Sophie Gerbet, le karaté dans la peau
Avec quasiment autant d’années de pratique que de bougies sur son gâteau d’anniversaire, la Lyonnaise fait partie de cette caste des karatékas nés. Une chance de son point de vue tant la discipline est constitutive du chemin qu’elle a déjà parcouru et de la route qu’elle entend bien encore intensément suivre.

« Biberonnée au tatami »
« Avec un père 8e dan de karaté, 7e dan de full contact, et une mère 3e dan de judo et 1er dan de karaté, tous les deux enseignants dans leur salle d’arts martiaux de l’International Karaté Club, incontournable club de Lyon, le parcours a été des plus simples. J’y passais le plus clair de mon temps, gardée sur place pendant que mes parents dispensaient leurs cours, puis en karategi à partir de mes dix-sept mois ! Ce fut d’abord le judo auprès de ma mère, avant de descendre d’un étage à cinq ans pour rejoindre mon père au karaté. Le fait d’être toujours au contact avec l’autre, par terre, ne me convenait pas, au contraire de cette mise à distance, avec l’enjeu de la garde, fondamentale au karaté. Je crois aussi que, si j’idolâtrais autant ma mère que mon père, c’est lui qui fut mon véritable mentor, et je le mettais – et mets toujours – sur un piédestal (voir par ailleurs). Tel a été le cadre de mon éducation : école, dojo, dodo. J’ai été biberonnée au tatami, je faisais mes devoirs dans les vestiaires, je mangeais dans des gourdes isothermes en attendant de rentrer avec ma mère une fois sa dernière séance terminée. Le dojo était ma véritable maison en fait ! Cela ne m’a pas permis d’aller explorer d’autres univers, comme la gymnastique que je regardais avec envie à la télévision, ou les vacances au ski que pouvaient vivre mes camarades, mais je ne regrette rien car j’ai évolué dans un milieu qui m’a aussitôt passionnée, entourée de grands noms de la discipline. J’ai adoré mon enfance et mon adolescence, à suivre mon père partout où il allait. »…
Propos recueillis par Antoine Frandeboeuf / Sen No Sen