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09 mars 2026

Léa Avazéri, le sens de l’engagement

FFK

À 27 ans, Léa Avazéri a rangé le kimono de la compétition l’été dernier sans jamais vraiment quitter le tatami. Cinq fois championne d’Europe en individuels chez les jeunes, championne du monde espoirs, puis pilier de l’équipe de France féminine en équipes avec laquelle elle a notamment remporté les championnats du monde en 2018, la dynamique Marseillaise entame un nouveau chapitre : celui de l’engagement institutionnel. Élue vice-présidente de la Fédération Française de Karaté et DA, elle met son regard de sportive et de femme au service d’un projet collectif.

Il y a des fins de carrière qui ne ressemblent pas à des adieux, mais à des passages de relais. Pour Léa Avazeri, la transition s’est faite sans fracas, presque naturellement il y a quelques mois. « J’aurais aimé conclure sur un championnat d’Europe individuel l’an passé, ça ne s’est pas fait. Je sentais que j’étais vers la fin. Ce n’est pas une question d’âge, mais d’envie et il faut être honnête avec soi-même », confie-t-elle. Après des années à briller avec le coq sur la poitrine, notamment en équipe, l’internationale française a choisi de mettre la compétition entre parenthèses, sans pour autant tourner le dos à la discipline.

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Car l’engagement, chez elle, ne s’est jamais limité à la performance. Très tôt, Léa a compris que la voix des athlètes avait sa place dans les instances. « Nous, sportifs, on voit des choses que les coaches ou les dirigeants perçoivent différemment et inversement. Quand on est athlète, on est dans notre bulle, focalisé sur l’événement. Tout l’intérêt est d’ouvrir la focale.» Élue représentante des athlètes lors du précédent mandat, elle s’est imposée comme un relais naturel, capable de dire, d’expliquer, parfois d’alerter. « Certains ont des idées mais n’osent pas toujours parler. Moi, je n’ai pas de problème pour le faire. Sans le vouloir, j’avais déjà un peu ce rôle avec les entraîneurs en équipe de France que j’ai connus quand j’étais très jeunes. J’aime dire les choses et le faire de manière constructive.»

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Passer de championne à élue
Son élection comme vice-présidente de la fédération marque une nouvelle étape. Passer du rôle de sportive à celui d’élue n’a rien d’anodin. « On apprend beaucoup sur le tas, reconnaît-elle. Mais cette montée en responsabilité ne m’éloigne pas du terrain, bien au contraire. Trésorière de l’Académie Marseillaise de Karaté, le club de son père, de Mohamed ElKotby et celui de Mehdi Filali également, enseignante et gestionnaire au quotidien de l’association depuis son accident de santé en septembre, je vis les réalités du karaté français dans ce qu’elles ont de plus concret. Gérer un petit club, entretenir la dynamique, trouver des solutions quand on a peu ou pas de subventions, avec des jeunes à motiver, des déplacements à l’autre bout de la France, c’est souvent compliqué. Je le vis tous les jours. » Ce regard-là, elle entend bien le porter au niveau fédéral. Celui des clubs éloignés des grands centres, des territoires moins visibles, souvent moins aidés. « Quand on habite en province, faire un championnat de France, c’est parfois onze heures de voiture. Ce n’est pas la même réalité que pour les clubs d’Île-de-France. » Une parole directe, nourrie par l’expérience et « l’envie sincère d’apprendre ».

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Représenter la France
À cette expertise de terrain s’ajoute une dimension qu’elle assume pleinement : celle d’une femme, jeune, encore proche de la compétition. « Avoir une femme à un poste comme celui-ci, avec cet état d’esprit-là, c’est important. C’est un autre regard. » Sans revendication tapageuse, Léa Avazéri incarne une génération qui veut faire évoluer les choses de l’intérieur. Parmi les dossiers qui vont lui être confiés, elle s’apprête à intégrer certaines instances internationales pour représenter la France à la demande du président Gilles Cherdieu. Une mission nouvelle, élargie, qui va donner un peu plus d’envergure encore à son parcours. « Il y a une volonté d’avancer collectivement et nous sommes tous est au service de la fédération. À nous d’apporter ce que l’on est avec sincérité, ce que l’on connaît et notre énergie.» Championne sur les tatamis, Léa Avazeri entend désormais l’être aussi dans l’engagement. Un combat différent, mais tout aussi essentiel.

Olivier Remy / Agence Sen No Sen

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