Uechi-ryu, la dynamique continue
Sadanao Uechi et Hirotatsu Uechi, arrière-petits-fils du fondateur Kanbun, étaient en France il y a quelques jours à l’initiative de Didier Lorho, septième dan et expert fédéral et de l’association Uechi-ryu Karate-Do Europe. Au programme notamment : un stage national avec plus de cent participants en région parisienne et la vingtième édition de la coupe de France organisée à Maisons-Laffitte. Une semaine intense qui dit beaucoup sur la vitalité du Uechi-ryu en France et en Europe.
La vingtième, un symbole
Vingt ans. C’est le chemin parcouru depuis que Didier Lorho et Yukinobu Shimabukuro ont lancé ensemble la coupe de France Uechi-ryu, en 2006. Cette édition anniversaire s’est tenue, comme chaque printemps, au palais omnisports de Maisons-Laffitte, devenu au fil des années le point de ralliement de la discipline en France, chaque printemps. Le résultat : un plateau de 215 compétiteurs, une organisation une nouvelle fois assurée en partenariat avec les clubs de Montesson, Maisons-Laffitte, Carrières-sur-Seine et l’aide précieuse du CDK 78, mais aussi un plateau international avec des participants belges, portugais et polonais, tous licenciés dans des clubs français pour l’occasion. « Toujours un excellent moment, même si c’était ma dernière en tant qu’organisateur, pose Didier Lorho. L’heure est en effet venue de transmettre. Je suis évidemment prêt à accompagner celles et ceux qui vont reprendre les commandes de cette belle compétition et à partager mes contacts. C’est en tout cas le moment de passer la main.» Un courrier a déjà été adressé aux membres de l’association Uechi Ryu Karate Do Europe pour trouver un ou plusieurs successeurs à la tête de l’organisation de la manifestation.

Des experts venus d’Okinawa
Le clou de cette semaine restera sans doute la présence de Sadanao Uechi et de son cousin Hirotatsu Uechi, venus spécialement d’Okinawa. Sadanao, rappelons-le, est l’arrière-petit-fils de Kanbun Uechi, fondateur de l’école– une filiation qui confère à ses déplacements une dimension évidemment particulière pour les pratiquants européens. « Pour ceux qui ne peuvent pas aller régulièrement à Okinawa, c’est important de voir que le Soke se déplace et qu’il vient à leur rencontre », souligne Didier Lorho. Le programme a été dense : cours technique dans le club de Didier Lorho à Carrières-sur-Seine, où Sadanao a préféré observer plutôt qu’enseigner – « Il voulait voir comment les gens pratiquaient », avant la coupe de France donc, puis le stage national le dimanche matin, un déplacement en Belgique pour un troisième temps fort et enfin, un dernier cours dans le club de Montesson. La semaine parisienne a aussi été ponctuée d’une cérémonie particulière : la remise, par Sadanao Uechi, du diplôme de 10e dan de la Uechi-ryu Karate Do Association à Yukinobu Shimabukuro, installé depuis plus de quarante ans en France. « Ça a été un moment émouvant », résume sobrement Didier Lorho, son élève depuis plusieurs décennies. Pour toute la communauté présente au stage de Maisons-Laffitte, le geste valait bien des discours.

Cent pratiquants sur le tatami : un signe qui ne trompe pas
Le lendemain de la coupe de France, le stage national a rassemblé près de 110 participants — Argentins, Catalans, Belges, Italiens, Polonais, Portugais et Français bien entendu— pour plusieurs heures d’entraînement sous la direction des deux experts. « Sur 850 licenciés, arriver à créer un regroupement de plus de 100 personnes, c’est déjà assez conséquent et satisfaisant, d’autant que l’on sait que ce n’est pas facile. Pour y parvenir, il faut beaucoup communiquer, partout, dans les clubs comme sur les réseaux sociaux. Ce que j’appelle de la marteau-thérapie (sourire), mais nécessaire car, au bout, il y a une expérience précieuse de stage avec des intervenants de grande qualité. »
Le déplacement en Belgique a complété le dispositif avec une cinquantaine de participants supplémentaires. Une présence belge qui n’est pas anodine : « Les Belges sont toujours très présents, notamment quand j’organise des stages ici. Ils viennent systématiquement. » Au total, c’est bien une dynamique européenne qui se dessine autour du Uechi-ryu français, avec des pratiquants de plusieurs nationalités gravitant autour de ce noyau.
La suite ? Un groupe d’une dizaine de pratiquants issus de plusieurs pays repart dès le 3 juillet pour un nouveau séjour à Okinawa, avec, au programme notamment : un entraînement devant la statue de Kanbun Uechi, érigée à Motobu dans le nord de l’île, suivi d’un barbecue sur la plage. Le Uechi-ryu a beau chercher son prochain organisateur, il n’a pas fini de faire parler de lui.
Olivier Remy / Agence Sen No Sen