qui centralise tous les signalements et les envoie directement vers le comité d’éthique indépendant. Cela permet d’avoir un traitement objectif et impartial, en évitant les interférences. Chaque dénonciation est prise au sérieux, quelle que soit la personne impliquée. En parallèle, nous investissons énormément dans la prévention. Nous avons intégré des modules obligatoires sur la lutte contre les violences dans toutes nos formations, que ce soit pour le DIF (Diplôme d’Instructeur Fédéral) ou le TFP (Titre à Finalité Professionnelle). Nous voulons donner aux encadrants les outils pour identifier les signes, anticiper les risques et agir rapidement.

Des modules à la carte en e-learning sur des points précis

Vous faites encore évoluer les formations en ligne. En quoi est-ce une nouveauté ?
La formation est le moteur de notre développement et c’est aussi un sujet qui me paraît essentiel. Les professeurs, traditionnellement, sont confrontés à un dilemme qui semble se poser de cette façon : soit on fait de l’animation, les enfants sont contents, mais cela ne dure pas, et les parents ne sont pas satisfaits, car ils nous les confient pour qu’on leur apprenne le karaté, pour que l’on contribue à leur formation et à leur développement. Soit on met les jeunes en ligne pour des séries de répétition et ils arrêtent au bout d’un an. Il faut, bien sûr, marier les deux projets, faire en sorte qu’ils prennent beaucoup de plaisir tout en progressant vraiment. Quand je vois ce que la fédération de tennis, par exemple, est capable de proposer à ses professeurs en termes d’exercices variés, ludiques, passionnants et amusants, je me dis que nous n’avons pas assez exploré ce point crucial du soutien à l’enseignement dans nos clubs en suggérant des stratégies, des exercices, en offrant ce dont ils ont besoin au moment où ils viennent chercher l’information. Nous nous sommes rendu compte que les gens ne cherchaient pas forcément à se former globalement, qu’ils avaient souvent des besoins très précis. Notre plateforme d’e-learning, avec laquelle nous avons déjà proposé l’année dernière de la formation aux dirigeants, est faite pour cela. Nous proposons des modules à la carte sur des thèmes variés : le coaching en compétition, la préparation mentale, le développement du karaté pour les tout-petits, les adolescents, etc. C’est une façon de donner aux clubs et aux instructeurs les outils spécifiques dont ils ont besoin pour résoudre leurs problèmes quotidiens.
L’intelligence artificielle est un formidable accélérateur que nous ne laissons pas de côté. Nous travaillons avec une entreprise spécialisée qui nous permet de créer des contenus pédagogiques et des cahiers des charges de compétitions par exemple, de manière beaucoup plus rapide et efficace. Nous pouvons ainsi diffuser des contenus de qualité aux clubs et aux enseignants en temps réel. Cette approche intelligente du travail et l’utilisation efficace des nouveaux outils vont nous permettre de gagner un temps précieux et de proposer une offre de services plus riche et plus diversifiée.

Outre ces grands chantiers, y a-t-il d’autres initiatives à venir ?
Oui, bien sûr, nous sommes sur de nombreux projets qui évoluent à leur rythme. Depuis que je suis arrivé, nous travaillons à la formation des cadres techniques fédéraux pour qu’ils soient des relais efficaces de la politique de la DTN sur le terrain et pour vraiment aider à la formation au niveau local. Pour ce qui concerne le TFP (Titre à Finalité Professionnelle), nous étions jusque-là sur une semaine bloquée. Nous allons le faire en deux sessions de deux week-ends, pour que les gens aient le temps d’assimiler, faire des retours d’expérience en club avant de revenir vers l’institution, retourner à nouveau en club pour une approche plus pratique, et cela par deux fois. Ce sera à la fois plus facile d’accès et plus efficace. Nous avons l’idée encourager les projets d’échanges sportifs et culturels à l’international, comme le programme Erasmus, pour enrichir l’expérience de nos jeunes, profiter des déplacements pour une approche qui soit aussi culturelle. Nous voulons sensibiliser nos ligues et nos comités à l’intérêt du service civique. L’objectif est de leur permettre de mobiliser des jeunes pour des projets de développement. Tous ces leviers visent à renforcer le lien avec nos licenciés et à s’assurer qu’ils ont les meilleures conditions pour progresser.

Propos recueillis par Emmanuel Charlot / Sen No Sen

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