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Paroles de prof – Stéphane Gaudard, un chemin d’équilibre

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Fondateur et professeur de l’École Phung Hô Vo Dao, ce sixième dang a lié sa vie aux arts martiaux vietnamiens en sachant, avec intelligence et bienveillance, construire un pont entre cultures asiatique et européenne.

« Il a cette formidable capacité à mettre en cohérence son quotidien avec les préceptes qu’il nous enseigne depuis tant d’années : faire, s’appliquer à bien le faire, puis en comprendre le sens profond. Mais ce qui est remarquable chez un professeur de son niveau, selon moi, c’est son insatiable envie de continuer à apprendre et à progresser lui-même. » Voix calme et fluide, Geoffroy Foureau, président du club de Tiercé, dans le Maine-et-Loire, choisit avec attention les mots, laudateurs, envers Stéphane Gaudard, son professeur. Un nom qui compte au sein des arts martiaux vietnamiens de l’Hexagone. Sixième dang, fondateur de l’école Phung Hô Vo Dao (école du Phénix et du Tigre) Stéphane Gaudard naît aux arts martiaux vietnamiens en 1983, du côté d’Angers. « Jeune, j’avais pratiqué le jujitsu et la self-défense. Mais, avec mon petit gabarit, si je me faisais attraper, j’avais beaucoup de mal à me dégager. Et voilà qu’au retour de mon service militaire, une amie me fait essayer les AMV, dans un club du quartier de la Roseraie, qui s’appelait l’école du Dragon Vert, rembobine l’intéressé. J’y rencontre Claude Vincent, qui deviendra mon premier professeur. Un personnage petit par la taille mais grand par le charisme. Lors de mon premier cours avec lui, j’ai été très attiré par l’aspect technique du combat, mais aussi par la place faite à la fluidité des mouvements. Je crois que c’est une chose qui entrait parfaitement en résonance avec ma personnalité ».

Tigre et Phénix

En fait, la flamme de la passion s’allume immédiatement. En 1989, le voilà qui ouvre avec deux compères, Franck Lepors et Christophe Vinouz (actuellement sixième dang), un club dans le quartier Saint-Barthélémy, toujours à Angers. À l’époque représentant commercial dans le domaine du vélo, Stéphane Gaudard trouve le temps de pratiquer près de douze heures par semaine et d’enseigner. Une première expérience qui durera huit ans et qui sera marquée par la rencontre inestimable de Jacques Tran Van Ba, représentant en France de l’école Lam Son Vo Dao, durant de nombreux stages entre 1992 et 1999. Né à Saïgon, ce maître vietnamien, arrivé en France en 1971 et désormais installé à Montpellier, trouve en Stéphane Gaudard un disciple. « À ses côtés, j’ai appris une façon de me déplacer plus précise. Cela peut paraître bizarre à dire et à se représenter, mais si je devais synthétiser en un mot ce que je retiens de son enseignement c’est : la rondeur. Un principe devenu incontournable de mon enseignement. »


Une influence qui viendra compléter celle de Trang Lê Cao, un autre maître vietnamien, captée lors de la décennie précédente. Une première rencontre en 1986 avec ce septième dang, auprès de qui allait acquérir « un état d’esprit, au-delà d’une somme technique : la rigueur dans le travail, l’obsession de toujours rester digne et de ne jamais céder face aux difficultés. » Deux sources d’inspiration complémentaires et fondamentales du parcours de Stéphane Gaudard, auxquelles son école rend hommage : « le phénix (Phung) est le symbole de l’école de Jacques Tran Van Ba alors que le tigre (Hô) est celui de Trang Lê Cao ».

Le projet d’une vie

Une école qui ouvre officiellement ses portes en 2001, à Tiercé. L’œuvre d’une vie de pratique, d’acquisition et de transmission. Élève appliqué devenu expert inspirant, Stéphane Gaudard s’attache à faire le lien, pas toujours si évident, entre la méthode asiatique et la pédagogie européenne. « Si je devais caricaturer – mais pas tant que cela en fait – je dirais qu’en Asie le professeur montre, sans explications, et les élèves imitent. En Europe, les élèves veulent d’abord et avant tout donner du sens à ce qu’ils font. S’ils estiment cela légitime ou au moins utile, alors ils le feront, explique Ghislaine Commault, amie, élève du sixième dang depuis une vingtaine d’années et enseignante depuis peu des arts internes vietnamiens du côté de Rennes. Stéphane a cette qualité remarquable de connaître les avantages et les limites de chaque pédagogie et d’avoir su les associer harmonieusement. Prendre votre temps dans l’apprentissage dans ses pas, grâce à des éducatifs précis et progressifs, c’est avoir la satisfaction de connaître des progrès rapides. Son discours ? Avoir un regard global sur chacun d’entre nous tout en utilisant des images et des métaphores qui permettent de bien comprendre les étapes par lesquelles nous devrons passer. »

Apprendre, encore et toujours

L’école qui a fêté ses vingt ans l’année dernière compte aussi sur ses sept ceintures noires formées par Stéphane pour porter ce message de formation sereine, certaines ayant ouvert des antennes dans le département, comme à Mazé ou à Angers. « Ma véritable fierté », pose-t-il avec calme. Désormais praticien de médecine chinoise et formateur en arts internes, celui qui fêtera ses soixante ans dans quelques mois, poursuit son chemin avec équilibre : « si je veux plus que jamais continuer à partager, je souhaite également continuer à apprendre. Car je reste, à mes yeux, un élève de ma discipline. »

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