Wushu – Rondro Vandegoor, l’esprit shaolin
Échanger avec Rondro Vandegoor, victorieuse de la Golden Wushu Series en taolu féminin au terme d’une saison parfaite mais aussi présidente de son club, c’est comprendre un parcours atypique avec la rigueur de l’école shaolin au centre d’un quotidien. « Rondro Vandegoor, l’esprit shaolin », le premier de nos quatre volets sur les vainqueurs de la GWS 2024-2025.
Contrairement à d’autres, ce n’est pas à l’enfance que Rondro Vandegoor a fait ses premiers pas dans le wushu. C’est même en jeune femme qu’elle débutait du côté de Champs-sur-Marne avec Habib Khouri il y a une vingtaine d’années. Quant à la compétition, elle est arrivée bien plus tard, en 2018 alors qu’elle a trente ans, et qu’avec son mari Frédérick, ils ont monté leur propre club, le Wuxia Kung fu Shaolin, à Val d’Europe (Seine-et-Marne). « Je n’avais pas spécialement un désir personnel de compétition mais, avec Frédérick, nous accompagnions un groupe d’élèves avec un projet de compétition. Il fallait connaître pour en parler, pour encadrer, conseiller, rassurer, les aider à progresser et à s’exprimer. C’est comme cela que l’on s’est retrouvé dans le circuit de la compétition », rembobine Rondro Vandegoor qui vient de terminer en tête de la Golden Wushu Series en taolu féminin, comme l’an passé. Des années de pratique dont un an en Chine, et le fruit d’un travail à peine interrompu par une grossesse. « J’avais arrêté la compétition, puis j’ai repris en 2023, aux deux ans de notre fille. Avec beaucoup d’entraînement, en technique, mais également avec un bagage en combat issu de mes premières années à Champs-sur-Marne. Faire les deux m’a permis d’être plus complète, je pense. Je me suis dirigée vers la technique, mais la dimension de l’affrontement permet d’appliquer les principes au réel. D’ailleurs, notre école shaolin favorise aussi cette dimension guerrière. » Et la compétition, quel révélateur fut-elle ces dernières années ? « Pour moi, c’est d’abord un stress à gérer », s’amuse cette maman de bientôt trente-sept ans, technicienne de laboratoire chez L’Oréal dans la vie et qui jongle aussi avec sa casquette de présidente de club. « Mais la vérité de la compétition est intéressante : elle pousse à s’améliorer, donne des objectifs à commencer par aller s’entraîner très régulièrement, maintient cet objectif de performance et force à la rigueur. »

Le socle pour une victoire sur deux Opens, à Eaubonne en octobre et à Strasbourg en juin ainsi qu’à la coupe de France et au championnat national. Un quatre sur quatre cette saison qui la place tout en haut de la hiérarchie féminine en sanda avant, peut-être, de prendre un peu de distance. « Laisser la place aux autres, il est sans doute temps, s’amuse-t-elle. En tout cas ralentir un peu. Cela donnera aussi davantage de temps pour notre club de quatre-vingt-dix licenciés dont la progression a été favorisée par une commune qui nous encourage depuis le début. Nous y perpétuons ce travail de rigueur, de dépassement de soi sur la base d’un du renforcement physique, pour nos compétiteurs comme pour ceux qui viennent pour une pratique loisir. » Rondro gardera tout de même un œil sur la prochaine saison. « J’aime beaucoup la façon dont la compétition s’est développée en peu de temps. Quand on a commencé, en 2018, il n’y avait que les sélectifs et les championnats de France. Désormais, les opportunités sont plus nombreuses et cela permet de progresser. Les organisations sont vraiment bien réglées, c’est fluide, hyper facile de suivre y compris pour ceux qui ne viennent pas sur la compétition avec les diffusions en direct. Avec le niveau qui augmente chaque année, cela rend nos compétitions à la fois très intéressantes et très valorisantes pour les pratiquants, les clubs et les professeurs qui forment avec passion. »
Olivier Remy / Agence Sen No Sen