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Francis Didier «Prêts à mettre toute notre énergie pour le retour dans les salles»

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Le Président Francis Didier répond aux questions suscitées par la crise sanitaire et l’annonce du report, ce mardi, des Jeux olympiques en 2021.

Monsieur le président, nous apprenons le report d’un an des Jeux olympiques, comment réagissez-vous ?
Nous savions dès lundi soir que ce serait le cas. Nous étions encore en discussion hier matin par Skype avec le Comité national olympique et sportif français pour en discuter. C’est finalement le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, qui l’officialise, ce qui est bien normal car c’est le pays organisateur. Il y avait plusieurs scénarii, dont l’annulation pure et simple, ou le report à l’automne qui vient. Trois mois, c’était séduisant, mais ce serait malheureusement trop court. Comme le rappelait le Canadien Dick Pound, ancien vice président du Comité international olympique, les effets du virus sont décalés sur l’ensemble de la planète et il est à craindre que dans quelques mois, l’Afrique, l’Amérique du Nord et du Sud soient au cœur de la crise, comme c’est le cas pour nous en ce moment. Faire les Jeux, c’est être sûr que tous les athlètes puissent venir. Je pense que c’est une bonne décision, qui donne un peu de temps et qui, surtout, permet de sortir à ce niveau de cette période d’indécision stressante pour tout le monde. Maintenant que c’est décidé, on applique.

Cette décision implique un certain nombre de conséquences immédiates…
On peut déjà évoquer le TQO, ce tournoi décisif pour la sélection olympique, que nous avions obtenu d’organiser début mai. Je viens d’avoir le Président de la Fédération internationale de karaté, il est annulé depuis ce matin. C’est, là encore, une décision qui clarifie les choses pour nous, car rien n’était plus assuré avec un éventuel décalage de dates, notamment pour la salle. J’ai eu les responsables de l’AccorHotels Arena de Bercy, ils rembourseront les places déjà achetées. Les clubs et spectateurs devront se rapprocher du point de vente auprès duquel ils ont obtenu ces places. Mais les Jeux sont une chose, pour une fédération comme la nôtre, il y a bien des axes de réflexion pour l’avenir. Ce que l’on aimerait savoir encore plus que la date des Jeux, c’est le moment où nous allons pouvoir reprendre notre activité en club et l’organisation de nos compétitions régionales et nationales. Et, pour l’instant, on est encore dans l’attente.

Comment vous projetez-vous à ce niveau ?
Il n’y a pas de réponse claire. Nous savons que nous sommes confinés au moins jusqu’au 15 avril, et que ce sera sans doute plus long, au minimum la fin du mois. On nous annonce une potentielle reprise de l’Éducation nationale, sous toute réserve, autour du 4 mai. L’expérience de la Chine montre que le « déconfinement » sera progressif. En tout état de cause, je ne vois rien se faire avant la mi-mai, et il faut être optimiste pour envisager cet objectif.

En attendant, le travail peut-il se poursuivre ?
Les ligues et les comités sont fermés, mais il y a, bien sûr, une veille de tous les présidents et de leurs équipes derrière les écrans. Nous essayons d’envoyer un maximum d’informations pour pouvoir diffuser un message clair et globalement cohérent à tous les niveaux. Dans cette période de grande anxiété et d’incertitude, il est important de ne rien précipiter dans la prise de parole, de garder la tête froide et d’offrir de la sérénité autant que possible. Quant à la Fédération elle-même, eh bien je suis en quelque sorte confiné à l’intérieur ! Et le télétravail nous permet de garder une véritable activité. Nous sommes un peu comme toutes les petites entreprises actuellement touchées et auxquelles je pense. Il y a de l’inquiétude, des doutes, de l’impatience… Heureusement, pour ce qui nous concerne, nous ne craignons pas dans l’immédiat les effets matériels de ce confinement. Mais pour certaines Fédérations plus petites que la nôtre, il y a un risque de réelle désorganisation et un contrecoup économique qui peut être lourd.

L’année olympique, c’est aussi celle des élections. Que va-t-il se passer à ce sujet ?
Le Code du sport n’a pas prévu cette possibilité de report des Jeux olympiques et nous sommes dans une sorte de contradiction dans les textes. La Ministre des sports a rappelé (dans le journal L’Équipe de ce jour) que « les Fédérations doivent procéder aux élections fédérales avant le 31 décembre de l’année des Jeux olympiques. Quelle que soit la décision qui sera retenue, une expertise juridique sera menée dans les prochains jours ». Au niveau des organes déconcentrés de la Fédération, les élections des représentants des clubs dans les comités départementaux, doivent être fait avant le 31 août de cette année. Nous avançons avec les présidents de départements pour organiser ces élections dans les délais prévus.

Que pouvez-vous dire aux pratiquants actuellement confinés ?
Je suis comme eux. On attend tous avec espoir la possibilité de réouverture, de reprendre le cours de cette saison interrompue, rapidement et sereinement, si c’est possible. Les professeurs, les responsables de club, vont devoir ramener leur public, leurs élèves, leurs partenaires dans leurs dojos. La force d’une fédération, c’est l’ensemble de ses clubs, qui sont le contact et le lien avec le groupe. Cette dimension associative est aujourd’hui ce qui est attaqué par ce virus et la peur qu’il inspire. Il faudra redonner le goût aux gens de sortir de chez eux et de se retrouver pour pratiquer. Nous sommes déjà concentrés, prêts à mettre toute notre énergie pour préparer la communication de la rentrée de septembre. C’est l’enjeu le plus important.

Emmanuel Charlot / Sen No Sen

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