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TGK Tarbes Karaté, bienveillance et expertise

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Créé en 2008, ce club d’une quarantaine de licenciés dont la direction technique est assurée par Patrick Boudou et Jean-François Lagarde défend les valeurs d’un karaté traditionnel auprès d’une majorité de jeunes pratiquants. (NB : ce reportage a été réalisé avant les mesures de confinement liées au Covid19)

La voix est calme. Le débit, régulier. Ce vendredi après-midi, Patrick Boudou, président du comité départemental des Hautes-Pyrénées depuis deux ans raconte, avec la patience qui caractérise ce professeur titulaire d’un DEJEPS, la genèse du TGK Tarbes Karaté. « Je suis arrivé à Tarbes en 1981. J’ai enseigné de nombreuses années au sein d’une association appelée ASEG qui comptait trois sections : judo, yoseikan et karaté. Mais, en 2008, c’est la mauvaise surprise : le local de l’association, qui appartenait à EDF-GDF, n’est plus aux normes. Ce dernier est fermé presque du jour au lendemain. L’occasion se présente alors de prendre notre indépendance et de repartir de zéro. » Pendant l’été, ce 6e dan, retraité de l’Éducation nationale, décide donc de créer, avec David Morenilla (toujours trésorier du club), le Tarbes Geijutsu Karaté. D’abord dans un petit local municipal d’une maison de quartier entre septembre 2008 et juin 2014 (« il fallait installer et démonter les tapis pour chaque cours puisque le sol était en carrelage » se souvient-il sans nostalgie), l’association migre ensuite vers la Maison des Arts Martiaux de la ville. Située dans le quartier de Bastillac, au sud-ouest de la cité tarbaise et de ses 40 000 habitants, cette dernière y jouxte la Maison de l’Escrime et les locaux pédagogiques du STAPS. Depuis six ans, c’est là que Patrick Boudou et Jean-François Lagarde, 5e dan (lui aussi titulaire d’un DEJEPS) dispensent les quatre cours hebdomadaires. Auquel s’ajoute un cinquième, dispensé le samedi au nord de la cité tarbaise : « l’installation est magnifique avec quatre surfaces de combat. Nous avons à notre disposition, au minimum, 200m2 de tapis pour nos entraînements. Mais la Maison des Arts martiaux est en périphérie de Tarbes. Ce qui peut rebuter certains parents ou pratiquants à nous rejoindre alors qu’un autre club se trouve, lui, en plein centre-ville. De même, la Maison des Arts martiaux étant très souvent occupée les samedis et dimanches pour des compétitions, nous avons dû louer une salle appartenant à une école de danse pour notre cours du week-end. »

« Rien n’est grave », « tout s’apprend »
Fin février, le club comptait une quarantaine de licenciés, une dizaine de moins que la saison dernière. Une perte due « aux déménagements de deux familles fidèles du TGK » regrette Patrick Boudou. Composée majoritairement de jeunes pratiquants (60 % d’adhérents ont entre 4 et 15 ans) et d’adultes (40 % ont plus de 18 ans), le club se caractérise par un enseignement shotokan traditionnel. La pédagogie dispensée ? Elle se décline sur la base de la « confiance, de l’expertise et de la patience » résume Marie-France Desconnet. Venue au karaté en 2003 par l’intermédiaire de ses enfants – « Je voulais simplement partager une activité avec eux » – cette 1er dan de 58 ans, secrétaire générale au sein du bureau directeur et très investie (elle possède un diplôme fédéral), vante en effet l’empathie des deux professeurs. Jean-François Lagarde, qui s’occupe des cours enfants, débit apaisant et argumentaire structuré, décline ainsi son discours de la méthode : « Rien n’est grave et tout s’apprend, tels sont les leitmotivs qui guident mon enseignement. La mise en confiance des pratiquants est fondamentale pour progresser. Pour cela, je m’adapte au public présent en essayant d’individualiser les conseils. Ce qui est tout à fait possible puisque, sur le cours des 6-9 ans j’ai, heureusement ou malheureusement, une dizaine d’enfants ». La compétition ? Clairement pas une priorité pour le club. « Je n’ai pas de regret sur ce point, analyse Jean-François Lagarde. Je pense que les enfants doivent appréhender la compétition comme un plaisir et pas une contrainte. Si une ou deux compétitions leur sont suffisantes dans la saison, alors soit. » L’essentiel ? « Véhiculer des valeurs de citoyenneté et d’exigence. Car le karaté est d’abord un combat – symbolique, physique, moral – contre soi-même », ajoute Patrick Boudou qui s’occupe, lui, de la dizaine d’adultes présents deux fois par semaine.

Préparation aux grades
Deux professeurs également réputés pour leur expertise au niveau de la préparation des grades.
En effet, le TGK accueille très régulièrement des karatékas de clubs du département souhaitant bénéficier des conseils avisés et des corrections de posture. C’est le cas de Vincent Berger, 60 ans, licencié au KC Lourdais, venu prendre conseil il y a deux ans pour préparer le 1er dan : « Jean-François et Patrick ont cette réputation depuis longtemps. Du coup, je me suis rendu au TGK à la fois pour les entraînements et la préparation au grade supérieur. J’y ai trouvé des professeurs très au fait des dernières exigences requises pour l’épreuve mais aussi très pointus au niveau technique. Ils vous apprennent l’historique de chaque geste, le contextualisent pour lui donner du sens. Ce qui m’a permis de mieux comprendre comment et quand rendre plus pertinent chaque geste choisi dans mes démonstrations. »
« C’est vrai qu’un certain nombre de professeurs nous envoient leurs élèves, sourit Jean-François Lagarde. Notre discours est simple en apparence, mais cela demande un gros de travail de fond : il faut donner au jury le sentiment que ce que vous démontrez a été travaillé. L’improvisation n’est pas de mise et il ne faut jamais en garder sous le pied. » Exigence, toujours.

Thomas Rouquette / Sen No Sen

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