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Karaté à l’école : mention très bien

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Initié en France en 2018, le programme Karaté Sport at School, porté par plusieurs cadres techniques départementaux – dont Joy Klein pour la Moselle et Rodrigue Ringard pour le Pas-de-Calais – n’en finit pas de convaincre. Analyse de cette initiative, de son concept et des bienfaits avérés de ce projet auprès d’institutrices, enthousiastes quant aux bénéfices pour leurs élèves. (Partie 1/2)

« Le début de l’expérimentation remonte à septembre 2018. Un test qui s’est avéré tellement positif que la direction de l’école a décidé d’institutionnaliser cette activité chaque année ! » Institutrice au sein de l’école Les Saules à Bousse (Moselle), Géraldine Schwartz ne tarit pas d’éloge sur les qualités du programme Karaté Sport at School dont Joy Klein, directrice technique départementale de la Moselle, a été l’une des promotrices au niveau national.

Retour en arrière. À l’occasion des championnats d’Europe organisés à Montpellier en 2016, la FFKaraté a signé un partenariat dans le cadre du programme européen « Karaté Sport at School » développé au sein du projet Erasmus +. Ce programme, lancé à l’origine en 2009 par la fédération italienne des arts martiaux (FIJLKAM), change d’échelle sept ans plus tard pour regrouper au total six fédérations européennes. Outre l’Italie et la France, rejoignent cette initiative les fédérations allemande, espagnole, polonaise et portugaise. Le concept ? Proposer une activité sportive basée sur le karaté et ses principes biomécaniques à des élèves de primaire avec l’objectif global de promouvoir l’activité motrice à l’école primaire afin de lutter contre l’obésité et la sédentarité. Pour y parvenir, cinq cadres techniques français sont envoyés en Italie pour se former, de février à juin 2018 : David Chéreau, Philippe Sauvage, Rodrigue Ringard, Marc Fontorbe et Joy Klein. À peine revenue d’Italie – où ce programme est désormais intégré au programme de toutes les écoles primaires du pays, que cette dernière, cadre technique départementale de la Moselle, entre en contact avec l’école des Saules à Bousse qui accepte qu’elle puisse expérimenter ce projet au sein de l’établissement. « Le protocole expérimental était le suivant : deux classes de CE1 ont été choisies. L’une allait suivre le programme Karaté at School que j’allais leur dispenser deux fois par semaine à raison de deux fois une heure ; l’autre, la classe témoin, ferait deux séances de sport normales avec jeux de ballon et d’opposition, avec leur maîtresse. Des tests physiques sur les deux classes auraient lieu à trois moments de l’année scolaire afin de comparer l’évolution physique, motrice et cognitive des enfants. »

Développer les capacités physiques et cognitives

En septembre 2018, débute donc l’expérimentation. « Le programme est principalement axé sur de la motricité, de la coordination et de l’équilibre. Les chercheurs italiens qui ont théorisé ce programme se sont basés sur les grands principes biomécaniques du karaté afin de créer des exercices qui permettent à l’enfant d’acquérir de bonnes bases motrices, proprioceptives et cognitives. Des acquis évidemment très utiles pour le développement de l’enfant, avec le karaté comme support, avec l’idée de créer, autant que possible, une passerelle avec la structure club. Il faut d’ailleurs souligner que le choix de la classe de CE1 n’a pas été déterminé au hasard : toujours selon les études des chercheurs à la base du programme, cette classe représente l’âge d’or de l’apprentissage chez les enfants. » Concrètement, les séances se composent de roulades, de sauts, de déplacements en avant ou en arrière, de techniques aussi comme mae geri ou gyaku tsuki. Un travail pratiqué seul la plupart du temps. « Le programme a été développé pour qu’il n’y ait pas de contact », précise Joy Klein. Des exercices dispensés pour développer les aptitudes motrices, le dynamisme, la coordination et la concentration. Et ça marche ! « Après les tests, les enfants de la classe de CE1 qui avaient suivi les séances de Joy montraient des capacités physiques supérieures au niveau de leur endurance, de leur souplesse et de leur coordination. Au niveau cognitif, les élèves du programme Karaté Sport at School possédaient également de meilleurs repères dans l’espace, comme l’attestent leurs résultats lors des exercices de géométrie ou lors des séances d’écriture », témoigne ainsi Géraldine Schwartz.

Succès grandissant

Une expérimentation tellement concluante que non seulement Joy Klein continue à intervenir au sein de l’école des Bousses, mais qu’elle opère désormais dans quatre autres établissements, situés à Guénange, Thionville, Bertrange et Vigy. « Cette année, j’ai vu passer près de mille élèves, calcule la directrice technique de la Moselle. Pour quatre des cinq écoles, ce sont des cycles de dix séances – soit environ deux mois et demi – destinées aux élèves de cycle 2 (CP, CE1, CE2). » À Thionville, c’est au sein d’une école Montessori que Joy Klein a fait connaître les bienfaits du programme Karaté Sport at School. Institutrice au sein de cet établissement, Stéphanie Pronesti se montre particulièrement satisfaite des effets positifs sur les élèves : « les séances ont débuté en octobre à raison de trois heures tous les jeudis et vont se terminer par le spectacle que vont donner les enfants en cette fin d’année. Toutes les classes, de la petite section de maternelle jusqu’au CM2 ont suivi des séances dispensées par Joy. Une expérience que l’on va renouveler l’année prochaine car j’ai observé, à la suite de ces séances, un respect plus grand entre les élèves, une capacité à travailler ensemble supérieure et un développement psychomoteur indéniable. » Un programme dont profitent également les clubs alentour. « Trente à cinquante enfants des écoles concernées s’inscrivent au karaté à proximité de leur école », estime Joy Klein, pétillante technicienne qui aimerait voir prendre plus d’ampleur encore. « Je pense que l’avenir se situe dans la formation, au niveau de la ligue, des professeurs de karaté afin qu’ils puissent intervenir eux aussi dans les écoles. Car, je le vois, les établissements sont demandeurs ! »

Sen No Sen / La rédaction

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