Taolu et Kung-fu : une lisibilité renforcée
Première grande étape de la saison, la coupe de France taolu et kung-fu a confirmé la dynamique positive du wushu au sein de la FFKaraté. Avec près de trois-cents compétiteurs, une forte représentation féminine et un public séduit par le gala et les démonstrations de styles traditionnels, l’événement illustre la volonté fédérale de rendre la discipline toujours plus lisible et unifiée.
Des chiffres qui parlent
Trois-cents compétiteurs, dix ligues représentées… la coupe de France a rassemblé du monde le week-end passé à Guyancourt, entre les épreuves de taolu et celles de combat kung-fu traditionnel. « Par rapport à la saison passée, c’est une cinquantaine de compétiteurs en plus », explique Mounir Harrathi, président de la commission wushu. Ce qui est intéressant, c’est que cette dynamique touche tout le territoire. Dix ligues, c’est une belle satisfaction. Le message passe et est entendu partout en France, et la qualité des compétitions que nous pouvons proposer aux licenciés est reconnue. Plus de cinq-cents passages ont été enregistrés, ainsi qu’une quinzaine de combats. » Des chiffres auxquels il faut aussi ajouter celui d’une participation féminine qui devient un marqueur fort. « Nous avons en effet accueilli un peu plus de 50% de féminines, particulièrement visibles en taolu. »

Une dynamique sportive portée par les jeunes… et la relance du combat
Le taolu confirme également une tendance majeure : l’arrivée d’une génération particulièrement performante. « Les jeunes qui étaient juniors l’an dernier passent en seniors et commencent déjà à truster les podiums. Cette montée en puissance pousse les seniors à se réinventer, à travailler plus. Cela ne peut être qu’intéressant et bénéfique pour le niveau général. » Du côté du combat, la reprise est encore récente, après plus de dix ans sans figurer au calendrier, mais l’envie des clubs est bien réelle. « Ce n’est pas encore optimal, mais on peut être optimiste pour la suite. Je suis confiant dans la capacité des clubs à s’approprier progressivement ce format relancé. »

Le temps fort du gala
Ce week-end dans les Yvelines aura aussi été marqué par le gala. Une sorte de « tournoi des maîtres » excitant à suivre, réunissant les huit meilleurs compétiteurs, de minimes à vétérans, sélectionnés pour un tableau à élimination directe. « Une confrontation de haut niveau où ils ne sont plus jugés par les arbitres mais par des experts haut gradés, aux drapeaux. » Un format très apprécié du public pour des « battle » spectaculaires à l’issue desquelles c’est Rondro Vandegoor qui s’est imposée.

Démonstrations de styles : ouvrir la pratique au-delà de la compétition
Restait, en parallèle de ce gala, une série de démonstrations de styles traditionnels des experts et des chargés de développement. « On montre les techniques, le bagage, les compétences », explique Mounir Harrathi, qui souligne « l’importance de mieux faire connaître ces disciplines, parfois méconnues du grand public ou même des pratiquants. Ces démonstrations servent de passerelle : il s’agit de faire le lien entre la compétition et les gens qui ne s’y intéressent pas forcément. » Taiji Quan (styles Chen, Yang, Wu et She) avec Xuejiao Chen, Hong Haï Yuan, Philippe Nguyen et Likun Wang, Choy Lee Fut avec Ghyslain Nzeh Ndong, Hung Gar sino-vietnamien avec Diane Tran, Tang Lang Quan avec Shi Kui Gao, Alexis Mik et Frédéric Boly, combat en armure avec Jean-Baptiste Leroy, Qi Gong martial avec Gioi Trung et Diane Tran, avant l’intervention du collectif de kung-fu traditionnel pour conclure.
Un format stable, des nouveautés au service de la compréhension, et une volonté d’ouvrir la discipline à tous les publics… De quoi donner de la lisibilité au wushu en conclusion d’un week-end que Mounir Harrathi résumait sobrement : « on explique, on fait, on avance ».