Wushu : Les nouveautés de la saison 2019-2020

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Fort d’un peu plus de 15 000 pratiquants au sein de la fédération en fin de saison dernière, le wushu entame sur les chapeaux de roue cette nouvelle année, avec les championnats du monde organisés en Chine et annoncés comme grandioses. Une discipline avec à sa tête un nouveau président du comité national en la personne de Mounir Harrathi. Ancien responsable de la commission nationale d’arbitrage, ce dernier dresse ici un état des lieux des réformes actées et appliquées depuis le mois de septembre. Deux grandes idées ont guidé ces choix : mieux structurer pour optimiser le sportif, et harmoniser la complexe question des grades.

Mise en place d’une ranking list, organisation d’un second Open

« Cela faisait plusieurs années que la Chine n’avait pas organisé les championnats du monde. Ajoutez à cela la présence toujours plus nombreuse de pays et d’athlètes pour faire de cette compétition une vitrine dans la perspective d’une candidature du wushu aux Jeux olympiques, et vous avez des championnats qui s’annoncent comme un évènement exceptionnel. » Élu le 29 juin dernier, Mounir Harrathi s’attend à du grand spectacle à Shanghaï du 19 au 23 octobre prochains.
La France comptera dix participants : cinq en taolu, cinq en sanda. Parmi eux, deux juniors, Loan Drouard et Simon Baur. Objectifs fixés ? « Il y en a deux, explique le président du comité national. D’une part, entrer dans les huit meilleurs mondiaux et, si possible, décrocher une médaille en taolu comme en sanda. D’autre part, que nos deux juniors acquièrent de l’expérience à très haut niveau en vue des prochains championnats du monde juniors qui se dérouleront en juillet 2020 au Maroc, et où nous espérons beaucoup d’eux. »

Un haut niveau qui va d’ailleurs connaître une des grandes nouveautés de cette nouvelle saison avec la mise en place, depuis le 1er septembre, d’une ranking list nationale pour le taolu et le sanda. Cette dernière concernera tous les athlètes, des minimes aux seniors, et prendra en compte les compétitions « Open », les championnats de France et les compétitions internationales. « Le but est d’avoir des critères toujours plus objectifs, plus clairs, avec une vision à moyen et long termes concernant les sélections en équipe de France. Cette nouveauté s’inscrit dans une réforme plus globale du haut niveau avec, à venir, la refonte du plan de performance fédéral. »
Autre innovation, l’organisation non plus d’un mais de deux Opens en France : le premier en sanda, le week-end du 23/24 novembre à Villebon-sur-Yvette (Essonne), et le second en taolu, kung-fu et taiji quan la semaine suivante (30 novembre-1er décembre) à la Halle Carpentier à Paris. « La seule condition à à remplir pour s’y inscrire est d’être licencié à la fédération, explique Mounir Harrathi.
Enfin, dans une volonté de valoriser toutes les disciplines à égale valeur, il y aurait désormais des championnats de France de taolu (14-15 mars 2020 dans la région lyonnaise) aux côtés des championnats de France de sanda (11-12 avril 2020 à Vitrolles). La Coupe de France de qi gong se tiendra, elle, le 7 mars à Lyon. Dernière grande date sportive à retenir, la coupe de France jeunes, prévue les 23 et 24 mai 2020 à Paris.

Harmonisation des grades et développement des styles traditionnels

Il n’y a pas qu’au plan sportif que le wushu français innove. Ainsi, une des réformes majeures pour cette saison tient dans la nouvelle mouture des grades. « Nous avons fait le bilan d’un manque de clarté et d’équité dans les passages des Duan. Aussi, avons-nous décidé de refondre le contenu technique, que je qualifie d’ambitieux, pour les passages de grade. Cette réforme s’appliquera dès cette année pour le taolu et taiji quan, et en 2020-2021 en ce qui concerne le sanda et le qi-qong. L’idée est d’harmoniser les passages de grade et d’avoir la même exigence des jurys, peu importe la ligue où les candidats passeront l’épreuve. À cet égard, trente-sept responsables de grades ont été nommés dans huit ligues. »

Longtemps responsable de la commission d’arbitrage et arbitre international reconnu, Mounir Harrathi évoque aussi les évolutions d’un secteur qui lui tient particulièrement à coeur. « Le nouveau responsable national de l’arbitrage est désormais Alaeddine Azzouz. Ses principales missions tiendront dans la détection et la formation des jeunes arbitres (minimes à juniors), afin d’intégrer peu à peu ces derniers dans les compétitions « jeunes ». Il est aussi prévu de donner des outils digitaux aux arbitres actuels par la mise en place de formations à distance et d’e-learning. »
Il a enfin été décidé que chaque année, le département « développement » se saisirait d’une thématique afin de proposer, via des réflexions et consultations, des solutions à son développement. Pour cette saison 2019-2020, le choix s’est porté sur les styles traditionnels. L’objectif ? Leur donner plus de visibilité en créant, par exemple, plus d’animations. « Le document final est en cours d’élaboration. Pour les prochaines saisons nous avons déjà plusieurs thèmes possibles : le handicap, la formation, etc. »

Une saison 2019-2020 qui va donc connaître un certain nombre de nouveautés, actant par-là la volonté du comité national wushu de continuer à structurer et faire grandir les arts martiaux chinois.

Thomas Rouquette / Sen No Sen

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