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Le wing chun et le tui shou en mode partage

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Réunies le week-end dernier au gymnase Maurice Baquet de Guyancourt (Yvelines) pour le premier stage fédéral de l’année 2023, les deux disciplines des arts martiaux chinois avaient choisi de mettre le travail de base au cœur de la proposition. Mission réussie.

« Du partage. » Troisième duan et élève au club France wing chun de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, Sabrina Donnou hésite peu avant de choisir ce substantif pour résumer son ressenti. Présente lors du stage de wing chun organisé ce samedi et pratiquante depuis douze ans, elle était de la quarantaine de stagiaires présents, encadrés par quatre experts : Lionel Roulier, François Vlcek, Ivan Heretynski et Ridha Lhiba, tous sixième duan. « Il y eut bien sûr d’abord et avant tout du partage entre élèves et maîtres. Lorsque l’un montrait un exercice, les autres étaient immédiatement à passer entre nous, à nous corriger et à nous conseiller et j’ai beaucoup apprécié cette disponibilité. Il y eut également des partages riches, entre élèves, issus de lignées et clubs différents, parfois très éloignés géographiquement puisque certains venaient de Nice ou de Lyon. Puis, il y eut enfin du partage entre maîtres. Des moments rares mais qui démontrent la curiosité et l’intérêt jamais rassasiés de ces hauts gradés et c’est inspirant », analyse avec passion Sabrina Donnou. Une belle assistance, réunie autour d’un thème : le « chi sao », communément traduit par « mains collantes ». « L’un des exercices partagés par les différents groupes au sein de la discipline », explique Lionel Roulier, professeur de France wing chun. « La position de départ ? À un mètre de distance environ, les deux partenaires ont les coudes pliés à quatre-vingt-dix degrés et les mains, paumes vers le bas ou le haut, qui se touchent au niveau des poignets. Sur cette base, mon objectif a été de faire découvrir ou d’approfondir cet exercice, qui permet de développer la sensitivité et les réflexes. Lors de mon intervention, j’ai proposé différents mouvements de défense, puis d’attaque avant de terminer par une complexification liée à la vitesse d’exécution. Adepte du style neutre, mon intention fut d’abord de mettre l’accent sur le côté mécanique du corps. Par la répétition, les différents mouvements deviennent naturels. Un socle à partir duquel on peut ensuite travailler sur les intentions. » Pour le plus grand plaisir de Sabrina Donnou. « Si je connais bien les exercices proposés par mon professeur, Lionel Roulier, ce stage m’a enrichie en termes de questionnement. Pour les prochains rendez-vous, je me dis que des journées découvertes, pour les débutants ou non-initiés, et des journées d’approfondissement seraient une manière d’encore mieux adapter le contenu au public présent. »

Une pratique toujours plus intelligente

Le lendemain, c’était autour des amateurs de « tui shou » de se retrouver. Un autre axe de travail commun à de nombreux courants, mais du kung-fu cette fois-ci. L’art de la « poussée des mains » regroupait là encore une quarantaine d’enthousiastes, autour d’Hong Haï Yuan, huitième duan, Gilles Rio et Laurent Morlet, tous les deux sixième duan. Professeur du club Sun Lu Tang situé à Giez, en Haute-Savoie, Gilles Rio expose les grands principes de cet art : « C’est un exercice de pur contact, pratiqué en compétition puisqu’il y a des championnats annuels, généralement à Taiwan. Il y a deux épreuves : déraciner purement et simplement son adversaire – lui faire bouger les pieds – et ce que l’on appelle le pas vif, agile : définir une zone précise et faire sortir l’adversaire de cette zone. » Face à un public attentif et pour une partie novice, l’expert est revenu aux bases pour « travailler l’enracinement et la stabilité des points d’ancrage. Mon objectif ? Que les participants repartent en sachant mieux s’autoanalyser : pourquoi ai-je été déraciné ? Quelles ont été mes erreurs ? En clair, qu’ils aient une pratique toujours plus intelligente ». Une vision partagée par Shannon Lahore, vingt-trois ans, troisième duan et licenciée au CKW Dragon Noir de Guyancourt. « Apprendre à garder le contact avec mon partenaire, trouver les failles, être plus perspicace sur l’écoute de mes sensations. Voilà ce que j’ai pu perfectionner durant cette journée très enrichissante ». Un stage national dont Gilles Rio liste quelques-uns des atouts : « le sanda et le taolu sont les disciplines vedettes des arts martiaux chinois. Mais ce stage fédéral donne la possibilité aux autres disciplines, peut-être moins en vue, de se rencontrer, de créer des liens voire des ponts, mais aussi d’élever le niveau tant des élèves que des intervenants présents. » Le partage, toujours.

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