19 mai 2026

Ludovic Cacheux : « Avoir un état d’esprit de conquérants »

France Karaté

Les 61e Championnats d’Europe, qui commencent demain à Francfort (Allemagne), marquent le début d’une nouvelle histoire. Avec un staff renouvelé et une équipe rajeunie, les Tricolores du directeur des équipes de France, Ludovic Cacheux, ont pour principal objectif de qualifier les équipes pour la Coupe du monde. Mais pas que…

Monica Arzumian, Chloé Payrot et Adam Tadjer, 18 ans. Jade Zera Ozserttas, 19 ans. Silya Abdesselem, 20 ans. Issa Lardjoum, 22 ans. Clémence Péa et Ilies Elguir, 23 ans. On pourrait rajouter Sydney Yvon, 19 ans, absente de ces Championnats d’Europe à Francfort sur blessure (pied, cheville).

L’équipe de France connaît un rajeunissement quasi sans précédent en ce printemps 2026. Le début d’une nouvelle ère mené par Ludovic Cacheux, le nouveau directeur des équipes de France, appelé en intérim début février, officiellement nommé début avril.

Ludovic Cacheux s’est d’abord attelé à construire son staff pour ces Championnats d’Europe à Francfort (20-24 mai) : Kenji Grillon, assisté de Mathieu Cossou, s’occupe des combattants, Stéphanie Bel Lahsen-Duperrey est en charge des filles, Kata comme combat, Pascal Poitevin gère le Kata masculin, Damien Dovy et Franck Bisson interviennent comme conseillers. Ludovic Cacheux sera lui aussi au charbon en coachant plusieurs athlètes et l’équipe Kumite féminine. Hajime !

Comment s’est déroulée la préparation à ces Championnats d’Europe ?

Elle s’est bien passée même si, très clairement, elle a été un peu compliquée car nous étions dans une situation d’urgence. Je ne me cacherai pas derrière le fait qu’elle a été tronquée. Je ne suis pas d’accord avec ça. Il a fallu s’adapter fortement, mais, dans cette urgence, je pense que nous avons fait une préparation optimale.

Depuis les championnats du monde en Égypte (21-25 novembre 2025), tout le projet senior était à l’abandon. À force d’échanger avec les athlètes, les clubs et les entraîneurs, j’ai fait le choix de faire des stages plus courts qu’avant, de 3 jours. En 7 semaines, nous en avons effectué 5 avec des contenus variés et pas seulement du combat car, personnellement, ça n’a jamais été ma philosophie.

« Nous ne voulons pas des karatékas, nous voulons des guerriers qui n’ont pas peur d’oser des choses »

© Denis Boulanger

Quels étaient les contenus de ces stages ?

Du travail sur des thèmes, c’est-à-dire sur les profils adverses qu’on a pu analyser et travailler à la vidéo. Il y a aussi eu de la préparation physique, de la préparation cognitive, beaucoup de travail technique et, bien sûr, du travail de confrontation quand même, du combat, mais avec pas mal de nouveautés.

Quels étaient vos maître-mots à l’égard des athlètes ?

Créer un vrai principe de cohésion, de bienveillance, de communication et d’engagement. Ce sont les quatre mots que j’ai prononcés au premier stage (20-22 mars).

Nous avons dit aux athlètes que nous ne voulions pas des karatékas, nous voulons des guerriers. À mon image et à celle de Kenji (Grillon) parce qu’athlètes, nous étions considérés comme tels, nous voulons des combattants, des athlètes qui n’ont pas peur d’oser des choses.

Si ça ne fonctionne pas, on fera le bilan et on repartira. Mais, l’idée, c’est d’avoir un état d’esprit de conquérants. J’aimerais que les athlètes fassent preuve de fougue et de combativité.

« J’ai envie de résultats. Mais nous avons peu d’athlètes dans le top 10 mondial »

Considérez-vous ces Championnats d’Europe comme la première étape d’un projet à moyen-long terme ?

Dans l’idée, c’est une étape du projet qui est de construire une équipe de France très forte. Mais nous avons aussi cette obligation de résultats, déjà parce qu’on est l’équipe de France et que j’ai envie que l’équipe de France brille de nouveau et pas juste par une médaille d’or ou un résultat qui cache les manquements. Donc, oui, j’ai envie de résultats.

Mais il ne faut pas s’emballer non plus. Aujourd’hui, nous avons très peu d’athlètes dans le top 10 mondial. Rien que par rapport à ce ranking mondial, nous sommes obligés de faire preuve de beaucoup de modestie et de retenue et de dire que nous sommes sur un projet à plus long terme.

Malgré tout, nous avons l’obligation, et je parle bien d’obligation car, dans ma tête, je ne vois pas les choses autrement, de qualifier les 4 équipes pour la Coupe du monde (20-22 novembre, Hangzhou Chine).

« La qualité est là, l’expérience pas assez, la confiance, on va voir… Mais il y a vraiment du potentiel »

© Denis Boulanger

Au-delà de la qualification des équipes pour la Coupe du monde, quelles sont les ambitions de l’équipe de France ?

On pourrait être en espérance et en attente d’une Thalya Sombé qui va chercher un titre européen, bien sûr. Mais, avant tout, je veux que l’on arrête de se cacher derrière une médaille ou un résultat pour faire croire qu’aujourd’hui le karaté français va bien. L’idée est d’avoir un collectif global qui soit bon, très bon même.

Nous avons cette exigence du court terme, mais nous allons aussi être dans une projection et travailler étape par étape afin de faire en sorte que la génération qu’on a aujourd’hui soit une génération qui brille. Et je pense qu’elle en a les capacités.

Nous avons une génération de jeunes qui demandent encore du travail, de l’expérience. Aujourd’hui, c’est un manque de confiance et un manque de projet collectif qui fait que les résultats ne sont pas bons. La qualité est là, l’expérience peut-être pas assez, la confiance, on va voir à Francfort, mais, oui, il y a du niveau, il y a vraiment du potentiel.

« Les athlètes qui étaient pressentis ont assumé pleinement leur statut aux Championnats de France »

Concernant la sélection, y a -t-il eu des catégories où le choix s’est avéré plus compliqué ?

Pas vraiment. Grosso modo, ceux qui étaient pressentis ont assumé pleinement leur statut aux Championnats de France, et même sur toute la saison, notamment la Coupe de France. Kilian (Cizo) et Monica (Arzumian), par exemple, remportent les deux. Tiphaine (Bonnarde) fait championne de France pour la quatrième fois…

La concurrence était un peu plus importante chez les lourds, où ça se jouait entre Hendrick Confiac et Adam Tadjer. Hendrick fait un bon championnat de France, ce qui le positionne clairement en tant que n°1, sachant qu’il sortait d’un quart sur la K1 en Turquie.

En kata, nous avons une problématique liée au double projet. Thomas Klemz, qui est le n°1 français, a des examens scolaires très importants la semaine des Championnats d’Europe. La sélection s’est jouée entre Arthur Noël et Lucas Hoffmann. Arthur a fait un bon championnat de France et on avait envie de voir un peu plus loin.

« Aller chercher des médailles, aller chercher du plaisir, aller chercher du fun »

Quelles sont les ambitions pour l’équipe de France para ?

L’année dernière, ils ont fait un bon championnat d’Europe, qui s’est en plus concrétisé par un titre de champion du monde pour Nohan (Dudon) au Caire, en novembre.

L’objectif, c’est de continuer à garder cette dynamique positive autour de Nohan tout en essayant de faire en sorte que les autres suivent la cadence. L’idée, c’est la continuité dans les médailles. J’espère que ça va être positif aussi pour eux.

Aller chercher des médailles, aller chercher du plaisir, aller chercher du fun parce qu’aujourd’hui on en a besoin aussi. Il faut se rappeler qu’ils font beaucoup de choses pour être prêt le jour J. Il faut que la notion de plaisir et d’engagement total soit prégnante. Les résultats suivront.

Ludovic Mauchien
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